La France et l'Allemagne marquent leur attachement au logiciel libre

Berlin l'enchanteur 81
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le mercredi 14 décembre 2016 à 15:40
Xavier Berne

À l’issue de la seconde « conférence numérique franco-allemande », qui s’est tenue hier à Berlin, la France et l’Allemagne ont tenu à afficher leurs ambitions en matière de nouvelles technologies. Le logiciel libre y est même évoqué.

C’est un document d’un peu plus de cinq pages qui a été présenté hier par les deux capitales (PDF). Les gouvernements de François Hollande et Angela Merkel, qui tentent depuis l’année dernière de parler d’une même voix sur les questions « numériques », détaillent notamment leur stratégie en matière de rapprochement des initiatives « Alliance Industrie du Futur » et « Plateforme Industrie 4.0 », de soutien à l’innovation, de cloud de confiance, d'interopérabilité, etc.

Dans la rubrique « Innovations et nouvelles technologies », Paris et Berlin marquent de manière plus surprenante leur attachement au logiciel libre. Leur déclaration commune reconnaît en ce sens qu’il s’agit d’un « moteur puissant en faveur de l’innovation ». « L'Allemagne et la France veilleront à ce que leurs industries tirent le plus grand bénéfice possible du logiciel libre » est-il également précisé (page 4).

Trop d’écart entre les actes et les discours

Si certains y verront un signe encourageant, d’autres ne manqueront pas d’y voir une forme d’hypocrisie de la part de l’exécutif français. On se souvient en effet que les internautes avaient massivement demandé, lors de la consultation sur l’avant-projet de loi Numérique, à ce que les administrations soient tenues d’utiliser prioritairement des solutions libres. Finalement, le gouvernement et la majorité ont opté pour un simple « encouragement », dénué de toute portée normative...

Pire, ces derniers mois, de nombreuses affaires impliquant Microsoft, le géant américain du logiciel propriétaire, sont venues ternir les promesses de bonnes intentions du gouvernement sur ce dossier : contrat « Open Bar » avec les ministères de la Défense ou de la Santé, partenariat avec le ministère de l’Éducation nationale, etc.

Une simple déclaration de bonnes intentions selon l’April

Pour l’Association de promotion du logiciel libre (April), la pilule est ainsi difficile à avaler. « Cette reconnaissance des qualités intrinsèques du logiciel libre pour l'innovation, de même que la volonté de promouvoir l'interopérabilité, est évidemment à saluer. Mais sans l'engagement d'une véritable politique en faveur du logiciel libre cela ne restera, à l'instar de ce qui est inscrit dans la loi Numérique, qu'une déclaration de bonnes intentions », analyse Étienne Gonnu, porte-parole de l’organisation.

Selon lui, la France et l’Allemagne devraient concrétiser leurs intentions par une « priorité au logiciel libre dans les administrations, un droit d'auteur qui interdit les DRM au lieu de les sacraliser, un rejet sans ambiguïté des brevets logiciels, la condamnation des pratiques de vente forcée, etc. » Sans cela, « et étant donné la dissymétrie des moyens avec les multinationales du logiciel privateur, les TPE/PME du libre ne seront pas en mesure de libérer tout leur potentiel », prévient-il.


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