Coupée par AT&T aux États-Unis, la 2G a encore de l'avenir en France

Déso mais pas 2G 68
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Crédits : Manuel-F-O/iStock/Thinkstock
Téléphonie
Guénaël Pépin

L'opérateur américain AT&T a éteint son réseau 2G début janvier, expliquant vouloir libérer des fréquences pour la 4G et la 5G. La situation est bien différente en France, où le nombre de terminaux 2G est encore grand, avec des fréquences déjà envisagées aux prochaines technologies.

La 2G n'est plus qu'un souvenir pour les clients du premier opérateur américain, AT&T. Il y a trois jours, la société a annoncé avoir coupé son réseau depuis le 1er janvier. Cette extinction est préparée depuis 2012 et les clients disposant uniquement d'un téléphone 2G ont été accompagnés dans la transition vers un smartphone 3G ou 4G, annonce l'entreprise. L'annonce a quelque chose de symbolique, dix ans après l'annonce du premier iPhone, désormais inutilisable chez l'opérateur.

Pour le groupe télécom, il s'agit de « libérer des fréquences pour des technologies plus récentes » et donc d'encaisser l'augmentation constante de la consommation de données. Dans les prochains mois, ses fréquences utilisées pour la 2G doivent être réattribuées au LTE, en attendant l'arrivée de la 5G dans quelques années (sûrement vers 2020). Le réseau 3G et 4G d'AT&T couvrirait 99 % de la population, affirme l'opérateur.

La 2G ne semble pas prête de disparaitre en France

En France, la 2G semble encore avoir de beaux jours devant elle. Nous avons contacté les trois opérateurs disposant de licences 2G : Bouygues Telecom, Orange et SFR. Pour le moment, seul Bouygues Telecom nous a répondu, indiquant simplement que « nous n’avons pas prévu aujourd’hui d’éteindre la 2G », en raison des clients disposant toujours d'un terminal 2G et des clients M2M (communications entre machines) avec modems 2G.

De son côté, Orange voit son contrat d'itinérance 2G/3G avec Free Mobile s'éteindre entre 2020 et 2022. En 2013, l'Autorité de la concurrence estimait que si l'itinérance 2G devait perdurer au-delà de 2016, elle devrait être réservée aux seuls terminaux exclusivement 2G. Il ne semble donc pas question de couper le service avant quelques années.

Des fréquences déjà prévues pour les prochains réseaux

Au troisième trimestre, 72 % des cartes SIM en France étaient actives en 3G et 40 % en 4G. La marge pour voir disparaitre la 2G est encore grande. Rappelons également que les déploiements 2G se poursuivent, notamment en zone blanche afin de pouvoir au moins envoyer/recevoir des appels ou de SMS, où le gouvernement avait promis 100 % de centres-bourgs couverts à la fin 2016. Une promesse non tenue, à cause de problèmes de construction de pylônes.

Dans l'Hexagone, les fréquences ne sont pas non plus un grand problème. La réattribution des fréquences 2G pour la 4G (et éventuellement la 5G) est déjà une réalité tangible, avec le refarming de la bande 1 800 MHz pour Bouygues Telecom, Orange et SFR, qui proposent de la 4G+ sur trois bandes par ce biais. Au niveau européen, la 5G aura sûrement déjà des fréquences prêtes à l'emploi à son arrivée dans quelques années, la Commission européenne poussant vers une harmonisation des 700 MHz dans tous les États membres... Un mouvement déjà anticipé par la France.


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