Netflix mise sur H.264 AVCHi et VP9 pour améliorer la qualité des vidéos sur mobile

Des différences visibles sur la facture 36
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Crédits : kasinv/iStock
Streaming
Guénaël Pépin

Pour contrôler sa consommation de données, Netflix commence à compresser ses vidéos avec deux nouveaux formats, pour la lecture hors-ligne sur mobile pour l'instant. Par rapport H.264 AVCMain classique, le AVCHi-Mobile et le VP9-Mobile (de Google) proposent des gains de place pour la même qualité perçue.

Certains craignent de recevoir leur facture d'électricité, d'autres celle de transit Internet. Pour s'éviter toute déconvenue, Netflix cherche constamment de nouveaux moyens d'économiser de la bande passante : installer les serveurs chez les opérateurs (via son programme OpenConnect), bloquer la qualité vidéo sur mobile et, bien entendu, réduire le poids des contenus qu'il distribue.

Dans un billet de blog du 1er décembre, l'entreprise détaille la manière dont elle réduit la taille de ces vidéos sur mobile, via l'usage de deux « nouveaux » formats de compression : H.264 AVCHi-Mobile (AVC High Profile) et VP9-Mobile. Le premier est une amélioration face au format H.264 AVCMain, devenu le standard de l'industrie. Le second est conçu par Google et supporté par Android, en concurrence de H.264, sans les royalties de ce dernier. Depuis un mois, la société traite son catalogue avec ces deux formats.

D'abord pour la lecture hors-ligne, puis le streaming sur mobile

Pour justifier ce travail, Netflix rappelle le lancement dans 130 pays (dont certains aux connexions limitées) et l'arrivée toute récente de la lecture de vidéos hors-ligne, une fonction attendue de longue date par ses clients. En mai, la société a aussi supprimé la limite de qualité vidéo à 360p sur mobile, après un scandale aux États-Unis.

Ces deux « encodages mobiles » servent d'abord à la lecture de vidéos hors-ligne sur Android et iOS, avant d'être généralisés au streaming sur mobile. Cela avec des paramètres de compression optimisés face à ceux utilisés avec H2.64 AVCMain. Autre changement : la compression d'une vidéo n'est plus définie en fonction de l'intégralité du contenu, mais par des segments ce qui permet une meilleure granularité.

Des chutes de poids pouvant atteindre près de 36 %

Après un premier mois de travail, quels sont les gains constatés ? Sur un échantillon de 600 films et épisodes de séries populaires avec une source en 1080p, soit environ 85 millions d'images traitées, l'entreprise montre des gains substantiels selon le format utilisé. À qualité vidéo perçue « équivalente », AVCHi-Mobile permet de réduire de 15 % à 19 % la taille de la vidéo, contre près de 36 % pour VP9-Mobile.

La qualité perçue est définie selon deux méthodes : l'une par l'entreprise, l'autre par le Bjontegaard-delta rate (BD-rate), ou PSNR, largement utilisé dans l'industrie. Selon Netflix toujours, ces deux formats permettent donc d'afficher une meilleure qualité vidéo avec un même bitrate, avec des différences de 7 % et 10 % en moyenne.

Dans les faits, les principaux gains de qualité vidéo devraient être perçus sur Android. Le système d'exploitation de Google supporte en effet le codec maison, contrairement à iOS. Sur ce dernier, les gains restent tout de même importants. Sur le fond pourtant, il n'est pas dit que les utilisateurs s'en rendent vraiment compte, au-delà des chiffres. Quand elle a admis bloquer la qualité vidéo à 360p sur la plupart des réseaux mobiles mondiaux, l'entreprise affirmait que très peu d'utilisateurs percevaient la différence sur de si petits écrans.


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