Au FIC 2017, deux pistes esquissées pour répondre à la question du chiffrement

Sans se tromper de cibles 43
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Crédits : Marc Rees (licence CC-BY-SA 3.0)
Loi
Marc Rees

« Le débat sur le chiffrement permet de faire de la pédagogie, expliquer ce que c’est ». Au FIC 2017, Guillaume Poupard a tenté de positiver le marronnier de sa remise en cause. Surtout, deux pistes ont été ébauchées pour contourner cette difficulté.

Quelques heures plus tôt, Bruno Le Roux avait estimé en séance plénière que le thème du chiffrement ouvrait « un enjeu essentiel dans la lutte contre la menace terroriste ». Le ministre de l'Intérieur temporisait cependant l’analyse : le chiffrement est aussi utile pour la vie privée et la sécurité. Une initiative est toutefois menée avec l’Allemagne pour porter cette question aux oreilles des autres États membres.

Pas question d'une remise en cause

« Le débat a bien muri, considère de son côté Guillaume Poupard. J’entends des choses plus raisonnables que les ballons d’essais qui ont pu être lancé dans le passé ». Le numéro un de l’ANSSI admet avoir mené une phase d’éclaircissements : « L’affaiblissement du chiffrement, les portes dérobées, etc. cela ne marche pas. Ce n’est pas une analyse politique, c’est technique. En France, la cryptographie est libre, s’applique pleinement, sans remise en question ».

Toutefois, une problématique s’ouvre aux pouvoirs publics : « comment fait-on, malgré le chiffrement, pour accéder à l’information ? ». Une vraie difficulté puisque « l’Etat ne peut admettre que la sécurité des citoyens soit remise en question, ou qu’on ne peut rien faire ». L’essentiel est donc de contourner un paradoxe apparent : ne pas prendre de décisions qui viendraient embêter tout le monde... sauf les cibles principales.

Deux pistes cependant

Pour cela, le patron de l’ANSSI a esquissé deux pistes actuellement dans les tuyaux : réduire l’écart des obligations entre les opérateurs télécoms traditionnels, et tous les nouveaux services en ligne. « On pourrait, sur ce point, avoir une démarche européenne », sans doute pour contraindre ces nouveaux-nés à des obligations de collaboration à l'image des premiers. Cependant, et sans doute parce que le chiffrement ne concerne pas ces seuls intermédiaires, l’autre idée serait de faire évoluer les techniques d’enquêtes. Lesquelles ont pourtant déjà été mises à jour au fil des lois sécuritaires récentes.

Si les détails n’ont pas été plus en avant, Guillaume Poupard compte « réexpliquer que ce n’est pas parce que le chiffrement peut poser problème qu’il faut l’interdire. L’ANSSI fait tout ce qu’elle peut pour faire de la pédagogie et se faire inviter aux réunions interministérielles. »


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