Une partie de la Silicon Valley devrait rencontrer Donald Trump dans les prochains jours

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Crédits : ginosphotos/iStock
Solidarité
Guénaël Pépin

Une dizaine de responsables de grands groupes technologiques, dont Larry Page (Google), Sheryl Sandberg (Facebook) ou encore Tim Cook (Apple), auraient accepté une invitation de Donald Trump à une réunion dans deux jours. Cela alors que l'hostilité entre le secteur et le président-élu est encore palpable aujourd'hui.

La passation de pouvoir entre Barack Obama et Donald Trump se rapproche à grands pas. Le futur président des Etats-Unis prépare son gouvernement, et tente déjà de soigner ses relations avec les acteurs du numérique. Selon Recode, l'équipe Trump aurait invité les principaux patrons de la Silicon Valley à le rencontrer mercredi 14 décembre à la Trump Tower.

La Tour de la tentation

L'objectif : se rapprocher de sociétés qu'il a fréquemment critiqué lors de sa campagne. Il avait directement attaqué certaines de ces sociétés pendant sa campagne. Il avait par exemple affirmé qu'il rapatrierait la production des iPhone aux États-Unis, pour la sortir de Chine.

Selon nos confrères, « moins d'une douzaine » de responsables aurait été sélectionnés. Parmi eux, Brian Krzanich d'Intel, Chuck Robbins de Cisco, Ginni Rometty d'IBM, Larry Page de Google, Safra Catz d'Oracle, Satya Nadella de Microsoft, Sheryl Sandberg de Facebook, et Tim Cook d'Apple auraient accepté de venir.

L'invitation de Trump aurait été appuyée par l'investisseur Peter Thiel, considéré comme l'ambassadeur du futur président républicain dans une Silicon Valley qui lui est hostile. Toujours selon Recode, Elon Musk (SpaceX, Telsa) aurait changé d'avis et accepté l'invitation, après l'avoir initialement refusée.

La réponse de Jeff Bezos, qui ferait aussi partie des invités, n'est pas connue. Il reste encore à voir quelle sera la teneur de cette discussion annoncée. Certains invités ont été des soutiens affichés de la candidate démocrate à la présidentielle, Hillary Clinton.

Un rapprochement et des doléances

Malgré la position des patrons de ces sociétés, elles n'en restent pas moins pragmatiques. Une nouvelle administration se forme, il faut s'assurer de bonnes relations avec elle. « Je pense dire au président-élu que nous sommes avec lui et que nous l'aiderons par tous les moyens possibles » affirme Safra Catz, la PDG d'Oracle.

Elle espère ainsi pouvoir revoir le code des impôts, réduire la régulation et signer de meilleurs accords commerciaux. Des points saillants du programme de Trump, qui peuvent convenir aux grands groupes numériques américains. Cette attitude n'est pas unique dans le domaine.

Une semaine à peine après l'élection de Trump, à la mi-novembre, l'Internet Association a présenté une très longue liste de doléances au prochain président (voir notre analyse). Cette association, qui regroupe la plupart des géants du secteur, demandait ainsi de nombreuses garanties (sur la défense du chiffrement, le copyright, la fiscalité, l'ICANN...) et des réformes (sur l'immigration ou les brevets) pour favoriser le secteur.

Il n'est pas encore dit qu'elles seront entendues. Les récentes nominations dans l'administration Trump ne devraient pas rassurer les sociétés numériques américaines. Celles des anciens généraux James « Mad Dog » Mattis (à la tête du Pentagone) et  Michael Flynn (conseiller à la sécurité nationale) ne seraient pas synonymes d'assouplissement des demandes gouvernementales sur la question de sécurité. La mise en place de deux anciens militaires à ces postes-clés serait inédite, et limiterait fortement le contrôle civil sur les pratiques de la Défense et du renseignement américain.


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