Caméras miniaturisées, flash infrarouge : nouveaux détails sur les voitures-radars privatisées

Bruno Le Roux de secours 352
En bref
image dediée
Crédits : François Goglins (CC-BY-SA-3.0)
Loi
Marc Rees

Interrogé par le sénateur Roger Karoutchi sur la privatisation des voitures-radars, le ministère de l’Intérieur a donné d’autres informations sur le déploiement de ce dispositif dans le pays.

Testé depuis quelques jours en Normandie, le système repose sur l'utilisation de radars mobiles dans des voitures banalisées, avec au volant, des employés de sociétés privées. La mesure suit les préconisations du Comité interministériel de la sécurité routière qui, dans un rapport présenté en octobre 2015, suggérait d’« augmenter, dans les meilleurs délais, l’utilisation des radars embarqués dans des véhicules banalisés, en confiant leur mise en œuvre à des prestataires agréés, sous étroit contrôle de l’État ».

Processus entièrement automatisé

Questionné par Roger Karoutchi, l’Intérieur a tenu à insister dans sa réponse du 2 mars : « seule la conduite des voitures radars sera externalisée. Les prestataires privés activeront le processus de contrôle, mais ils n'interviendront pas sur le dispositif de relevé des infractions, qui sera entièrement automatisé ».

Les prunes, distribuées automatiquement après relevé des infractions, seront en effet constatées par le Centre Automatisé de Constatation des Infractions Routières (CACIR) à Rennes. « Les véhicules mis à disposition des prestataires privés seront modifiés de telle sorte qu'ils puissent s'auto-paramétrer et, sans intervention manuelle, prendre automatiquement en compte la vitesse maximale autorisée applicable sur l'axe de circulation emprunté ».

Sur le site du comité, on apprend ainsi que ces véhicules embarqueront « des équipements capables de lire les panneaux de limitation de vitesse [qui] permettront au radar de fonctionner de manière autonome, sans aucune intervention du chauffeur, désormais seul présent dans le véhicule ». 

Des parcours prédéfinis selon l'accidentologie 

Le test d’abord initié en Normandie va s’étendre jusqu'au 1er septembre avant un déploiement progressif dans toute la France. Un agenda « qui laisse toute latitude d'effectuer la vérification de son bon fonctionnement en conditions réelles avant sa généralisation » assure Bruno Le Roux. Celui-ci apporte d’autres détails : « les prestataires privés conduiront les voitures radars sur des parcours précis établis par les préfets de département et les forces de l'ordre en fonction de l'accidentologie. Ils ne seront pas autorisés à s'écarter de ces parcours prédéfinis, et tout écart constaté donnera lieu à l'application de pénalités ».

De même, le cahier des charges imposé aux acteurs privés inclura notamment des règles de durée, mais jamais « ne leur donnera (...) pour objectif de collecter un nombre minimum de messages d'infraction ». Selon l’Intérieur, « en aucun cas les entreprises ne connaîtront le nombre d'infractions relevées par leurs voitures radars. Leur rémunération sera donc totalement indépendante de cet élément ».

Un flash infrarouge

Quatre caméras équiperont ces voitures, « deux à l'avant et deux autres sur la plage arrière », ajoute la Sécurité routière. Pour l’instant d’une taille jugée un peu trop imposante, les caméras « seront par la suite miniaturisées pour une meilleure banalisation de la voiture ». Personne, pas même le prestataire privé, ne sera alerté du flash : « l'ordinateur de bord n'émet pas de signal tandis que le flash infrarouge ne se voit pas à l'œil nu ».

Seulement, la mesure ne laisse pas insensible une association d’automobilistes qui estime que le but de cette privatisation est que « les véhicules tournent le plus de temps possible, afin de verbaliser un maximum d'usagers ! ».


chargement
Chargement des commentaires...