Google Next : compte rendu des (très) nombreuses annonces sur les services et le cloud

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Services
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le vendredi 10 mars 2017 à 15:25
Vincent Hermann

Google tient actuellement sa conférence Next, centrée sur tout ce qui touche au cloud et aux services. Les annonces d’hier soir ont été particulièrement nombreuses, tant sur ses offres hébergées que les produits pour entreprises, avec notamment l’intronisation officielle de Meet, des améliorations pour Drive et des extensions pour Gmail.

Google Next est la conférence que tient l’entreprise pour avancer son rouleau compresseur de services en tous genres. C’est le rendez-vous des développeurs, des entreprises et des observateurs de la société, son poids dans le domaine du cloud étant l’un des plus importants du marché, avec Amazon et Microsoft.

Google divise officiellement Hangouts en Meet et Chat

L’une des premières annonces de la soirée concernait Hangouts. La firme n’avait pas caché son intention de faire de son service de conversation une messagerie d’entreprise, et on l’attendait donc au tournant, notamment face à un Slack qui jouit d’un grand succès et d’un Microsoft Teams qui débarquera la semaine prochaine en version finale.

Hangouts sera finalement coupé en deux. On retrouvera d’un côté Meet, que nous avons déjà abordé, qui concentrera tout ce qui touche aux réunions en ligne, avec vidéoconférences et gestion des rendez-vous sans nécessiter de plugin particulier.

La réelle nouveauté est Chat. Le service reprendra toute la messagerie texte, avec une orientation clairement inspirée de Slack et autres produits du même acabit. L’application – qui sera disponible sur le web, Android et iOS – affichera ainsi des conversations par fils (threads), une fonctionnalité clé dans ce genre de solution. Google a indiqué avoir beaucoup appris de Gmail dans ce domaine. Les échanges pourront évidemment se faire en tête-à-tête ou en groupe.

google cloud plateform next

Comme Slack et Teams, Google a particulièrement travaillé l’intégration des services, une obligation pour ces messageries. Par exemple, on pourra piocher directement dans Drive pour envoyer un fichier, partager un calendrier, etc. Les éléments tiers seront également de la partie. Asana, Box, Zendesk et ProsperWork seront là dès le départ, mais n’importe quelle entreprise peut développer des bots et des scripts pour les intégrer à Chat.

Google oblige, Chat présentera un moteur de recherche présenté comme « puissant ». D’autres fonctionnalités seront fournies, notamment la possibilité de trier les conversations par type de fichier.

La stratégie de Google en matière de messagerie a semblé floue pendant bien longtemps aux utilisateurs. Pourtant, l’éditeur se veut clair sur ce point : le grand public aura Allo et Duo pour le texte et la vidéo, tandis que les entreprises auront Chat et Meet. Pour l’instant cependant, Hangouts ne va pas disparaître, d’autant que Chat n’est pas prêt et sera seulement disponible sous forme de préversion prochainement.

Drive : des améliorations pour le rendre plus désirable en entreprise

Puisque l’on parle de services destinés aux entreprises, Google a opéré des changements dans Drive pour le rendre plus intéressant, précisant au passage que le service compte aujourd’hui 800 millions d’utilisateurs actifs quotidiennement.

Les nouveautés annoncées sont nombreuses, à commencer par Team Drives. Il s’agit de dossiers partagés ayant un fonctionnement différent de ce qu’il est déjà possible de faire. Ainsi, chaque participant est considéré comme copropriétaire de tout ce que le dossier contient, et non pas de ses seuls fichiers. Ainsi, si un employé quitte l’entreprise, les données stockées ne sont pas effacées.

Parallèlement, Google étend la disponibilité de Vault en entreprise. Ce service permet aux administrateurs de gérer finement les opérations sur les données stockées dans Drive, y compris leur exportation. La firme en profite pour annoncer le rachat d’AppBridge. La société proposera ses services d’aide à la migration depuis SharePoint (Microsoft) vers l’offre Cloud de Google.

À noter également l’arrivée d’une fonctionnalité très attendue par le grand public : Drive File Stream. Elle sera assez proche de Smart Sync chez Dropbox, en laissant sur disque de stockage une simple empreinte du fichier, qui sera téléchargé à la demande. Du moins dans la plupart des cas, car le service essaiera de deviner quels sont les fichiers dont l’utilisateur aura le plus besoin, afin de les synchroniser complètement. Il ne va cependant pas être disponible tout de suite, puisqu’il doit à peine arriver dans le programme « Early Access ».

Enfin, Google va répandre son Quick Access dans les autres clients Drive, alors qu’il n’était jusqu’à présent disponible que sur Android. La fonction essaie simplement de présenter à l’utilisateur les fichiers dont il pourrait le plus avoir besoin dès l’ouverture.

Gmail va disposer de son propre système d’extensions

À la manière de ce que propose Microsoft depuis l’an dernier, les développeurs vont pouvoir proposer des extensions pour Gmail. Elles seront intégrées directement dans l’interface du service et reprises dans les versions mobiles de l’application. Curieusement, Google n’a pas mentionné Inbox.

Les utilisateurs pourront les télécharger depuis le G Suite Marketplace, déjà utilisé pour les compléments dans d’autres services, comme Docs et Sheets. Là encore, le modèle est le même que celui de Microsoft, qui distribue les extensions via une boutique centralisée. De même, les développeurs intéressés n’auront besoin que d’écrire une seule fois le code, l’extension fonctionnant de la même manière partout.

Notez que ces extensions ne sont pas encore là, Google ayant simplement précisé qu’elles arriveraient « plus tard dans l’année ». Point intéressant, elles pourront être utilisées aussi bien par les entreprises que par le grand public, même si les développeurs pourront bloquer l’une ou l’autre de ces catégories.

gmail extensions

Cloud : App Engine accepte maintenant tous les langages

C’est probablement l’un des points les plus importants abordés hier soir par Google : App Engine accepte désormais n’importe quel langage de programmation. Cette plateforme en tant que service (PaaS) permet pour rappel de créer et héberger des applications web en profitant de l’infrastructure de Google, sans devoir s’en préoccuper.

Pour Google, il s’agit d’une importante évolution qui pourrait faire la différence. Les développeurs n’ont en théorie qu’à choisir le langage qui leur plait et commencer à travailler sur leur projet. Une conséquence selon l’éditeur d’une politique visant l’ouverture et l’absence de blocage, même si – toujours selon lui – le risque est que des entreprises puissent partir d’autant plus facilement.

Java 8, Ruby, Go, Python 2/3, C#, PHP 5/7 et Node.js sont les langages supportés dès le départ par App Engine. La différence aujourd’hui est que le développeur peut importer ses frameworks, bibliothèques et runtimes, qu’il pourra « brancher » sur le service. Il peut d’ailleurs importer un package complet sous forme d’un conteneur Docker.

Google double le nombre maximal de cœurs dans son Compute Engine

Compute Engine est un service de Google permettant aux entreprises de créer des machines virtuelles et d’y effectuer des calculs. Depuis hier soir, le nombre maximal de cœurs alloués à une machine est justement passé de 32 à 64, laissant les applications gourmandes en puissance s’exécuter plus rapidement.

Ce doublement s’accompagne d’un autre. Les clients qui choisiront en effet les 64 cœurs accèderont dans la foulée à 416 Go de mémoire vive par machine virtuelle. Selon Google, ces deux critères devraient être suffisants pour la grande majorité des projets réclamant de sérieuses ressources. C’est plus que Microsoft, qui propose toujours un maximum de 32 cœurs, mais moins qu’Amazon, EC2 pouvant grimper jusqu’à 128 cœurs et 2 To de mémoire vive.

Avec la nouvelle configuration, le tarif annoncé est de 3,7888 dollars par heure.

De nombreux nouveaux outils pour la plateforme Google Cloud

En plus de ces annonces, Google a abordé plusieurs ajouts assez importants à sa plateforme « cloud » globale. Par exemple, l’API Data Loss Prevention permet aux développeurs de déclencher diverses actions pour protéger des données selon le contexte. Il peut s’agir d'empêcher une perte, mais également d'une visualisation au cas où les données auraient tout intérêt à rester secrètes. Google citait le cas d’une photo de carte bancaire sur laquelle les numéros seraient automatiquement masqués.

Citons également Cloud Key Management Service pour la gestion des clés de sécurité, qui était en bêta depuis deux mois. Disponible pour les clients G Suite (dont les entreprises), il s’accompagne de Security Key Enforcement, qui permet de renforcer l’authentification pour lutter contre les tentatives de phishing.

Identity Aware Proxy permet, pour sa part, aux administrateurs de configurer des accès protégés et soigneusement contrôlés aux applications. Il n’est disponible pour l’instant qu’en version bêta. On continue avec Cloud Functions, qui offre de développer des microservices basés sur des évènements. Cloud Dataprep prépare de son côté les données avant une analyse, l’outil pouvant suggérer des actions en se basant sur l’apprentissage profond.

Citons enfin App Engine Flexible, qui doit permettre aux développeurs de gérer plus finement l’extension des ressources pour une application, que ce soit à la hausse ou à la baisse.

Jamboard, un tableau blanc numérique de 55 pouces pour 4 999 dollars

Afin de concurrencer le Surface Hub de Microsoft, Google a également présenté un produit matériel pour l’entreprise. Il s’intitule Jamboard et se présente comme un véritable tableau blanc numérique de 55 pouces.

Il s’agit en fait en fait d’un téléviseur 4K UHD, proposant une fréquence de rafraichissement de 60 Hz pour l’image, et de 120 Hz pour la détection tactile. Le Jamboard peut gérer jusqu’à 16 points de pression en simultané, intègre plusieurs microphones, une webcam grand angle ainsi qu’une puce NFC pour interagir avec les objets compatibles. Des ports HDMI 2.0, USB Type C et USB 3.0 sont présents, de même qu’une sortie SPDIF, un port Ethernet Gigabit et la gestion du Wi-Fi 802.11ac.

Le produit se place comme une surface de travail capable de reconnaitre l’écriture et les formes. Il est compatible Google Cast et peut donc être aussi utilisé pour déporter une image provenant d’un autre appareil. Il peut être accompagné d’un pied roulant, vendu séparément. Pour Google, le Jamboard est l'outil de collaboration idéal pour les réunions et autres sessions de travail impliquant plusieurs personnes.

Le Jamboard sera vendu en mai au tarif de 4 999 dollars. On est très loin de la Surface Hub de Microsoft et de ses 21 999 dollars. Certes les caractéristiques techniques ne sont pas les mêmes, le produit de Redmond embarquant une dalle de 84 pouces pouvant gérer jusqu’à 100 points de pression. Cela étant, les entreprises désireuses de travailler sur ce type de support en ayant un budget un peu serré pourraient bien se laisser tenter.

Les intéressés pourront consulter la longue liste de vidéos publiées par Google sur les différentes sessions techniques.


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