Processeurs : Intel continue de faire comme si de rien n'était, et annonce ses Xeon E3-1200 v6

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Processeurs
David Legrand

Les jours s'enchaînent et Intel continue d'annoncer de nouveaux produits. Aujourd'hui, on apprend que les processeurs Kaby Lake sont déclinés dans la gamme Xeon. Aucun changement de stratégie n'est au programme, comme si AMD et ses Ryzen n'existaient pas.

Alors qu'AMD a commencé à lui mettre sérieusement des bâtons dans les roues avec ses Ryzen 7 et compte en remettre une couche avec l'arrivée prochaine des Ryzen 5, Intel continue à avancer, et à faire comme si rien ne s'était passé.

Certains prédisaient une baisse massive des prix ou l'arrivée de nouveaux CPU. Dans la pratique, rien de tout cela n'est encore arrivé. On a même plutôt vu l'inverse se produire puisque le Ryzen 7 1700X s'est affiché à 350 euros cette semaine, contre 479 euros annoncés. Actuellement, il est disponible pour 390 euros dans le meilleur des cas.

Intel déroule sa roadmap : Optane, 10 nm et nouveaux Xeon

Bien entendu, des choses se préparent du côté de Santa Clara, mais pas avec l'empressement que l'on aurait pu imaginer. La société mise en effet sur l'inertie du marché et sur les premiers couacs de son concurrent pour se laisser le temps de préparer une riposte. Encore faut-il que celle-ci soit convaincante, tant sur le marché grand public que sur celui des serveurs.

Les premières annonces de ces derniers jours ont en effet tourné autour d'Optane. Cette nouvelle technologie de stockage se décline en deux produits : un SSD PCIe, et un module M.2 Dans les deux cas, il est surtout question de promesses pour le moment, mais l'on sent Intel plus à l'aise pour convaincre sur les usages du marché professionnel. 

La seconde vague de riposte a consisté à faire venir (entre autres) le très respecté Mark Bohr sur scène (nous y reviendrons) afin de lui faire parler de l'évolution de la finesse de gravure, à rassurer quant à la capacité d'Intel à produire en 10 nm et à rester un acteur vigoureux sur le terrain concurrentiel.

En effet, certains commençaient à voir quelques faiblesses dans la stratégie récente de la société sur ce qui fait sa puissance : son savoir-faire et son avance certaine dans la fabrication des puces.

Xeon E3-1200 v6 : quel intérêt face à Ryzen dans les stations de travail ?

La troisième annonce concerne d'ailleurs les processeurs sur le marché des serveurs. Mais alors qu'AMD a déjà évoqué sa puce haut de gamme Naples, ici, il n'est question que d'une adaptation de Kaby Lake au sein de l'offre Xeon E3 (1P).

De quoi mettre sur le marché des produits qui profitent des quelques avancées de cette génération, notamment au niveau de la vidéo. Bien entendu, ils sont annoncés comme géniaux, notamment pour... la VR (le nouveau dada du grand patron). Ce sont ainsi huit puces qui sont dévoilées, de l'E3-1220 v6 à l'E3-1280 v6 dont la fréquence sera située entre 3,9 et 4,2 GHz. Ils pourront être accompagnés de DDR4 jusqu'à 2400 MHz et d'un chipset C232/C236 :

Intel Xeon E3-1200 v6

Une partie graphique P630 sera parfois présente. Ces processeurs intègrent tous quatre cœurs (huit threads), 8 Mo de cache L3, un TDP de 72/73 watts et son proposés entre 250 et 612 dollars. Cela tombe bien, c'est à peu près les tarifs de la gamme Ryzen grand public, qui dispose de six à huit cœurs...

Certains s'amuseront de voir qu'Intel précise dans son Product brief que ces puces sont compatibles avec les modules Optane Memory, qui pourront faire office de cache pour un HDD ou un SSD. Dans tous les cas, on se demande bien comment Intel peut encore rester si stoïque dans sa communication.

Certes, le marché des serveurs ou même des stations de travail lui est tout acquis. Certes, convaincre les acheteurs de changer leur fusil d'épaule sera tous sauf simple pour AMD, qui n'a pas toujours tenu ses promesses par le passé. Mais compter simplement là-dessus ne devrait pas mener Intel très loin.

Espérons là encore que Brian Krzanich et ses équipes finiront par avoir une ligne claire, sous peine de voir les parts de marché s'éroder peu à peu et le mur de la réalité les atteindre. Mais peut-être que, comme à l'époque du Pentium 4, c'est cela qui manque encore à Intel : une prise de conscience brutale.


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