M6 veut s'offrir les radios françaises de son actionnaire RTL pour 216 millions d'euros

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Crédits : Ximagination/iStock/Thinkstock
Société
Kevin Hottot

M6 se lance dans une nouvelle opération de concentration. Cette fois-ci le groupe français entre en négociations exclusives avec RTL Group, son actionnaire principal, pour le rachat de ses activités radio dans l'hexagone.

Ça bouge encore du côté de chez M6. Après le profond remaniement orchestré au sein de la rédaction de Clubic, et le rachat d'iGraal, le groupe français lorgne du côté de la radio pour compléter ses activités, et se montrer toujours plus gros, voire incontournable, pour les annonceurs désireux de faire parler de leurs produits.

Une transaction un peu consanguine

Pour rappel, le groupe français est détenu à 48 % par RTL Group, lui-même détenu en majorité par l'allemand Bertelsmann. M6 n'a donc pas eu à chercher sa cible très loin et a annoncé être entré en négociations exclusives avec RTL Group pour discuter du rachat de son pôle radio en France. Celui-ci regroupe trois stations : RTL, RTL2 et Fun Radio, ainsi que leurs régies publicitaires et leurs activités web. 

S'il est encore officiellement question de simples négociations, les termes semblent déjà gravés dans le marbre. M6 explique en effet que les membres de son conseil de surveillance ont déjà dépêché des experts pour valider la transaction. Ces derniers ont estimé que « les conditions financières de l'Opération telles que prévues [...] paraissent équitables d'un point de vue financier pour les actionnaires de M6 ». 

Les conditions financières ont d'ailleurs été dévoilées publiquement. M6 va débourser « 216 millions d'euros, hors trésorerie » pour se porter acquéreur de ces activités. Une opération qui sera financée « à 100 % par de l'endettement », le groupe audiovisuel voulant profiter des « conditions de marché favorables ». C'est également un bon moyen pour RTL de faire remonter de l'argent dans ses caisses, sans trop toucher au bilan de sa filiale.

Le groupe M6 restera d'ailleurs peu endetté à l'issue de cette transaction, avec une dette nette qui correspondra à environ une fois son EBITA (Earnings before interests, taxes and amortization).

La radio, une activité toujours rentable

Pour M6, l'opération est d'ailleurs plutôt intéressante. L'entreprise met ici la main sur un pôle capable de générer un chiffre d'affaires notable, (168 millions d'euros en 2015) mais surtout sur un pôle rentable, qui a dégagé un EBITA de 24 millions d'euros la même année. 

De quoi lui permettre d'ajouter une nouvelle corde à son arc, avec la première radio de France, alors que des modèles comme celui de NextRadioTV ont déjà largement montré que des synergies étaient possibles. C'est d'ailleurs déjà en partie le cas puisque Les grosses têtes est déjà diffusé sur l'une des chaînes payantes du groupe, Paris Première.

Mais le groupe présente plutôt cette évolution comme l'opportunité d'un « rapprochement » au niveau des équipes commerciales et du « partage des compétences dans les métiers de supports ». Ainsi, M6 envisage de faire grimper l'EBITA de son futur pôle radio à 40 millions d'euros d'ici 2020. 

De son côté RTL ressort aussi gagnant sur le long terme. Le conglomérat luxembourgeois s'est assuré que l'opération comprenne deux clauses bien précises. La première concerne une « redevance pour l'utilisation de la marque RTL » et la seconde « la refacturation des coûts de diffusion de RTL en ondes longues depuis le Luxembourg ».

Le montant cumulé de ces deux redevances ne pourra excéder 3 % du chiffre d'affaires du pôle, ce qui représente tout de même près de 5 millions d'euros par an, quasi sans risque.


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