En perte de vitesse sur le marché des drones, Parrot envisage de supprimer 290 postes

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Société
Kevin Hottot

Le millésime 2016 n'aura pas été un grand cru pour Parrot, le spécialiste français des drones. Ses appareils volants ont eu un peu plus de mal que prévu à trouver preneur lors du quatrième trimestre. En conséquence, la société amorce un plan social concernant 290 postes.

Parrot a publié hier soir un communiqué présentant les résultats préliminaires de l'entreprise sur le quatrième trimestre de 2016. Malheureusement pour elle, la société est tombée loin de ses objectifs initiaux. Elle espérait enregistrer un chiffre d'affaires d'environ 100 millions d'euros, mais le score devrait se situer autour des 85 millions d'euros selon ses dernières estimations, qui n'ont pas encore été auditées. 

Des drones plus assez rentables

L'entreprise a détaillé les raisons de cette contre-performance. Si ses activités dans l'automobile ont répondu aux attentes, avec 23 millions d'euros de chiffre d'affaires, le problème se situe du côté des drones, où les revenus ont difficilement atteint la barre des 60 millions d'euros, dont 11 millions du côté des modèles professionnels. 

Parrot explique que « la dynamique commerciale du quatrième trimestre dans les drones grand public n’a pu être atteinte qu’au prix de marges insuffisantes pour assurer une croissance rentable de cette activité à moyen et long terme ». En d'autres termes, l'entreprise a dû casser ses marges côté grand public pour se faire une place sous les sapins lors des fêtes, face à une concurrence plus intense que prévu. 

Selon la société, cette évolution du marché des drones grand public nécessite qu'elle adapte son organisation, et ce le plus rapidement possible afin de moduler son offre « dans un contexte de réduction des coûts ».

290 postes sur la sellette

Un plan d'action a été dessiné par l'entreprise. Elle envisage donc de concentrer sa gamme destinée aux particuliers sur un nombre plus réduit de produits « avec la volonté d’accomplir un bond technologique significatif ». Du côté des modèles ciblant les entreprises, aucun changement ne semble poindre à l'horizon. En ce qui concerne les fonctions commerciales et le support, il est question pour l'une de se « recentrer sur les canaux de distribution les plus rentables », et pour l'autre d'ajustements en fonction de l'activité.

En termes plus simples, Parrot envisage de lancer un plan social visant à réduire les effectifs de sa division Drones en supprimant 290 postes sur un total de 840. La moitié des emplois concernés se trouvent sur le territoire Français, mais des reclassements sont également au menu et pourraient limiter les dégâts. 

Pour Parrot, ce plan se traduit également par une charge exceptionnelle de 45 millions d'euros, dont 20 millions d'euros de dépréciations d'actifs, qui viendront grever le bilan 2016, présenté au début du mois de mars. En bourse, cette annonce a causé un recul de plus de 17 % du cours de l'action Parrot au moment où nous rédigeons cette actualité. L'entreprise est désormais valorisée à environ 273 millions d'euros, soit 62 % de moins que début 2016.

Des projets et une trésorerie qui reste saine

Si le tableau dressé aujourd'hui ne semble pas fameux, Parrot dispose toujours d'une trésorerie importante (à son échelle) avec environ 200 millions d'euros dans ses caisses à fin décembre. Celle-ci devrait bientôt augmenter grâce aux futurs investissements de Faurecia. L'équipementier automobile est en effet pressenti pour participer à la prochaine augmentation de capital de Parrot.

Faurecia entend en effet investir dans l'activité automobile du groupe et des négociations allant dans ce sens ont été annoncées au début du mois de décembre. Si elles aboutissent, Parrot pourrait profiter d'importants investissements pour faire croître ses activités dans ce domaine, et prendre le relais des drones.


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