OneDrive Files-On-Demand : prise en main des nouveaux placeholders dans Windows 10

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le mercredi 14 juin 2017 à 16:44
Vincent Hermann

Depuis hier, les testeurs de Windows 10 inscrits au programme Insider peuvent tester une fonction dont le retour était attendu de longue date : les placeholders dans OneDrive. Une manière de faire apparaitre les fichiers sans les télécharger.

Microsoft a promis que la future Fall Creators Update serait l’occasion de réintroduire une fonctionnalité qui avait été appréciée par une partie des utilisateurs, mais qui avait pourtant divisé dans sa réalisation : les placeholders, ou substituts.

Dans l’actuelle préversion 16215 de Windows 10, disponible pour les testeurs Insider dans le canal rapide, il est possible d’essayer la nouvelle version de cette fonction. Elle est en cours de déploiement, et bien qu’il suffise d’attendre pour l’obtenir, on peut récupérer un exécutable mettant directement à jour le client OneDrive. Nous avons pris en main cette nouvelle mouture pour mesurer le travail fait par l’éditeur.

Une idée qui n’est pas neuve

Le concept-même de substitut n’est pas nouveau. L’idée est d’afficher dans l’Explorateur l’icône de ce qui apparait comme un fichier mais n’en est pas vraiment un. Ce que le système affiche n’est en fait qu’un « fantôme » pour montrer à l’utilisateur que ses données sont là. S’il cherche à les utiliser, elles sont alors téléchargées à la demande, par exemple quand il ouvre un document depuis une application.

Pourquoi une telle idée ? Pour économiser de la place. Avec l’augmentation du stockage distant dans OneDrive, certains dossiers de synchronisation commençaient à accumuler les Go. Parallèlement, certaines machines se contentaient d’un petit SSD de 32 Go pour des besoins bureautiques et nomades légers. Les substituts permettaient donc d’afficher les fichiers sans qu’ils prennent la moindre place, jusqu’à ce qu’ils soient téléchargés.

Ce fonctionnement a été intégré dans Windows 8.1. Il y avait cependant plusieurs problèmes. Le plus important est que Microsoft n’avait pas vraiment communiqué sur le sujet. Des utilisateurs se sont retrouvés sans possibilité d’accéder à leurs données en étant déconnectés d’Internet. D’autre part, il s’agissait du comportement par défaut du système après son installation et l’activation de OneDrive. Là encore, aucun message ne permettait à l’utilisateur de le savoir.

En outre, ce manque d’information rendait la latence agaçante. Habitué au fonctionnement classique de OneDrive, l’utilisateur pouvait ne pas comprendre pourquoi l’accès à une photo, une vidéo, un document Word ou n’importe quoi d’autre nécessitait un temps d’attente. L’ensemble donnait la sensation que le système manquait de réactivité ou qu’un problème existait.

À la sortie de Windows 10, surprise : la fonctionnalité avait été supprimée, ne laissant qu’une synchronisation complète. Pour sa quatrième mise à jour majeure, le système se prépare cependant à la remettre en place, dans une version rafraîchie.

Adieu placeholders, bienvenue à OneDrive Files-On-Demand

On reste donc sur l’idée de fichiers à la demande, mais Microsoft a poli deux éléments capitaux : l’expérience utilisateur et les performances.

Que la préversion de Windows 10 ait été mise à jour ou qu’on ait utilisé l’installeur, le résultat sera le même : un panneau s’ouvre en bas à droite pour informer de la nouvelle fonctionnalité. Elle n’est d’ailleurs pas active par défaut et un bouton permet de l’enclencher.

On reste sur l’idée de petites icônes de statut en bas à gauche des fichiers, mais il y en a désormais trois :

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Comme vu sur les captures, on trouve donc le petit nuage bleu qui indique que les données sont distantes. En clair, les fichiers ne sont pas vraiment là. Si on double-clique sur un fichier, il se télécharge, l’icône devenant une coche verte sur fond blanc : les données ont été rapatriées sur le stockage local.

La troisième icône de statut est un check blanc sur fond vert. Elle n’apparait que si l’utilisateur a fait un clic droit sur un fichier ou un dossier pour sélectionner « Toujours conserver sur cet appareil ». OneDrive veillera alors à ce que tout le contenu soit toujours téléchargé. Si depuis une autre machine des documents sont ajoutés dans le dossier, ils seront automatiquement récupérés.

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Notez que la fonction inverse existe : « Libérer de l’espace ». Sur un fichier ou un dossier téléchargé – que ce soit par ouverture simple ou conversation permanente – elle permet de supprimer les données locales. Les éléments sélectionnés retrouvent alors leur icône de nuage. Pratique quand on a un dossier contenant des fichiers lourds dont on ne se sert pas souvent.

Les petites subtilités des fichiers stockés dans le cloud

Point important, les fichiers distants apparaissent dans les recherches. Le contenu n’est pas présent sur le stockage local, mais les noms sont disponibles, de même que leurs caractéristiques principales, indexées par le système.

Autre précision, supprimer un fichier stocké dans OneDrive affiche désormais une fenêtre avertissant que l’action sera répercutée dans le cloud. On peut toutefois cocher une case pour ne plus avoir cet avertissement sur les prochaines opérations.

Enfin, que se passe-t-il quand la connexion vient à manquer ? Les substituts ne disparaissent pas mais sont grisés, que ce soit dans les dossiers ou dans les résultats de recherche. Une petite variation qui montre assez clairement que les données ne sont pas disponibles. Au retour de la connexion, il n’a fallu que quelques secondes à l’Explorateur pour restaurer l’affichage classique. Bien entendu, les données qui n’ont pas été téléchargées ne peuvent pas être ouvertes pendant ce temps.

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Un fonctionnement simple et rapide, mais…

Globalement, la nouvelle version de la fonction tient ses promesses. Le plus gros changement est en fait la manière dont l’ensemble communique avec l’utilisateur. La fonction ne s’active pas d’elle-même et des explications sont fournies sur les tenants et aboutissants. Les icônes de statut permettent de voir où l’on en est, sans surprise particulière.

D’autres éléments sont apparus. Par exemple, toute opération s’effectuant sur un fichier remplace temporairement l’icône de statut par deux flèches bleues enroulées, suggérant qu’un travail est en cours. Dans le cas d’un dossier où le téléchargement des éléments peut prendre plus de temps, de petites barres de progression apparaissent sur tous les fichiers concernés.

Coté performances, il n’y a bien entendu pas de miracles. Il y aura toujours un délai de récupération des données, mais sur une connexion ADSL assez modeste, le téléchargement ne se faisait pas plus longtemps que nécessaire. On est finalement assez loin de l’époque où OneDrive semblait attendre avant de déclencher une synchronisation. Il est probable que la concurrence avec Dropbox, qui dispose lui aussi de cette fonctionnalité (mais uniquement pour les entreprises), ait joué sur le travail récent chez Microsoft.

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… une fiabilité qui laisse encore parfois à désirer

On pourra évidemment arguer qu’il s’agit d’une première bêta – et c’est tout à fait le cas – mais en l’état, le client OneDrive peut réserver de mauvaises surprises. La plus pénible est la relative instabilité, puisque le client de synchronisation a tout simplement planté à plusieurs reprises pendant nos essais.

Autre souci, qui peut être gênant : l’erreur à l’ouverture depuis une application d’un fichier qui n’a pas encore été synchronisé. Certaines manipulations ne posent aucun problème, comme l’ouverture d’un document depuis Word. D’autres, comme le client Twitter pour Windows 10, peuvent se montrer plus capricieux et refuser de considérer qu’il s’agit d’un vrai fichier... alors que la même image dans Paint.Net ne pose aucun problème. 

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Dans sa fiche d’aide sur Files-On-Demand, Microsoft assure que le fonctionnement est transparent et que les développeurs n’ont normalement rien à changer. S’agissant d’une bêta, il est donc probable que des bugs viennent un peu gâcher la fête.

Globalement, le fonctionnement de Files-On-Demand nous parait clairement plus réussi que l’ancienne version dans Windows 8.1. On se demande cependant pourquoi Microsoft a attendu plusieurs années avant de remettre la fonction en place. On espère également que les soucis de fiabilité seront rapidement corrigés.

Pour rappel, la Fall Creators Update est attendue pour septembre. À l’instar cependant de la Creators Update, prête en mars mais distribuée en avril, il est probable qu’elle ne soit diffusée qu’avec le Patch Tuesday d’octobre. 


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