Le gouvernement ne veut pas d’objets connectés sur les fusils de chasse

Même pour la galinette cendrée 132
En bref
image dediée
Crédits : Daniel Froese/iStock
Loi
Xavier Berne

Pour le gouvernement, pas question d’autoriser le moindre objet connecté permettant aux chasseurs de se filmer ou de prendre une photo à partir de leur fusil de chasse – n’en déplaise au député Fasquelle (LR), qui espérait visiblement une légère inflexion de la part de l’exécutif.

En vertu d’un arrêté en date du 21 mai 2015, les chasseurs ont l’interdiction formelle d’adosser à leurs armes à feu (ou leurs arcs) des « appareils disposant de fonctions de capture photographiques ou vidéos ». Alors que les joujoux connectés en tout genre ont le vent en poupe, le député Daniel Fasquelle avait transmis l’été dernier une question écrite au gouvernement, afin de savoir dans quelle mesure pourrait néanmoins être autorisé « un objet connecté fixé sur l'arme à feu qui ne se mettrait en fonction automatiquement qu'au seul coup de feu ».

L’idée ? « Améliorer les performances des chasseurs en mettant à leur disposition sur le téléphone mobile une photo au centre de laquelle apparaîtrait une mire ».

Une « mode » potentiellement dangereuse

La ministre de l’Environnement n’entend toutefois pas céder à ce qu’elle qualifie de « mode ». Dans sa réponse, parue au Journal officiel en début de semaine, Ségolène Royal soutient que « l'efficacité au tir du chasseur passe d'abord par la connaissance de son arme de chasse et de la balistique des munitions utilisées, le réglage correct des systèmes de visée (optiques ou mécaniques) qui sont fixés sur l'arme à cette fin, et un entrainement au tir suffisant ».

L’intéressée rappelle que l’interdiction qui prévaut depuis 2015 était « défendue par la Fédération nationale des chasseurs (FNC) et l'Association nationale des chasseurs de grands gibiers (ANCGG) depuis plusieurs années ». Et pour cause : l’utilisation de caméras de type GoPro « devenait particulièrement problématique lorsque le tireur, arme en main et prêt au tir, se concentrait plus sur sa prise de vue (...) que sur son environnement réel, négligeant de fait la précision de sa visée lors du tir, voire la sécurité des autres chasseurs ou usagers de la nature, ou bien pointait son arme autour de lui pour filmer son environnement ».

La ministre balaie ainsi la proposition du député Fasquelle, affirmant qu’il ne serait « pas cohérent d'envisager l'autorisation de fixer sur l'arme de chasse un objet connecté ». En revanche, « l'utilisation de ces matériels, dès lors qu'ils sont fixés par exemple sur un casque ou un baudrier et non plus sur l'arme, reste pour autant autorisée en action de chasse », concède Ségolène Royal.


chargement
Chargement des commentaires...