Réalité mixte : notre prise en main du casque d'Acer

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Péripheriques
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le lundi 19 juin 2017 à 09:00
Vincent Hermann

Récemment, Acer organisait un évènement où il exposait ses nouveaux produits, ainsi que le prototype de son casque de réalité mixte utilisant la couche logicielle présente dans Windows 10. L’occasion de faire le point sur cette technologie et ses capacités.

En octobre 2016, Microsoft dévoilait la Creators Update, avec une évolution importante : la couche logicielle présente dans HoloLens était rebaptisée Mixed Reality et allait être intégrée directement dans le système. Promesse tenue, la mise à jour sortie en avril contient bien cette technologie.

Dans la foulée, Acer, Asus, Dell, HP et Lenovo étaient annoncés comme partenaires. Prenant appui sur des caractéristiques définies par Microsoft, ils allaient pouvoir construire des casques tirant parti de Mixed Reality. Les tarifs devaient démarrer dès 299 dollars, permettant une démocratisation de la technologie.

Au Computex de Taipei, nombreux étaient ceux qui évoquaient leurs projets, mais il était plus question d'annonces que de démonstrations. Finalement, Acer a été le premier à nous permettre de tester un prototype de son casque, dont la commercialisation est attendue pour la mi-octobre lors d'une présentation à Paris.

L'occasion d'apprendre que le tarif annoncé est de 400 euros seul, ou 500 euros avec deux manettes (celles présentées par Microsoft récemment). Ce prototype est celui utilisé par les développeurs qui souhaitent se lancer dans la réalité mixte, comme on peut le voir sur la page dédiée du site de Microsoft.

De quoi est composé le casque d’Acer ?

Le principe de ces casques partenaires est simple : Windows 10 Creators Update fournit toute la couche logicielle nécessaire, et les casques sont là pour l’exploiter. C’est une grande différence avec HoloLens, qui est un appareil complet et autonome. Le modèle d’Acer, comme tous les autres émanant des partenaires, est avant tout un périphérique.

Il a donc besoin d’un ordinateur pour fonctionner et se branche à l’aide de deux prises, une USB 3.0 et une HDMI 2.0. La configuration minimale requise est légère : un Core i5 Mobile ou un Core i3 Desktop avec au moins de l'Intel HD Graphics 620 et 8 Go de mémoire vive.

Évidemment, plus il y a de puissance, plus l’expérience est satisfaisante, l’ordinateur s’occupant de tous les calculs. Ici, le portable (de la gamme Predator d’Acer) était équipé d’un Core i7 Kaby Lake (7e génération) et d’une GeForce GTX 1070.

casque acer réalité virtuelle mixtecasque acer réalité virtuelle mixte

Le casque, lui, est particulièrement léger : à peine 350 grammes. Il embarque deux écrans LCD affichant chacun 1 440 x 1 440 pixels à une fréquence de 90 Hz. Sa fixation est relativement efficace, avec un arceau en plastique noir entourant la tête et se calant en diagonale. L’arrière se rapproche de la nuque et l’avant sur le front.

La partie contenant les écrans peut basculer, à l’image des lunettes d’un dentiste. Sur chaque côté, à l’avant, deux caméras prennent place pour la reconnaissance de l’espace environnant. L’ensemble est confortable et pratique. On peut considérer ce casque estampillé Mixed Reality comme un nouveau type de périphérique, à l’instar des claviers/souris.

Lorsqu’on le branche, l’assistant intégré à Windows 10 se lance et confirme dans un premier temps que la machine est apte à cet usage, puis on calibre l’utilisation en tenant le casque à hauteur des yeux. Une fois sur la tête, on se balade autour de la pièce pour délimiter l’espace utilisable. Puis on se lance.

Le prototype d’Acer en pratique

C’est du moins la théorie. Prototype oblige, la phase de calibrage a présenté un certain nombre de problèmes, particulièrement lors de la définition de l’espace disponible.

L’idée est de marcher pour délimiter un carré, mais l’assistant affichait régulièrement un point rouge, signalant un problème. Il a fallu relancer la procédure de nombreuses fois pour qu’il daigne enfin s’estimer satisfait. Acer nous a assuré qu’il s’agissait d’un comportement typique du prototype et que ces soucis n’apparaîtraient plus avec le produit final.

Par contre, une fois calibré, le casque fonctionne bien. Il s’agit de réalité mixte : l’expérience est soit totalement virtuelle, soit prend appui sur le décor entourant l’utilisateur pour le virtualiser. Puisqu’il s’agit d’écrans non transparents, il n’est pas question ici de projection holographique comme le permet HoloLens.

casque acer réalité virtuelle mixtecasque acer réalité virtuelle mixte

Nous avons pu tester deux démonstrations. La première nous place devant le Panthéon de Rome, avec une visite virtuelle des lieux. Une expérience réussie, mais qui n’a rien de novatrice, et pour cause : il s’agit de la toute première montrée par Microsoft. L’autre nous place dans un appartement virtuel dans lequel on peut se déplacer à loisir, déplacer des objets, admirer le paysage par la fenêtre ou encore utiliser ses propres applications.

Le point fort de l’ensemble, c’est la réactivité. Quoi que l’on regarde, un point représente le centre de la vision. Ce point bouge sans aucune latence et est particulièrement précis. Dans la deuxième démo notamment, le contrôle des objets et des applications est précis. Des fenêtres sont en effet disposées sur les murs pour accéder à Edge, Courrier, Calendrier, le Windows Store et autres. Les manettes dédiées n’étant pas encore là, nous nous sommes servis du bouton A d’une manette de Xbox One pour valider les actions.

La réalité mixte n’est pas forcément la réalité augmentée

La plus grande différence avec HoloLens est que ce dernier dispose d’une projection holographique et peut donc fournir de la vraie réalité augmentée : superposer des objets sur ce qui nous entoure. La réalité mixte part dans une direction différente puisqu'elle s’inspire du monde réel pour créer une structure virtuelle.

Il ne faudra donc pas se diriger vers ce type de produit en pensant pouvoir se lancer dans de la réalité augmentée. Le prix est d’ailleurs un bon indicateur, puisqu’il ne faut pas imaginer en disposer pour 400 euros. Cela étant, le potentiel est bien présent.

Rien n’empêche en effet de créer bon nombre d’expériences virtuelles/mixtes avec de tels casques. Il peut s’agir de cas pratiques comme une agence immobilière faisant visiter un appartement auparavant modélisé, ou un magasin de meubles qui proposerait des versions virtualisées de ses produits à placer chez soi.  En fait, ce qui manque, ce sont les contenus.

Il ne reste plus qu'à attendre les contenus

Un point qui nous a été confirmé par Acer, qui ne s’en cache d’ailleurs pas. Cela étant, il s’agit d’une technologie assez neuve et d’un casque qui ne sera commercialisé qu’en octobre. Il y a donc encore le temps, d’autant que la société nous a déclaré travailler sur ce point de son côté, mais sans en dire plus pour l’instant.

Elle compte tout aussi bien sur Microsoft que sur les éditeurs tiers pour utiliser Mixed Reality. Techniquement, les développeurs de jeux vidéo peuvent s’en servir comme ils le feraient avec DirectX, puisque les API sont là. On imagine ainsi qu’un titre de type Point and Click prendrait une nouvelle dimension.

À l’heure actuelle, il reste cependant une inconnue. Aucun des casques présentés jusqu’à présent ne fait de réalité augmentée. Nous avons demandé à Microsoft s’il s’agissait d’une limitation inhérente à la plateforme Mixed Reality présente dans Windows 10, nous attendons actuellement une réponse. 

Alors que la réalité mixte permet en théorie la réalité augmentée, il se peut que les constructeurs aient été encouragés à concevoir des produits moins chers en étant dépourvus.


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