Articles « bidon » :  Facebook va bientôt porter la lutte en Allemagne

Comment dit-on fake news en allemand ? 19
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Reseaux Sociaux
Guénaël Pépin

Après les Etats-Unis, Facebook annonce qu'il déploiera dans les prochaines semaines son dispositif de lutte contre les articles trompeurs en Allemagne. Une première incursion en Europe, qui suit de quelques jours une série de mesures pour séduire les médias.

Il y a quelques jours, Facebook dévoilait son Journalism Project, un large dispositif censé rapprocher le réseau social des médias, en leur fournissant plus d'outils, de canaux de contact et de supports de formation. Le but : séduire ces acteurs, qui se sont montrés très critiques de l'entreprise depuis la dernière élection présidentielle américaine... Lors de laquelle la multiplication des articles « bidon » sur le réseau social aurait joué un rôle important (voir notre analyse).

Si Facebook a d'abord nié toute influence de ces contenus sur l'issue de l'élection, la plateforme a rapidement changé de position, mettant désormais en avant sa lutte contre les articles trompeurs. Dans un communiqué publié hier, le réseau social annonce le déploiement en Allemagne de ses outils pour combattre ces fake news, d'abord prévus aux États-Unis, dans les prochaines semaines.

Une recrudescence de contenus trompeurs

Comme expliqué il y a un mois, les internautes pourront signaler des contenus qui leur semblent litigieux, qui seront ensuite vérifiés par des journalistes issus « de médias indépendants », se conformant aux règles de l'institut Poynter. Les articles seront aussi détectés automatiquement et soumis aux journalistes. Une fois un article déclaré tendancieux, un avertissement s'affichera autour de lui dans le fil d'actualité (où il sera affiché plus bas) et des alertes apparaitront au moment de le partager.

Dans son communiqué, le réseau social évoque une recrudescence de ces articles au contenu trompeur. Il n'indique par contre pas avec quels médias allemands elle collaborera dans un premier temps. Cela même si elle affirme vouloir étendre le nombre de partenaires à l'avenir.

Décourager financièrement les faux articles

Au-delà de cela, Facebook affirme clairement sa volonté de décourager financièrement la production de ces contenus viraux trompeurs. Pour nombre de médias et certains spécialistes, à l'image du sociologue Antonio Casilli, le modèle publicitaire de Facebook est l'une des causes majeures de la multiplication de ces articles, destinés à amasser les clics et les revenus fournis par les annonceurs. Le réseau social et Google ont d'ailleurs annoncé, dès novembre, interdire la publicité pour ce type de contenus.

Facebook indique que le pilote a pu être étendu à l'Allemagne car ses partenaires y sont prêts, alors que la prochaine élection présidentielle a lieu en fin d'année. Au Financial Times, la plateforme déclare que la solution devrait être déployée dans d'autres pays, même si elle ne sait pas encore lesquels. L'entreprise n'a pas encore fourni de plan précis pour la France.


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