Autour de Saturne, la sonde Cassini va entamer son « grand final » qui lui sera fatal

Comme diraient les Daleks : EXTERMINATE ! 20
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Nouvelle Techno
Sébastien Gavois

Cassini survole Saturne et ses satellites depuis maintenant 13 ans. À court de carburant, la sonde va terminer sa vie en beauté en passant plusieurs fois entre la planète et ses anneaux avant de se désintégrer dans l'atmosphère de Saturne. Pendant ce temps, les scientifiques attendent une nouvelle moisson de données.

En juillet 2004, la NASA mettait en orbite Cassini autour de Saturne. Depuis, la sonde envoie régulièrement des données à la Terre, dont une superbe photo de ses lunes Encelade et Dioné. Plus récemment, elle a effectué un vol en rase-motte sur les anneaux qui encerclent la planète.

Désormais, la mission touche à sa fin. À partir du 26 avril, elle entamera son « grand final » qui lui sera fatal mi-septembre. D'ici là, les scientifiques espèrent bien engranger quantité de nouvelles données et présentent le nouveau plan de vol qui sera déployé sur la sonde dans quelques jours.

Un périple de 20 ans, comprenant le largage d'un atterrisseur sur Titan

Cassini a été lancée il y a 20 ans maintenant, c'était le 15 octobre 1997 précisément. Elle a mis pas moins de sept ans et 3,5 milliards de km avant d'arriver à destination. Elle devait non seulement s'intéresser à Saturne, mais aussi à certains de ses satellites naturels (elle en compte des dizaines), dont le plus gros est Titan.

Ce dernier a d'ailleurs eu droit à un traitement de faveur puisque, le 25 décembre 2004, la sonde a largué l'atterrisseur européen Huygens qui s'est posé à sa surface le 14 janvier 2005. Du fait de ses batteries limitées, la « petite sonde européenne ne vivra que 2h30 » expliquait le Centre national d'études spatiales (CNES).

Les enjeux étaient de taille puisque, « avant le 14 janvier 2005, nul ne savait quel type de surface allait rencontrer Huygens. Solide ? Liquide ? » ajoutait le CNES. Au final, l'atterrisseur s'est posé « sur une surface dont la texture ressemblerait à du sable mouillé » et a notamment mis en évidence des lacs d’hydrocarbures, mais c'est une autre histoire.

Après deux prolongations, Cassini arrive à la fin de sa vie

Initialement, la mission Cassini était prévue pour durer quatre ans et devait donc se terminer en juillet 2008, mais elle a été prolongée à deux reprises : de 2008 à 2010 (mission Equinox) et de 2010 à 2017 (mission Solstice). Presque dix ans plus tard, elle tourne donc toujours autour de la deuxième plus grosse et plus lourde planète de notre système solaire après Jupiter.

Dès 2010, la décision avait été prise de mettre fin à la mission cette année, la sonde n'ayant de toute façon pas de carburant pour continuer.

Cassini
Crédits : CNES

Une trajectoire inédite, des attentes scientifiques importantes

Avant de partir en fumée, Cassini se prépare à passer entre Saturne et ses anneaux, une manœuvre qui débutera le 26 avril. « Aucun vaisseau spatial n'a jamais traversé la région que nous tenterons de croiser 22 fois » explique la NASA. Les mesures effectuées à ce moment-là seront importantes puisqu'elles devraient permettre de mieux « comprendre comment les planètes géantes et les systèmes planétaires se forment et évoluent » affirme encore l'agence spatiale américaine. 

Ils espèrent ainsi pouvoir en apprendre davantage sur la structure interne de Saturne et sur l'origine de ses anneaux. Ils veulent aussi analyser des échantillons de particules de l'atmosphère et, bien évidemment, prendre de nombreuses photos de ces régions encore complètement inexplorées. 

Pour le moment, la NASA finalise les instructions à envoyer à la sonde et devrait procéder à leur upload à partir du 11 avril. Les grandes manœuvres débuteront ensuite avec un dernier survol de Titan planifié pour le 22 avril. Ce satellite naturel sera d'ailleurs utilisé pour modifier la trajectoire de la sonde, afin qu'elle se positionne entre Saturne et ses anneaux.

Cassini
Crédits : NASA

L'antenne de Cassini servira de bouclier... au cas où

La NASA semble confiante et pense qu'il n'y aura pas de grosses particules sur le trajet de la sonde. Néanmoins, afin de la protéger au maximum, elle utilisera sa « grande antenne comme un bouclier lors du premier passage ». Si tout se passe bien, Cassini arrivera avec ses instruments en avant lors des prochains passages afin de maximiser la science.

Il y a encore des variables inconnues reconnait la NASA, avant d'ajouter que : « c'est l'une des raisons pour lesquelles nous faisons ce genre d'exploration audacieuse à la fin de la mission ». Enfin, le 15 septembre ça sera le grand saut d'où l'on ne revient pas...

Tout plaquer et partir en fumée dans l'atmosphère de Saturne

Pour finir en beauté, la NASA a en effet décidé que la sonde effectuerait un plongeon dans l'atmosphère de Saturne, ce qui aura pour effet de la désintégrer (comme lorsqu'un satellite brûle dans l'atmosphère terrestre). Le but est non seulement de laisser une place nette pour les prochaines explorations, mais aussi de « protéger et préserver les lunes de la planète [...] en particulier Encelade qui est potentiellement habitable ».

S'il peut paraitre cruel, c'est de loin le choix privilégié par les scientifiques de la mission, selon la NASA. Ce n'est d'ailleurs pas sans rappeler l'« ultime baiser » de Rosetta sur la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko une fois qu'elle avait terminé sa mission.

Les motivations de l'ESA étaient d'ailleurs les mêmes : ne pas laisser trainer inutilement un vaisseau dans l'espace. Dans le cas de Rosetta, le final de la mission a été riche en enseignement avec des photos réalisées lors de la descente, ce qui avait d'ailleurs permis de retrouver Philae.


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