La Chine se lance dans un ménage des services VPN non-autorisés

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Crédits : Hung_Chung_Chih/iStock/Thinkstock
Securité
Guénaël Pépin

Le ministère de l'Industrie et des communications chinois s'attaque aux services VPN qu'il n'a pas autorisés. Cette décision pourrait s'appliquer en priorité aux acteurs étrangers, via des méthodes qu'il semble encore difficile de connaître.

La Grande Muraille de l'Internet chinois est en cours de rénovation. En pleine vague de censure d'outils de communication dans plusieurs pays, le ministère de l'Industrie et des communications annonce un « ménage » des réseaux privés virtuels (VPN), couramment utilisés pour contourner la censure de nombreux sites. L'opération, qui a commencé, doit se terminer au 31 mars 2018.

La mesure concerne notamment les sites étrangers, dont des réseaux sociaux, qui ne respectent pas les mêmes règles que les acteurs locaux, comme WeChat et Weibo. Ce serait le cas de plus d'une centaine de sites parmi les plus visités dans le monde.

Les VPN déjà sous un contrôle important

Dans les faits, les réseaux privés virtuels qui n'obtiennent pas une autorisation gouvernementale explicite ne pourront plus être utilisés. Ce comportement est loin d'être nouveau. En 2012, le gouvernement avait déjà pris des mesures contre les VPN, dont les étrangers. Un opérateur prévenait même des entreprises qu'il couperait les connexions utilisant des outils non-autorisés, alors que certains outils étaient rendus inutilisables. En mars dernier, des services étaient utilisables pendant plusieurs jours, au moment du congrès du Parti.

« Le marché des connexions Internet [...] présente des signes de développement désordonné, qui demandent une régulation et une gouvernance urgentes » affirme le ministère dans son annonce. Contactés par le South China Morning Post, deux gestionnaires de VPN (ExpressVPN et VyprVPN) disent être au courant du problème. VyprVPN travaillerait à une solution.

Des méthodes de blocage vagues

Les méthodes utilisées dans ce ménage ne sont pas définies. Pour le Washington Post, il s'agit d'un oubli volontaire, la rédaction du communiqué étant assez vague pour laisser le champ technique libre. Il peut tout de même être noté que l'annonce est destinée aux administrations, collectivités et opérateurs nationaux, ces derniers ayant déjà redoublé de zèle pour appliquer les vagues précédentes de blocage.

Le journal économique américain estime, par ailleurs, qu'il s'agit d'une opération destinée à lutter contre l'usage domestique des VPN, plutôt que celui des multinationales implantées dans le pays. Ces dernières ne sont pourtant pas hors de danger, loin de là. Comme l'expliquait en 2012 l'opérateur BT, qui sert surtout des clients professionnels, la situation était déjà difficile à l'époque pour les acteurs étrangers, confrontés au contrôle strict des autorités sur leur activité.


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