LeKiosk nous parle de son partenariat avec Canal et du modèle illimité

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Crédits : LeKiosk
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Guénaël Pépin

LeKiosk propose désormais son catalogue de journaux et magazines aux abonnés Canal. Une manière de toucher un nouveau public pour lui, alors qu'il veut marcher sur les pas de Netflix ou Spotify, avec une offre « illimitée » à même d'attirer des millions d'internautes.

L'an dernier, l'arrivée de SFR Presse a chamboulé le monde des kiosques en ligne, avec l'introduction d'un bouquet de presse « illimitée » fournie dans des offres Internet, avec un jeu de TVA. Le secteur a rapidement suivi, entre autres via des associations à Canal, qui revoit lui-même son modèle. Hier, myCanal annonçait qu'il intègre désormais 10 à 25 crédits sur LeKiosk, en fonction du montant de l'abonnement.

Rétention client contre nouveaux utilisateurs

« Pour Canal, il s'agit d'améliorer sa rétention client, quand pour nous, l'objectif est d'élargir notre base d'utilisateurs, que nous ne captons en direct pour une raison ou une autre. Notre cœur de cible est identique » nous affirme Ari Assuied, cofondateur de LeKiosk, avec qui nous avions déjà parlé l'an dernier lors de notre dossier sur les kiosques en ligne.

L'accord a été mis en place en quelques semaines, en prenant pied sur l'offre existante de LeKiosk, qui propose lui-même 10 ou 25 crédits mensuels, pour 9,99 ou 19,99 euros par mois. Une manière de trouver rapidement un accord, sans avoir à renégocier avec tous les éditeurs de presse.  « C'est un choix important pour Canal, avec un contenu complémentaire à celui de myCanal, avec nos titres sur le cinéma, le sport... » explique LeKiosk, qui a profité de la refonte des offres du groupe audiovisuel.

Si l'entreprise envisage d'autres partenariats, par exemple avec d'autres opérateurs, il tente lui-même l'illimité avec son offre Clevr, lancée en octobre dernier. Comme elle nous l'annonçait l'an dernier, la société veut devenir une marque aussi forte sur la presse que Netflix sur la vidéo à la demande par abonnement (SVOD).

L'illimité, une proposition simple à vendre

Si Clevr existe depuis six mois, LeKiosk ne souhaite pas s'étendre sur ses chiffres. Tout juste Ari Assuied nous affirme-t-il que les premiers résultats sont « très bons » en termes de rétention client. La question, poursuit-il, est de développer le modèle et les contenus, pour toucher des millions d'utilisateurs d'ici trois ans, au lieu de « quelques centaines de milliers d'utilisateurs payants » actuellement.

L'objectif premier est d'attirer les utilisateurs vers la presse en ligne payante, via un modèle à la Netflix ou à la Spotify, où le « tout illimité » est à la fois simple à expliquer et à vendre. Du moins, bien plus qu'un système de crédits mensuel. L'an dernier, l'entreprise nous déclarait que l'une des limites étaient les ayants droit eux-mêmes, les éditeurs devant équilibrer ces services avec leurs propres offres numériques, souvent bien plus chères.

LeKiosk

« L'objectif avec l'illimité n'est pas du tout de dévaloriser le contenu, même si ce n'est pas facile tous les jours de discuter avec les ayants droit. L'objectif est bien d'aller chercher les utilisateurs » poursuit Ari Assuied. Pour mémoire, LeKiosk avait tenté une offre illimitée il y a sept ans, avant de rapidement se rétracter. C'est, à terme, le système envisagé par la plupart de ses concurrents, notamment par ePresse.

Deezer-Orange comme modèle possible

Face à cela, passer par les opérateurs est une piste importante. Le partenariat entre Deezer et Orange, dans le streaming musical, est l'exemple premier. « Ce partenariat Deezer-Orange a permis un développement très significatif des usages en France. Ce partenariat opérateur a été un accélérateur essentiel pour Deezer » estime encore Ari Assuied. « Les gens sont très numériques mais ne sont pas encore dans le réflexe d'achat » constate-t-il.

Notons que les opérateurs sont des associés classiques des kiosques en ligne. En 2015, l'offre ePresse à dix euros mensuels était proposée à un euro aux clients Orange. Des titres hors Altice Média passent aussi par Toutabo (maison-mère d'ePresse) pour leur distribution via SFR Presse. LeKiosk a aussi été intégré aux forfaits de l'opérateur à une époque, avant de voir ses liens renforcés au moment du lancement de l'offre maison d'Altice. Il n'est aujourd'hui plus commercialisé en extra SFR.

Il reste qu'à chaque étape, LeKiosk doit rassurer les ayants droit, par exemple en discutant avec eux de l'intégration aux offres d'opérateurs. L'entreprise veut aussi s'imposer comme un distributeur de confiance, notamment auprès des institutions, en pleine période de « fake news » et d'incertitude des médias classiques sur leur modèle économique. « Notre conviction est que nous avons un devoir de qualité et d'exhaustivité en tant que distributeur de presse. Face aux ayants droit, nous devons avoir une cohérence en termes de revenus » résume Ari Assuied.


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