En difficulté, Toshiba veut vendre une partie de sa branche dédiée aux puces NAND

La fin justifie les moyens 18
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Crédits : Ridofranz/iStock
Société
Kevin Hottot

En pleine tourmente, Toshiba vient d'annoncer vouloir faire de sa branche dédiée à la production de mémoire NAND et de SSD une entreprise indépendante. Une manœuvre qui permettrait au géant nippon de faire entrer de l'argent frais en cédant une partie de cette activité.

Les temps sont très durs pour Toshiba. Le géant japonais avait déjà été affaibli par la révélation d'un important scandale comptable en juillet 2015. Trois des PDG du conglomérat avaient falsifié les comptes de l'entreprise entre 2008 et 2014 pour y faire apparaître un total de 1,1 milliard de dollars de bénéfices fictifs. Une faute grave qui a conduit à leur démission ainsi qu'à de très nombreuses suppressions de postes. D'abord 6 800 en décembre 2015, puis 14 000 de plus quelques mois plus tard.

Des milliards évaporés dans des réacteurs nucléaires, du cash grâce aux puces de NAND ?

Les soucis de Toshiba ne s'arrêtent pas là. Fin décembre, la société annonçait que le rachat finalisé début 2016 de CB&I Stone & Webster, une entreprise spécialisée dans la construction de centrales nucléaires, ne s'était pas franchement passé comme prévu. En cause, les chantiers de construction de quatre réacteurs nucléaires aux États-Unis qui ont pris beaucoup de retard et Toshiba pourrait avoir à payer plus de 2 milliards de dollars de pénalités. Des coûts importants qui pourraient s'accompagner d'une sévère dépréciation de ses actifs, que Toshiba estime pour l'instant à « plusieurs milliards de dollars ».

Pour traverser ces nouveaux obstacles, le groupe est en quête de liquidités. L'entreprise ayant perdu 46 % de sa capitalisation boursière en l'espace de quelques semaines, le timing n'est pas franchement opportun pour une augmentation de capital. Le conglomérat a toutefois une autre idée en tête : séparer sa branche dédiée à la fabrication de puces NAND dans une filiale indépendante.

Plusieurs acheteurs potentiels

Ainsi, Toshiba pourrait faire entrer des tiers au capital de cette branche, particulièrement rentable (6,9 milliards d'euros de revenus pour 900 millions d'euros de bénéfice opérationnel) et récupérer une coquette somme au passage. Il reste encore à trouver un repreneur, mais pour cela le géant japonais n'aura probablement pas besoin de chercher très loin.

Selon d'insistantes rumeurs de marché, le fabricant de disques durs Western Digital serait déjà sur les rangs. L'entreprise américaine y verrait un bon moyen de renforcer sa position sur le marché des SSD et de s'assurer de bonnes relations avec l'un des principaux fournisseurs de puces NAND sur le marché. Seagate jusqu'ici quasi absent de ce marché pourrait également tenter de raccrocher les wagons, mais ne s'est toujours pas manifesté. Le coréen Hynix suivrait également cette piste de très près, estime Business Korea


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