Qobuz nous parle de Sublime+ (streaming 24 bits) à 349,99 € par an et vise de nouveaux marchés

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Streaming
Guénaël Pépin

Qobuz présente Sublime+, un abonnement Hi-Res (24 bits) à 349,99 euros par an. Cette offre doit soutenir l’expansion vers de nouveaux pays, avec des applications en chantier, plus de formats audio (dont le DSD) et de partenariats avec des enseignes physiques... Alors que Spotify prépare du Hi-Fi et que Deezer entre à la Fnac.

Ce matin, Qobuz présente son bilan pour l'année 2016. Le service de musique haute fidélité, racheté par Xandrie après un redressement judiciaire fin 2015, mise toujours sur la qualité de son et l'éditorialisation pour se distinguer des mastodontes du secteur – qui comptent des millions d'abonnés – en s'appuyant sur une personnalisation très automatisée.

Si l'entreprise nous affirme avoir gagné 30 % de clients l'an dernier, elle se refuse à nous fournir le moindre chiffre précis ni la moindre indication sur son chiffre d'affaires. Rappelons que Spotify compte actuellement 50 millions de clients payants, contre 20 millions pour Apple Music, quand Qobuz se situerait plutôt à quelques dizaines de milliers.

« Nous sommes forcément un petit poucet, inscrits dans la qualité. On ne demande pas à Porsche combien il vend de voitures ! » nous lance Denis Thébaud, le patron de Xandrie. Il préfère parler des données flatteuses, comme des 424 euros de panier moyen annuel pour les clients de l'offre haut de gamme Sublime, lancée fin 2014.

Les annonces du service sont nombreuses : une nouvelle offre haut de gamme (Sublime+) à 349,99 euros par an, l'arrivée prochaine dans trois pays (Espagne, Italie et Pologne), des partenariats en pagaille avec des chaines de magasins et de nouvelles applications mobiles, trois semaines après une nouvelle mouture sur macOS et Windows (voir notre actualité). 

Sublime+ : du streaming en Hi-Res, mais pas pour tout

La principale nouveauté est donc Sublime+, une évolution de l'offre Sublime qui doit être lancée en mai. Pour 219,99 euros par an, Sublime propose du streaming en qualité CD (16 bits, 44,1 kHz) et des remises sur les téléchargements de musique en Hi-Res (24 bits). Sublime+ fait simplement évoluer cette formule, avec du streaming Hi-Res plutôt qu'en qualité CD, pour 349,99 euros par an. Aucun abonnement mensuel n'est prévu.

Il faut tout de même noter que si le catalogue « qualité CD » compte 30 millions de titres, le Hi-Res n'est proposé que sur un million de morceaux (60 000 albums). Le reste sera livré dans la qualité en-dessous. L'intérêt très concret à l'écoute dépendra donc fortement de la disponibilité du 24 bits dans votre répertoire. « Le catalogue Hi-Res, construit depuis des années, est vraiment représentatif de tous les genres. La plupart des nouveautés sont aussi disponibles dans cette qualité » veut rassurer Denis Thébaud.

De nouvelles applications mobiles en approche

Rappelons que Qobuz a lancé il y a trois semaines une nouvelle application pour macOS et Windows, avec une navigation revue. Si elle reste centrée sur les albums, elle diversifie les points d'entrée, avec une mise en avant importante des listes de lecture thématiques et des grands angles, des articles sur un thème précis, illustrés d'albums à écouter pendant la lecture.

S'il s'agit de l'une de nos critiques récurrentes, cette approche par album reste revendiquée par le service, qui se démarque d'un Deezer ou d'un Spotify sur ce point. L'éditorialisation est toujours au cœur de la découverte, alors que la concurrence s'appuie massivement sur des algorithmes pour personnaliser l'écoute. 

De nouvelles applications mobiles sont prévues fin avril sur iOS et fin mai sur Android, en même temps que Sublime+. Avec une interface (encore) revue, elles sont censées mieux intégrer les contenus rédactionnels fournis par la société, avec des listes de lecture et recommandations à la gestion « modernisée ». Elles devraient également pouvoir contrôler les enceintes connectées Sonos, sans sortir de l'interface.

En juin, le service annonçait tout de même un partenariat avec MusiMap pour automatiser cette personnalisation. Si les fruits n'en sont pas encore visibles, Qobuz assure que l'empreinte de la moitié du catalogue a été prise. « Nous savons que nous avons de nouveaux outils à construire, d'une manière unique. Nos utilisateurs sont très critiques des recommandations algorithmiques des autres services. Nous pensons que les algorithmes ont une part à jouer, mais qu'elle ne doit pas être centrale. Il y a un équilibre à trouver avec l'animation musicale de nos experts » défend la société, qui promet des annonces dans les prochains mois. 

Bientôt du DSD en téléchargement

La cible est toujours celle des clients prêts à mettre le prix dans la qualité de son, que ce soit en streaming ou en téléchargement. Si l'entreprise met bien l'accent sur la diffusion en continu, le téléchargement constitue encore 43 % de son chiffre d'affaires en 2016. Elle se vante tout de même de toucher un public plus divers, le pop-rock comptant désormais pour 35 % des écoutes, tout juste devant le classique à 24 % et le jazz à 14 %.

À la rentrée, le téléchargement doit s'étendre à de nouveaux formats audio, à savoir le Binaural et le DSD. « Le DSD, pour certains de nos audiophiles, est une demande depuis plusieurs années. Cela va au-delà des fréquences d'échantillonnage de la Hi-Res, 192 kHz » nous déclare Malcolm Ouzeri, le directeur marketing de Qobuz. Il faut tout de même noter que le matériel compatible DSD reste encore aujourd'hui assez éloigné de la plupart des bourses.

Des partenariats avec des enseignes physiques

Ces dernières semaines, le marché français du streaming a été marqué par une annonce commune de la Fnac-Darty et de Deezer (voir notre entretien). Le premier intègre le second dans l'ensemble de ses magasins, que ce soit par des essais du service, le bundling avec les ventes de matériel audio (dont la Fnac est spécialiste) et des réductions pour les clients de la chaine de magasins. La Fnac envisage même d'entrer au capital de Deezer dans trois ans, si les attentes commerciales sont atteintes.

De son côté, Qobuz a mis en place depuis septembre (avec des essais en avril) The Qobuz Society, des partenariats avec 600 revendeurs Hi-Fi, qui intègrent le service de streaming dans leur démarche commercial. Le but : montrer l'intérêt de Qobuz aux clients de matériel haut de gamme, avec dans certains cas une formation dédiée des vendeurs.

L'entreprise s'est aussi associée à Boulanger et Cultura, chargés de défendre la plateforme. Boulanger peut d'ailleurs proposer une offre découverte de l'offre Qobuz Hi-Fi (streaming « qualité CD ») et une sélection gratuite de titres à télécharger en Hi-Res.

Trois nouveaux pays à ouvrir cette année

L'un des grands chantiers de l'an dernier a été la migration de la plateforme sur Amazon Web Services (avec quelques soucis chez Orange). Elle doit lui permettre d'entrer plus facilement dans d'autres pays, alors que Qobuz dit avoir vu son activité croître de 50 % en Allemagne sur les six derniers mois, faisant de nos voisins son deuxième marché.

Les maisons de disque ont donc resigné avec la société, après son rachat, et étendu le contrat à de nouveaux territoires. Sur l'été, le service doit ainsi ouvrir ses portes en Espagne, en Italie et en Pologne.

Cette internationalisation met Qobuz en face des mastodontes du secteur sur de nouveaux marchés, alors que Spotify réfléchit fortement à une offre Hi-Fi en « qualité CD ». Rappelons que Deezer propose une offre Elite (qualité CD) en France depuis 2015. Pas de quoi faire peur à Denis Thébaud, qui réaffirme être en avance sur la qualité audio, et déclare que son service se différencie toujours par l'éditorialisation.

Il reste encore à voir si le Hi-Res (devenu un argument de vente pour les casques audio) et cette approche artisanale sauront convaincre largement, alors que la qualité CD reste aujourd'hui un standard. Notons tout de même que Qobuz fait toujours appel aux conseils d'Yves Riesel, le fondateur de la société, parti vers de nouveaux horizons fin 2015, au moment du rachat de son service.


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