Apple : 11 milliards de dollars de bénéfice au 2e trimestre, l'iPad aux abois

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Crédits : Elnur Amikishiyev/Hemera/ThinkStock
Finances
Kevin Hottot

Apple a publié cette nuit ses résultats financiers pour le deuxième trimestre de son exercice 2017. La marque à la pomme a connu une croissance de son chiffre d'affaires, ce malgré des ventes d'iPhone en léger recul, tandis que l'iPad poursuit son inexorable chute.

Les trimestres se suivent et se ressemblent chez Apple. Son PDG, Tim Cook, se dit « fier de présenter un bilan solide pour le deuxième trimestre, avec une croissance qui s'accélère et une demande robuste et continue pour l'iPhone 7 Plus ». Tout est donc parfait à Cupertino ? Pas vraiment.

Des bénéfices colossaux

Sur le deuxième trimestre, Apple a réalisé un chiffre d'affaires de 52,896 milliards de dollars, contre 50,557 milliards de dollars un an plus tôt, soit une progression de 5 % sur un an. Le bénéfice opérationnel de l'entreprise a progressé dans le même temps, de 0,8 %, à 14,097 milliards de dollars. 

Le bénéfice net de la firme de Cupertino a quant à lui progressé de 5 % sur un an et atteint désormais 11,029 milliards de dollars. Sur les six premiers mois de l'exercice en cours, les profits d'Apple sont stables, à 28,920 milliards de dollars. Une somme confortable qui laisse bien assez de ressources, et plus encore, pour tenter de trouver une solution à l'érosion des ventes de deux de ses produits phares.

Des ventes d'iPhone en léger recul

Alors que les analystes s'attendaient à des ventes d'iPhone en légère hausse, d'environ 2 %, Apple a comptabilisé de son côté « seulement » 50,763 millions d'unités écoulées, soit 1 % de moins que le score réalisé au deuxième trimestre de son exercice 2016. 

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En pointillé : la moyenne mobile sur un an des ventes d'iPad et d'iPhone

Une bonne nouvelle est à noter : les revenus liés à la vente d'iPhone sont quant à eux en hausse. À 33,249 milliards de dollars, ils ont progressé d'un petit point. Une maigre consolation que la marque met à l'actif des bonnes performances commerciales de l'iPhone 7 Plus et des retours positifs de la clientèle autour de l'édition RED du smartphone. Pas un mot par contre sur le montant reversé à la lutte contre le VIH. 

L'iPad bat des records de vente, dans le mauvais sens

Concernant l'iPad, il s'agit tout simplement en termes de volumes de ventes du pire trimestre de l'histoire d'Apple, si l'on exclut la première année de commercialisation de la tablette. Il s'agit pourtant, selon l'entreprise, d'un score qui est « au-delà des attentes ».

La marque à la pomme a écoulé 8,992 millions d'ardoises, soit 13 % de moins que l'an dernier à la même période, où il était question de 10,251 millions de tablettes. La firme de Cupertino ne s'inquiète toutefois pas de cette situation. Lors de sa conférence téléphonique avec investisseurs et analystes, elle a maintenu que son appareil restait le plus vendu de sa catégorie dans plusieurs marchés dont les États-Unis, le Japon et l'Australie.

Elle clame ainsi une part de marché de 81 % outre-Atlantique sur le segment des tablettes à plus de 200 dollars. Un secteur où la concurrence ne fait pas vraiment rage non plus, que Google a même fini par déserter en mai 2016 avec l'arrêt de production de sa Nexus 9.

Le Mac se refait

Du côté des ventes d'ordinateurs, le Mac affiche de bons résultats. Avec 4,199 millions d'appareils, Apple a vendu 4 % d'appareils en plus que l'an dernier. Mieux encore, ces machines étaient en moyenne plus chères que l'an passé, les revenus de la branche ayant progressé de 14 % dans le même laps de temps. 

Il est à noter que ces chiffres sont proches de ceux annoncés par Gartner et IDC le mois dernier dans leur bilan du marché du PC. Respectivement, ils recensaient 4,217 millions et 4,201 millions d'exemplaires vendus, avec une part de marché mondiale comprise entre 7 et 7,3 %, selon les ajustements de chacun, mais en nette hausse dans tous les cas.

Devant ses investisseurs, Apple affirme ne pas vouloir laisser tomber cette plateforme. « Nous investissons agressivement dans son avenir et nous sommes très enthousiastes à propos des innovations que nous pouvons apporter à cette plateforme. » Espérons seulement qu'il ne sera pas seulement question de barres tactiles au-dessus du clavier.

Apple se diversifie lentement

Apple se félicite surtout de la progression des services (Apple Pay, Apple Care, App Store...) et de ses « autres produits », une catégorie qui regroupe notamment l'Apple TV, la Watch, l'iPod et les casques Beats. Les premiers ont grimpé de 18 % sur un an, pour atteindre 7,041 milliards de dollars, tandis que les seconds ont bondi de 31 % à 2,873 milliards de dollars.

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Ces nets progrès permettent à Apple de diversifier un peu plus ses sources de revenus. L'an dernier, l'iPhone comptait pour 65 % des revenus de la marque à la pomme, il n'est désormais plus question que de 63 %. Son empreinte reste donc grande, mais elle tend à s'amenuiser petit à petit. La catégorie « Autres » a quant à elle vu sa part grimper de deux points, passant de 4 à 6 % en l'espace d'un an.

L'iPad connait quant à lui une évolution inverse, du fait du recul de ses ventes, et ne représente plus que 7 % des revenus d'Apple, alors qu'il était l'an dernier au coude à coude avec les Macs. Ces derniers comptent désormais pour 11 % du chiffre d'affaires de la marque.

Des dividendes pour écouler le cash

Dernier enseignement de cette présentation des résultats d'Apple : son trésor de guerre est plus gros que jamais. L'entreprise dort aujourd'hui sur plus de 250 milliards de dollars de liquidités, dont une grande partie se trouve bien à l'abri dans divers paradis fiscaux. 

Pour dépenser une partie de ce pactole, le directoire d'Apple a choisi d'augmenter de 10 % le dividende versé à ses actionnaires, qui atteint désormais 0,63 dollar par action. La firme de Cupertino a également décidé d'étendre son programme de retour aux investisseurs. Il doit se dérouler jusqu'au mois de mars 2019 et portera sur un total de 300 milliards de dollars, soit 89 milliards de plus que ce qui était prévu jusqu'ici.

Cette extension passe notamment par une augmentation du budget alloué aux rachats d'actions, qui doit passer de 175 milliards de dollars à 210 milliards. Pour financer cet effort, Apple a confirmé qu'elle souscrira à de nouveaux emprunts, sur le marché américain et ailleurs. 

Dans les heures précédant l'ouverture de la bourse de New York, l'action Apple a reculé de 1,6 %, ce qui implique une valorisation d'environ 777 milliards de dollars. Cela reste toutefois 26 % de mieux qu'au début de l'année et même un bond de 56 % environ sur un an. Hier, l'action de l'entreprise avait atteint son plus haut historique à 148,09 dollars.


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