Internet Explorer a perdu plus de la moitié de ses utilisateurs en un an

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Crédits : MrIncredible/iSotck Editorial/Thinkstock
Navigateurs
Vincent Hermann

La part de marché restante d’Internet Explorer s’effondre rapidement. Une érosion si rapide qu’Edge est bien incapable de prendre la relève. Actuellement, le grand gagnant reste Chrome, qui a déjà dépassé les 50 % de part de marché depuis un moment.

Internet Explorer est considéré par certains comme une relique du passé. Assis à l’époque sur le coussin confortable d’une version 6 écrasante au début des années 2000 (elle était livrée avec Windows XP), Microsoft s’est trop longtemps reposé sur ses lauriers. Après une longue stase, le projet Phoenix était apparu sur les cendres de Netscape, aboutissant à l’éclosion de Firefox. Un remue-ménage qui a prouvé à beaucoup que l’emprise de Microsoft était loin d’être complète.

Des lauriers bien lourds

De nombreux développeurs web attendaient avec impatience que les normes évoluent, et tout simplement qu’elles soient prises en compte, sans apprendre à contourner les limitations habituelles. Depuis, évidemment, la situation a beaucoup changé, le HTML5 étant notamment passé par là. Même si Internet Explorer a beaucoup évolué, à compter de la version 9 en 2011, le retard était trop important. Surtout, l’image d’un produit du passé lui collait aux baskets.

À tel point d’ailleurs que Microsoft l’a tout simplement abandonné. Internet Explorer 11 était encore présent dans Windows 8 et 10, mais l’accent a été mis sur Edge. Des bases nouvelles, et un moteur de rendu qui était celui d’IE11, mais débarrassé des vieux pans de code. Aujourd’hui, le navigateur a beau avoir des qualités, Microsoft a été lent à lui ajouter des fonctionnalités cruciales pour combattre un Chrome omniprésent et un Firefox toujours bien là... Expliquant en partie la situation présente.

La part d'Internet Explorer amputée de moitié

L’année 2016 aura été cataclysmique pour Internet Explorer. Selon NetMarketShare, la part de marché du navigateur (toutes versions confondues) étaient de 46,32 % en décembre 2015. Un an plus tard, cette part s’est effondrée à 20,84 %. Soit une chute d’environ 55 %, que la lente grimpée d’Edge est bien incapable de compenser.

Edge, sur la même période, a vu sa part augmenter de 2,79 à 5,33 %, soit pratiquement le double. Mais c’est largement insuffisant pour récolter les utilisateurs partis d’Internet Explorer, même si une partie a dû se laisser tenter. Microsoft ne doit guère apprécier la situation, car si la part de marché de Windows 10 augmente (plus de la moitié des joueurs Steam l’ont par exemple), Edge n’en tire pas autant partie qu’il le devrait.

Comment expliquer une telle dégringolade ? Sans doute par une combinaison de facteurs. Depuis la fin du support technique de Windows XP, de nombreuses entreprises ont lancé des plans de migration vers des systèmes plus récents, Windows 7, 8. et 10. Cette évolution ne s’est pas forcément accompagnée d’une fidélité au vieux navigateur. Dans tous les cas, passer d’Internet 6 à 10 ou 11 impliquait de sérieux changements pour les intranets et autres sites spécifiques. Beaucoup ont donc tout simplement changé de crèmerie.

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Crédits : NetMarketShare

Chrome, l'actuelle vedette

Actuellement, avec 56,43 % de part de marché, le vainqueur incontesté est Chrome. Un an auparavant, elle n’était « que » de 32,33 %, et Internet Explorer gardait la main. Le navigateur de Google a tout raflé, mais il est délicat de savoir en détail qui s’en sert vraiment. Le support ne fonctionnant que pour la dernière version, bon nombre d’entreprises ne l’envisagent pas. Une situation légèrement différente pour Firefox.

Le navigateur de Mozilla, qui a tant fait évoluer le paysage il y a plusieurs années, a passé une année 2016 bien difficile. Entre les mois de décembre 2015 et 2016, sa part est passée de 12,13 à 12,22 %. Une stabilité qui cache en réalité plusieurs mois de chute consécutive, jusqu’à tomber à 7,69 %. Depuis septembre par contre, la courbe remonte sans cesse. On peut penser qu’une partie du grand public y est venue, ainsi qu’un certain nombre d’entreprises attirées par la branche ESR et son support allongé.

Globalement, tous les autres navigateurs restent stables, avec Opera à 1,33 % et Safari à 3,47 %.

Notez que StatCounter, qui suit également l'utilisation des navigateurs, enregistre globalement les mêmes évolutions sur un an. Les chiffres ne sont cependant pas identiques, en raisons de méthodes différentes de calculs. Chrome y trône par exemple à 58,48 %, laissant Firefox à 13,45 %. Internet Explorer ne s'y affiche qu'à 8,92 %, contre 15,19 % un an plus tôt.

Internet Explorer ne peut que disparaître

Dans tous les cas, Internet Explorer va continuer à chuter, même si la vitesse devrait ralentir. Les dernières poches de « résistance » ne seront pas faciles à éliminer, mais les utilisateurs n’auront de toute façon pas le choix : Internet Explorer 11 est la dernière version, et elle ne reste dans Windows 10 que pour d’éventuelles questions de compatibilité. Edge est à considérer désormais comme le seul dont Microsoft se préoccupe. Encore faut-il que les utilisateurs en fassent autant.


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