Voitures connectées : Microsoft se veut un partenaire, non un concurrent

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Vincent Hermann

CES oblige, Microsoft a précisé ses plans pour les véhicules connectés. Comme expliqué dans un nouveau billet de blog, il n’est pas question pour l’éditeur de fournir Windows dans les voitures. À la place, il souhaite proposer tout un ensemble de services, exploitables par les constructeurs.

Il y a un an, lors du précédent CES, Microsoft avait dévoilé sa vision Connected Car. Déjà à l’époque, l’éditeur semblait plus enclin à pousser ses services qu’à travailler sur un système d’exploitation spécifique pour l’embarqué. Pourtant, une telle édition n’aurait rien eu d’impossible, Windows 10 étant déjà décliné pour de multiples plateformes.

Connected Car devient Connected Vehicle

Cette année, la société précise sa vision. Plus question de parler de Connected Car mais de Connected Vehicle, sans doute pour bien signifier que s’en tenir à la simple voiture aurait été réducteur. Dans un billet de blog, la responsable Peggy Johnson explique très clairement de quoi il s’agit : « Ce n’est pas un système d’exploitation pour la voiture ou un produit fini. C’est une plateforme agile et vivante qui débute avec le cloud comme fondation ».

Toujours selon la responsable, Microsoft veut s’attaquer principalement à cinq scénarios centraux : la maintenance prédictive, la productivité à l’intérieur de l’habitacle, la navigation avancée, l’intégration des remarques de la clientèle et la construction de capacité de conduite autonome. Les mots sont lâchés.

Renault-Nissan, BMW et Volvo déjà partenaires

Puisque Microsoft était présent sur le salon du CES à Las Vegas, plusieurs constructeurs étaient là pour épauler son annonce. L’Alliance Renault-Nissan par exemple a indiqué que sa prochaine génération de véhicules connectés utiliserait un certain nombre de services cloud du géant : la navigation, la maintenance et le monitorage distant.

BMW était là également avec une annonce similaire. Plusieurs voitures à venir de la série BMS seront connectées aux services de Microsoft. Le constructeur allemand n’a pas donné beaucoup de précisions à ce sujet, mais Cortana pourrait en faire partie, BMW ayant évoqué l’utilisation de capacités « contrôlées à la voix » que l’on trouve déjà dans les PC et smartphones. Volvo, un peu avec le CES, avait indiqué pour sa part que Skype for Business trouverait son chemin dans certains modèles 90 Series. La piste Cortana est également explorée à plus longue échéance.

Microsoft ne considère plus la voiture aujourd’hui comme un simple véhicule pour transporter une personne entre deux points : « C’est un hub d’activité pour la vie quotidienne » indique l’éditeur. Il estime que les gens cherchent à avoir de vraies « expériences connectées » afin qu’ils puissent faire plus de choses, économiser du temps et se rendre la vie plus facile. Cortana pourrait jouer un grand rôle dans cette optique, en permettant au conducteur de déclencher des actions, d’enregistrer des rendez-vous et de prendre des notes sans jamais lâcher le volant.

Toujours plus de services

L’orientation prise est d'ailleurs intéressante, l’éditeur s’introduisant par la petite porte dans le grand marché automobile. À y regarder de plus près pourtant, il s’agit d’une nouvelle application de sa stratégie globale : des services exploitables un peu partout. L’éditeur, surtout depuis l’arrivée de Satya Nadella comme PDG, affiche continuellement une volonté farouche d’être disponible partout.

Le fait de repousser un système d’exploitation pour les véhicules et de se concentrer sur les services n’est guère différent de la situation sur les smartphones. Les Windows Phone ne représentent plus qu’une part infinitésimale dans le paysage mobile, mais de nombreux terminaux Android sont fournis avec Office, Skype, OneDrive ou encore OneNote.

L’éditeur résume en fait cette pensée par quelques mots : « un partenaire plutôt qu’un concurrent ». L’entreprise veut accompagner les constructeurs et s’insérer aussi doucement que possible dans les véhicules. Dans un domaine où Apple et Google attaquent maintenant depuis quelques années, ce pourrait bien être la seule carte vraiment viable.

Enfin, Microsoft ne met pas en avant n’importe quels produits. Ses services sont basés sur Azure, dont le chiffre d’affaires trimestriel ne cesse de grimper rapidement. L’éditeur a d’ailleurs tôt fait de rappeler que 85 % des entreprises du Fortune 500 s’appuient sur ses solutions cloud. La firme veut se poser en référence dans ce domaine, la voiture n’étant alors plus qu’une nouvelle manière d’exploiter des services existants.


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