La 21st Century Fox veut croquer le britannique Sky pour 14,6 milliards de dollars

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Crédits : Luc Willame/iStock
Société
Kevin Hottot

Déjà omniprésent dans le domaine des médias, le milliardaire Rupert Murdoch vient de franchir un nouveau seuil. La 21st Century Fox qu'il préside, vient d'émettre une offre de rachat à 14,6 milliards de dollars pour le britannique Sky. Un montant trop faible pour certains actionnaires.

Il n'y a pas qu'en France que le secteur des médias fait face à d'importants changements. Si dans l'Hexagone, on retiendra les récents mouvements d'Altice (via SFR) ou de M6 qui cherche à croquer les radios de RTL pour 213 millions d'euros, outre-Atlantique les opérations sont de bien plus grande envergure. En octobre, l'opérateur américain AT&T s'est ainsi lancé dans un rachat à 85,4 milliards de dollars, afin de gober le groupe Time Warner, propriétaire de CNN ou HBO. 

Pour 15 milliards t'as plus rien

Sans atteindre les mêmes sommets, la dernière opération lancée par la 21st Century Fox présidée par Rupert Murdoch (à ne pas confondre avec la 20th Century Fox) a déjà de quoi donner le vertige. L'entreprise possède déjà 31 % du géant paneuropéen Sky et a décidé de croquer les 69 % restants, contre la modique somme de 14,6 milliards de dollars. Un montant qui valorise la société à plus de 23 milliards de dollars. Soit une prime (généreuse) de 40 % par rapport à son dernier cours de bourse connu.

Cette somme pourtant colossale ne semble toutefois pas satisfaire certains des plus gros actionnaires de Sky, qui estiment que l'entreprise ne se vend pas assez cher à son actionnaire de référence. Un sentiment amplifié par le fait que Rupert Murdoch avait déjà tenté, via son conglomérat News Corp, de racheter Sky en 2010-2011. L'affaire avait alors capoté quand un scandale d'écoutes téléphoniques mêlant un des journaux détenus par le magnat (News of the World) a éclaté.

En bourse, l'action Sky a bondi de 18 % à partir du moment où l'entreprise a confirmé l'éventualité d'une offre de la 21st Century Fox, il y a quelques jours. Son cours n'atteint toutefois pas encore le montant proposé (1 075 pence), et stagne autour des 980 pence.

La firme de Rupert Murdoch précise que cette opération sera financée grâce à la souscription de nouveaux emprunts, mais pour l'heure, seul un accord pour un prêt relais a été signé.

Des conditions pour satisfaire les autorités britanniques

Afin de parer à d'éventuelles demandes des autorités britanniques, qu'il s'agisse de concurrence ou tout simplement du gouvernement, la firme de Rupert Murdoch a inclus quelques conditions au contrat. Elle promet par exemple de conserver le siège social de Sky au Royaume-Uni et de maintenir le milliard de livres d'investissements prévus pour sa réhabilitation.

Il est également question de faire en sorte que « le Royaume-Uni reste le centre créatif de la programmation de Sky, et la 21st Century Fox a l'intention de poursuivre ses investissements dans la communauté créative britannique ». On notera enfin que « La 21st Century Fox est fière de la tradition journalistique de Sky News, et qu'elle continuera de diffuser des actualités sous la marque Sky ».

L'entreprise précise enfin qu'elle « confirme avoir garanti qu'au cours et à la suite de l'acquisition, qu'elle a pour intention de sauvegarder les emplois actuels de tous les employés et dirigeants de Sky ». Aucune durée ne vient borner cet accord. De quoi donner des sueurs froides aux dirigeants réfractaires à ce genre de « contrat de confiance ».

Sky, une belle prise pour Murdoch

L'un des attraits de Sky pour la 21st Century Fox tient au fait que le groupe est très diversifié. Non seulement il est un acteur important de la télévision payante au Royaume-Uni et dans plusieurs pays européens (Allemagne, Autriche, Irlande, Italie), mais il réalise aussi une part importante de ses revenus avec des activités dans les télécoms. Sky est en effet opérateur fixe et mobile outre-Manche.

Toutes ces activités lui ont permis de revendiquer 22 millions de clients, plus de 15 milliards de dollars de chiffre d'affaires (en croissance) et un bénéfice net annuel de plus de 830 million de dollars. En combinant les résultats de Sky à ceux de la 21st Century Fox, on apprend que le nouvel ensemble pèsera pour plus de 42,3 milliards de dollars de revenus, et cumulera 5,25 milliards de dollars de bénéfices nets, sur la base de leur dernier exercice bouclé. Ce même avant que la moindre synergie ne soit envisagée.


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