Obama commue la peine du soldat Manning, qui sortira de prison en mai

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Crédits : Chip Somodevilla/Getty Images News/Thinkstock
Justice

À quelques jours de la fin de son mandat, Barack Obama a décidé, mardi 17 janvier, de commuer la peine du soldat Manning – qui fut condamnée en 2013 à 35 ans de prison pour avoir été la source de WikiLeaks. L’intéressée devrait être libre d'ici quatre mois.

La Maison Blanche a créé la surprise en annonçant hier après-midi que le président américain accordait une « seconde chance » à 273 détenus, parmi lesquels Chelsea Manning, aujourd’hui âgée de 29 ans. Un peu à la manière d’une grâce partielle, sa peine a ainsi été considérablement réduite par le chef de l’exécutif.

Celui qui fut condamné par un tribunal militaire (alors qu’il s’appelait encore Bradley Manning) pour différentes infractions relatives à l'espionnage militaire et au vol de documents – notamment pour avoir dérobé puis transmis à WikiLeaks plusieurs centaines de milliers de documents classifiés – sortira de prison le 17 mai prochain. Et non pas en 2045.

Dans un communiqué, le président américain explique que toutes les personnes ayant bénéficié de sa clémence « ont appris que [les États-Unis sont] une nation qui pardonne, où un travail acharné et des efforts en vue d’une réinsertion peuvent mener à une seconde chance et où les erreurs passées ne privent pas une personne de la possibilité d'aller de l'avant ».

Le président Obama crée la surprise et redore son blason

Barack Obama, qui s’était attiré beaucoup de critiques pour sa gestion des dossiers relatifs à la surveillance de masse et à la protection des lanceurs d’alertes, se voit félicité de nombreux côtés. L’Electronic Frontier Fondation (EFF) a notamment applaudi cette décision, tout en soulignant qu’elle devrait pousser le Congrès à revoir notamment la législation applicable à l’espionnage.

Si Edward Snowden a directement remercié le président américain, d'autres, comme Julian Assange ou Amnesty International, ont préféré saluer les personnes ayant milité ces dernières années pour une libération anticipée de Chelsea Manning.

Beaucoup de regards sont désormais tournés vers Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks. L’intéressé a promis il y a quelques jours que si Barack Obama accordait sa clémence à Chelsea Manning, il « acceptera[it] d’être extradé vers les États-Unis malgré le caractère clairement anticonstitutionnel du dossier monté par le département de la justice ». Jusqu’ici, l’Australien restait réfugié dans l’ambassade d’Équateur à Londres, par peur d’une extradition sur le sol américain, potentiellement synonyme selon lui d’une condamnation à la peine capitale.

Publiée le 18/01/2017 à 09:30
Xavier Berne

Journaliste, spécialisé dans les thématiques juridiques et politiques.

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