Microsoft lève le voile sur les entrailles de la Scorpio, on fait le tour

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le jeudi 06 avril 2017 à 18:18
Kevin Hottot

Microsoft a enfin révélé les caractéristiques techniques de sa prochaine console haut de gamme, nom de code Scorpio. Le fabricant veut reprendre le dessus sur la PlayStation 4 sur le plan matériel, mais cela sufira-t-il à reprendre la tête des ventes ?

L'an dernier lors de l'E3, le message de Microsoft était clair : Project Scorpio arrive. Il s'agit d'une nouvelle version plus musclée de la Xbox One, qui doit démocratiser le jeu en 4K dans les salons. Un terrain jusqu'ici occupé par des consoles qui sont parfois à la peine en 900p sur certains titres récents.

Si Sony est parvenu à cette même fin avec sa PlayStation 4 Pro, en faisant appel à diverses techniques d'upscale, le géant américain ne jure que par la 4K « native » et se devait donc de viser plus haut que son concurrent sur le plan technique. Ce qui n'avait pas été le cas de la One S (voir notre précédente analyse).

Plutôt que de passer par une conférence classique pour présenter l'ensemble des nouveautés, Microsoft a choisi de confier l'exclusivité de ces informations à nos confrères de Digital Foundry (Eurogamer). Ils se sont donc largement étendus sur le sujet, tout du moins autant que le géant de Redmond le leur a permis.

Une Xbox One aux hormones

Comme Sony, Microsoft a souhaité que les joueurs possédant une Xbox One classique puissent jouer aux mêmes titres que ceux ayant opté pour la Scorpio. Pour y parvenir, l'architecture même de la nouvelle console doit être aussi proche que possible de celle de l'ancienne, ce qui ne permet pas d'énormes changements. 

Désolé donc pour ceux qui pensaient avoir affaire à un processeur dérivé de Ryzen et Vega dans la machine, c'est bel et bien un CPU basé sur la génération Jaguar d'AMD que l'on retrouvera au sein de la Scorpio. Comme son aîné, il disposera de huit cœurs, cadencés à 2,3 GHz au lieu de 1,75 GHz sur la Xbox One et dotés de 4 Mo de cache L2.

Un bond d'environ 30 % en fréquence qui, selon Microsoft, permettra notamment de réduire les temps de chargement dans certains titres, mais aussi d'afficher 200 MHz de mieux que la PS4 Pro qui emploie une puce similaire. Le constructeur précise également que la puce a profité de plusieurs améliorations sur mesure, sans s'étaler sur le sujet pour le moment.

Xbox Project Scorpio

Côté GPU, Microsoft est assez peu loquace. La marque confirme que le nouveau modèle dispose de 40 unités de traitement, cadencées à 1 172MHz contre 12 à 853 MHz pour la Xbox One. De quoi faire grimper la puissance de calcul brute disponible jusqu'aux 6 TFLOPS promis à l'E3 l'an dernier. Pour des questions de rendement de production, chaque puce dispose en fait de 44 unités, mais quatre sont systématiquement désactivées.

Microsoft a opté ici pour une route différente de celle empruntée par Sony. Pour assurer une compatibilité maximale entre la PS4 et la PS4 Pro, le géant nippon avait choisi d'équiper la deuxième console d'un second GPU identique à celui installé dans le modèle de base. Il suffit ainsi d'en « éteindre » un sur les jeux qui ne sont pas prévu pour la PS4 Pro afin qu'ils fonctionnent normalement.

Dans le cas de la Scorpio, « le but est que n'importe quel titre fonctionnant en 900p ou mieux passe facilement en 4K sur Scorpio », explique Kevin Gammill, directeur du programme Xbox Core Platform, à nos confrères de Digital Foundry.

Au total, le SoC gravé en 16 nm (contre 14 nm sur la One S) mesure 360 mm², une taille qui reste plus raisonnable que celle de certains GPU haut de gamme, ce qui doit permettre à la firme de Redmond de maintenir des coûts raisonnables, ce que l'on espère être confirmé par le futur prix public de la machine. 

L'ESRAM passe à la trappe

Dernier changement technique majeur : la Scorpio abandonne l'architecture mémoire de son aïeule. Oubliez donc les 8 Go de DDR3 accompagnés par 32 Mo d'ESRAM de la vénérable Xbox One, il est désormais question de 12 Go de GDDR5, à 6,8 GHz sur un bus de 384 bits.

De quoi offrir une bande passante théorique de 326 Go/s, non seulement plus élevée que celle de l'ESRAM jadis embarquée dans la Xbox One (204 Go/s) mais aussi que la GDDR5 utilisée par Sony dans sa PS4 Pro (218 Go/s). Pour assurer la compatibilité avec les titres qui exploitaient les 32 Mo de mémoire intégrés au SoC de la Xbox One, Microsoft utilise une pirouette assez simple : la console réserve tout simplement un bloc de 32 Mo de mémoire système avec la même adresse que l'ancienne ESRAM.

La latence pour accéder à ce bloc de GDDR5 devrait être un petit peu plus élevée, mais Microsoft assure que cet inconvénient est en partie gommé par la plus grande bande passante disponible. Un point qu'il sera intéressant de vérifier en pratique. Sur les 12 Go de mémoire, seuls 8 Go seront accessibles aux développeurs de jeux et d'applications, contre 5 Go sur Xbox One.

Le gigaoctet supplémentaire attribué au système doit notamment permettre à la console de gérer l'affichage de son menu en 4K, ce qui n'est actuellement pas possible sur Xbox One S par exemple.

Xbox Scorpio Comparatif

Une machine qui se veut compacte

Microsoft semble également avoir voulu éviter de reproduire les mêmes erreurs qu'avec la première Xbox One concernant la taille de sa machine. Le fabricant assure qu'il s'est particulièrement attardé sur l'encombrement de la console comme il l'avait déjà fait sur la One S, ce afin de la rendre aussi compacte que possible, mais ne se risque pas pour autant à donner des dimensions précises.

Pour y parvenir, la marque s'est notamment penchée sur le refroidissement. Le gros ventirad de la Xbox One et son imposant ventilateur laissent ici place à un dissipateur plus petit, couvrant le SoC et la mémoire avec une chambre à vapeur. Seul indice donné sur le design de la Scorpio : il n'y aura pas d'ouïes sur la face supérieure de la coque.

L'air chaud sera en fait expulsé par un ventilateur de type blower, du même style que ceux employés par NVIDIA pour ses cartes « Founders Edition ». Espérons seulement que Microsoft se sera autant penché sur le chapitre des nuisances sonores que sur celui du refroidissement. 

Autre donnée intéressante dévoilée par le constructeur : l'alimentation interne de la console est donnée pour une puissance maximale de 245 watts, une valeur légèrement supérieure aux 215 watts prévus pour la Xbox One

Le mur du son

Concernant la partie sonore, aucun changement n'est à noter sur le plan matériel. L'APB (Audio Processor Block) de la Xbox One est reconduit ici, mais profitera d'améliorations logicielles, qui devraient se retrouver sur l'ensemble de la gamme de consoles Microsoft. 

HoloLens

La prise en charge de Dolby Atmos et de Dolby Atmos for Headphones est ainsi au menu, ainsi que celle du HRTF audio, sur lequel travaille l'équipe de développement des lunettes HoloLens. Microsoft n'en dit pas plus à ce sujet, mais on comprend en filigrane que les lunettes ont vocation à entrer à plus ou moins court terme dans l'écosystème Xbox, ce qui n'est pas une mauvaise nouvelle en soi. 

Au sujet de la connectique, on apprendra sans grande surprise que la prise pour Kinect a purement et simplement disparu, comme sur la Xbox One S. L'entrée HDMI est par contre toujours de la partie, ce qui fera plaisir à ceux qui se servent de leur console en tant que centre multimédia. Le lecteur UHD Blu-Ray est aussi reconduit.

Quelques inconnues subsistent

Malgré l'apparent afflux d'informations déversé par le constructeur à nos confrères de Digital Foundry, de nombreuses zones de brouillard, plus ou moins épais, restent à dissiper. Par exemple, concernant le stockage. Microsoft évoque la présence d'un disque dur de 2,5 pouces, d'une capacité de 1 To, proposant une bande passante « améliorée de 50 % ». Par rapport à quoi la marque compare-t-elle ce score et comment l'obtient-elle ? Mystère.

Autre inconnue : est-ce que ce disque dur sera aisément remplaçable par un modèle de plus grande capacité, comme cela peut être le cas avec la PlayStation 4 ? La nature des modifications architecturelles réclamées par Microsoft au processeur et à la partie graphique sont, elles aussi, mystérieuses.

Si l'on sait que le CPU reste un dérivé de Jaguar, le GPU lui ne décline pas son identité. Il s'agit probablement d'un dérivé de Polaris, le timing étant un peu serré pour imaginer avoir affaire à une variante de Vega. On espère que ces points seront clarifiés d'ici l'E3, où il sera temps de découvrir l'allure de la bête, mais surtout son prix.


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