La licence globale n’a plus la cote chez les artistes-interprètes

Le Pen perdue 125
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Crédits : ocean yamaha (CC BY-ND 2.0)
Hadopi
Par
le mardi 21 mars 2017 à 11:48
Marc Rees

L’Adami a confronté plusieurs petites idées issues des programmes des candidats à la présidentielle. Un sondage réalisé auprès de 2 493 personnes par l’IFOP, en vue de l’élection 2017, montre que la licence globale n’est plus vraiment un sujet tendance lorsqu'on aborde les solutions pour améliorer la condition des artistes. 

Afin de jauger « l’adhésion à différentes propositions des candidats pour améliorer les conditions professionnelles des artistes », la société de gestion collective a fait ausculter un échantillon de près de 2 500 personnes issues du fichier des artistes associés à ses intérêts.

Plusieurs éléments notables. Lorsque François Fillon indique par exemple vouloir renforcer la Hadopi pour lutter contre la contrefaçon commerciale, ils sont 29 % à le suivre, mais 53 % à s’y opposer. De même, la proposition d’Emmanuel Macron de fournir un chèque de 500 euros au profit des jeunes de 18 ans n’attire que 33 % de « oui », contre 53 % de « non » là encore. Ce sont deux idées parmi les plus impopulaires selon l’échantillon. 

Les personnes interrogées sont au contraire nettement plus attentives à l’idée du candidat En Marche visant à « défendre résolument les droits d’auteur, aider les artistes et les éditeurs de contenu européens par la négociation encadrée d’accords sur leur rémunération ». Un tel chantier, certes assez flou mais proposé pour lutter contre l’appétit des grands acteurs du numérique, glane 74 % d’opinions favorables. De même, 68 % suivent Benoit Hamon lorsque celui-ci propose nébuleusement de « soutenir une démarche de dialogue entre les acteurs (producteurs et artistes) » sur le terrain de la rémunération des artistes de la musique.   

La licence globale : 2005-2017

À l’opposé, l’idée de Marine Le Pen, mettre en place un système de licence globale, n’a vraiment pas la cote. 14 % seulement considèrent qu'elle pourrait améliorer leurs conditions professionnelles. C’est le chiffre le plus bas du tableau.

Petit rappel historique, l’Adami, SPRD qui gère les droits des artistes-interprètes, avait défendu ce modèle voilà plusieurs années. On retrouve encore son nom sur le site de l’Alliance Public Artiste, lequel militait entre 2005 et 2006 pour « une autorisation donnée aux internautes pour accéder à des contenus culturels (musique, images, films, textes) sur Internet et les échanger entre eux à des fins non commerciales en contrepartie d'une rémunération versée aux artistes à l'occasion du paiement mensuel de l'abonnement Internet ». Autre temps, autres mœurs.

Ces différentes questions seront discutées par les représentants « culture » des candidats, dans le cadre des Rencontres Européennes des Artistes ce 21 mars. Sur la scène, on retrouvera Danièle Atala/Roger Tropéano (Jean-Luc Mélenchon), Patrick Bloche (Benoît Hamon), David Lisnard (François Fillon) et Marc Schwartz (Emmanuel Macron).

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Crédits : Adami.fr

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