Mastodon, le réseau social libre et décentralisé prêt à voler dans les plumes de Twitter

Mamouth écrase les tweets 82
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Reseaux Sociaux
Par
le vendredi 07 avril 2017 à 10:45
Vincent Hermann

Mastodon est un nouveau réseau social, qui en est encore à ses balbutiements. Open source et décentralisé, il vise tout particulièrement Twitter, mais avec des différences importantes. Ce premier article vise à en expliquer la philosophie et le fonctionnement.

Depuis le week-end dernier, Mastodon est partout. Si vous en avez entendu parler, c’est que le projet se présente comme un nouveau réseau social, dont la philosophie générale est largement calquée sur Twitter. Cependant, le fonctionnement en est parfois très différent, tant sur le plan technique que dans la diffusion de l’information.

C'est lui que nous analyserons ici avec le recul des premiers jours (ce qui permet déjà à certains d'en annoncer la mort après avoir loué l'initiative). Nous passerons, dans un prochain article en accès libre, sur l’utilisation pratique de Mastodon, de la création du compte à la publication des messages, en passant par ses options, ainsi que ses limitations.

Il existe déjà plusieurs instances où s'inscrire, mais à l'heure actuelle, celle créée par l'initiateur du projet Eugen Rochko, Mastodon.social, n'accepte plus d'inscriptions pour cause de surcharge.

Mastodon, qu’est-ce que c’est ?

Commençons donc par le début. Mastodon est un projet open source et décentralisé, financé en partie via Patreon. Il existe depuis plusieurs mois, même s'il n'a été annoncé comme réellement prêt que le 1er avril sur Medium.

Souvent présenté comme un service concurrent de Twitter, ce n’est pas tout à fait le cas. L'outil a ses codes, dont un mamouth comme logo ou ses « pouets » (toot en anglais) plutôt que des « tweets ». Mais Mastodon est avant tout un logiciel que l’on installe sur un serveur, pour créer ce que l'on nomme une instance. Plusieurs ont d'ailleurs déjà été mises en ligne, une liste étant maintenue à jour par ici. La Quadrature du Net propose d'ailleurs la sienne.

Précisons tout de suite un point important, pour ceux qui craindraient une structure éclatée comme autant d’ilots isolés : chaque instance est capable de communiquer avec les autres, à moins que l’administrateur du serveur n’en décide autrement. L’idée est bien entendu que les utilisateurs aient la perception d’un large service unifié, qui s’utilise presque comme un outil centralité tel que Twitter, mais dont l’arrière-plan est radicalement différent.

Il y a donc bien l’idée d'un maillage, chaque instance faisant partie – par défaut – d’un tout. Un point qui peut paraitre quelconque pour l’utilisateur mais qui, comme nous le verrons par la suite, a son importance. Par ailleurs, on parle bien de réseau décentralisé car il n’existe aucune autorité particulière dans le maillage, pas plus que de « serveur maître » ou d’instance ayant le moindre contrôle sur les autres.

En fait, chacun peut avoir des règles différentes, selon la personne qui l’a créée. Ce point explique pourquoi le pseudo complet de chaque utilisateur sera toujours sous la forme « pseudo@domaine ». Un fonctionnement que son développeur principal Eugen Rochko compare au système fédéré des emails.

Un projet qui n’est pas né du néant

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