Mad Catz dépose le bilan et prépare sa liquidation

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Crédits : A-wrangler/iStock/Thinkstock
Société
Kevin Hottot

En proie à d'importantes difficultés, Mad Catz a finalement décidé de lâcher l'affaire. L'entreprise a déposé le bilan jeudi soir et se prépare désormais à liquider tous ses actifs. L'ensemble de la direction de la société a démissionné par la même occasion.

C'est la dernière d'une longue série d'embuches pour Mad Catz. Le fabricant de périphériques se bat depuis de très longs mois pour assurer sa survie et comptait sur le succès de Rock Band 4, dont il fabrique les guitares, pour se refaire une santé. Manque de chance, les ventes du titre d'Harmonix n'ont pas été suffisantes pour que le constructeur reprenne du poil de la bête.

Mad Catz s'est battue jusqu'au bout

À l'époque, l'entreprise affirmait avoir « déjà violé plusieurs fois les clauses restrictives de [ses] dettes par le passé », ce qui est rarement bon signe, même si sa banque continuait de la soutenir.

Elle a ensuite actionné tous les leviers possibles pour tenter de se maintenir, à commencer par la vente de certains de ses actifs. C'est ainsi que Logitech a mis la main sur Saitek et ses périphériques spécialisés (joysticks, HOTAS, palonniers...) en septembre 2016 contre 13 millions de dollars. Une somme malheureusement insuffisante pour régler l'ensemble des dettes de Mad Catz.

Au début de l'année, c'est le lancement de nouveaux produits qui devait sortir l'entreprise du marasme dans lequel elle se trouvait. L'annonce des souris RAT Pro S+ et RAT Pro X+, deux périphériques plutôt haut de gamme, et dont les marges que l'on imagine plutôt juteuses pouvaient potentiellement redonner un petit coup de fouet à la société. 

Le coup de grâce boursier

C'était sans compter sur l'arrivée d'autres problèmes, d'ordre boursier cette fois-ci. NYSE, l'entreprise gérant le New York Stock Exchange, a envoyé une petite lettre au fabricant lui expliquant que s'il ne parvenait pas à faire remonter son cours en bourse, alors à 0,08 dollar par action, son entreprise ne serait plus listée par ses soins.

Mad Catz se trouvait alors dans une situation très compliquée. Sa trésorerie se limitait à 1,6 million de dollars, tandis que ses pertes opérationnelles sur les neuf derniers mois atteignaient 3,27 millions. En face, les créanciers de la société attendaient le versement de 19,1 millions de dollars, un montant qui ne tient même pas compte des 12,21 millions de dettes souscrites par l'entreprise.

Le fabricant avait pourtant conclu un gros contrat avec une grande chaîne de magasins aux États-Unis pour se refaire un peu de gras, mais ses difficultés de trésorerie lui ont causé de gros soucis d'approvisionnement. La marque a dû compenser ses retards en expédiant ses produits par avion, annihilant toutes ses marges.

Dans l'impasse, Mad Catz a été délistée de la bourse de New York, et aussitôt replacé sur un marché alternatif aux contraintes plus souples. Son cours atteignait alors 0,022 dollar, marquant une chute importante de sa valorisation, et une certaine rupture de la confiance que les actionnaires avaient placée dans la société.

Clap de fin

Le dernier acte de cette tragédie s'est ouvert vendredi soir. Mad Catz a fait parvenir une déclaration aux autorités financières américaines (la SEC), la notifiant de sa mise en faillite volontaire, à date du 30 mars. L'ensemble de la direction de l'entreprise a signifié sa démission à ce même moment. 

La suite consistera à procéder à la liquidation des actifs au plus offrant, pour que les créanciers de la société récupèrent une partie de leur dû. Une procédure qui peut réclamer de longs mois, et dont l'issue est souvent incertaine.


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