Toshiba accuse Western Digital de concurrence déloyale et réclame 1,1 Md$ de dommages

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Justice
Kevin Hottot

Nouveau rebondissement dans l'affaire opposant Western Digital à Toshiba. Cette fois-ci c'est au tour du conglomérat nippon de passer à l'offensive, poursuivant le groupe américain pour concurrence déloyale, lui réclamant 1,1 milliard de dollars de dommages.

Le bras de fer entre Western Digital et Toshiba vient de prendre un nouveau tournant. Alors que le groupe américain multiplie les angles d'attaque contre son partenaire, le géant nippon cherche désormais à répliquer, estimant que le fabricant de disques durs a interféré dans le processus de vente de sa branche mémoire. 

On refait le point

Remontons quelques semaines en arrière. Toshiba veut se séparer de sa branche mémoire, afin de combler les immenses pertes causées par la débâcle de ses activités dans le nucléaire. Problème, ayant récemment racheté SanDisk, qui avait établi des coentreprises avec Toshiba, Western Digital dispose de certains droits autour de cette transaction, notamment celui d'imposer que ces joint-ventures ne soient pas transférées à de nouveaux propriétaires.

Cette clause, selon Western Digital, Toshiba ne voulait pas en entendre parler, estimant que le groupe nippon avait « répudié toute intention d'obtenir le consentement de SanDisk avant de vendre Toshiba Memory Corporation (TMC) au meilleur enchérisseur ». Une attitude qui a poussé Western Digital à attaquer en justice. 

Lorsque la vente de TMC  a été annoncée, le fabricant de disques durs a fait savoir que la proposition du Japonais de transférer 5 % du montant de la vente aux coentreprises ne lui convenait pas. Le géant américain fait valoir que les co-entreprises en jeu ici forment « le cœur de la valeur des actifs que Toshiba a incorrectement transféré dans sa filiale TMC » et que le montant proposé est insuffisant. 

Toshiba tape du poing sur la table 

Toshiba, de son côté, perd patience et affirme que Western Digital a tout tenté pour faire capoter la vente, notamment en contactant « les enchérisseurs et les banques les soutenant, les menaçant de poursuites. Cela a mené Toshiba à un point où sa direction n'est plus capable ou ne souhaite plus ignorer ces interférences injustifiées ».

Le géant nippon a donc décidé de répliquer en justice. Devant le tribunal du district de Tokyo, le conglomérat attaque Western Digital pour concurrence déloyale et réclame en compensation le versement de 120 milliards de yens, ou environ 1,1 milliard de dollars.

Il explique que Toshiba et TMC attaquent parce que « WD a obtenu improprement des secrets commerciaux de Toshiba et de TMC, en transférant des employés de SanDisk chez WD qui avaient accès à des informations confidentielles ». Par ailleurs, le géant nippon estime que le fabricant de disques durs a exagéré la portée de ses droits sur les coentreprises, dans le but de nuire au processus de vente de TMC.

De son côté, Western Digital explique ne pas pouvoir commenter l'affaire, n'ayant pas encore pu consulter les documents liés à la plainte. Néanmoins WD indique penser que « les actions de Toshiba sont des tentatives répétées visant à la fois à mettre la pression sur WD pour renoncer à ses droits légitimes et de détourner l'attention de ses actionnaires à l'aube de son assemblée générale ». Des déclarations qui laissent entendre que les deux entreprises préfèrent leur popcorn salé. 


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