Podcasts : Binge Audio se lance dans le crowdfunding pour financer ses émissions

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Guénaël Pépin

Le réseau de podcasts Binge Audio demande 20 000 euros sur Ulule pour produire de nouvelles émissions, et envisager des formats narratifs et des reportages. L'entreprise, qui veut professionnaliser le podcast en France, compte à la fois sur les internautes, les contenus de marque et des investisseurs plus classiques pour se lancer.

Le podcast en France peine à devenir un secteur professionnel, malgré l'arrivée de nouveaux acteurs sur le créneau. C'est le cas de Binge Audio, un réseau de podcasts cofondé par Joël Ronez, ancien directeur des nouveaux médias chez Radio France, et Gabrielle Boeri-Charles, ex-directrice du Spiil.

Lancé l'an dernier, il vient d'ouvrir une campagne de financement sur Ulule, dans laquelle il demande 20 000 euros aux internautes pour financer ses prochaines émissions. 5 000 euros ont été récoltés pour le moment, en contrepartie de goodies (t-shirts, vinyle ou livre) pour les contributions à partir de 25 euros.

Financer les émissions actuelles et à venir

Lors d'un entretien cet été, l'équipe nous affirmait prévoir cette campagne pour fin septembre, dans le but de financer une série de reportages. Lancée il y a quelques jours, elle propose en fait d'aider à la production des quatre émissions de talk-shows en cours et de développer de nouveaux formats plus narratifs, comme des reportages. Le but : « soutenir l'amorçage, mais aussi communiquer » nous explique maintenant Joël Ronez.

Pour le moment, Binge Audio finance et produit quatre émissions centrées sur la culture populaire, avec 200 épisodes au compteur. L'ensemble totalise plus d'un million d'écoutes depuis les débuts, en 2015. Cela notamment grâce à une diffusion gratuite sur toutes les plateformes à la portée des producteurs. L'équipe annonce avoir des projets de reportages dans les cartons, comme « Superhéros » (sur des parcours de vie) ou « EnJustice » (des récits judiciaires).

100 000 euros attendus pour l'amorçage

« Nous avons, entre la création de la SAS Binge Audio en novembre, deux tours de table de love money, le crowdfunding l'objectif de réunir environ 100 000 euros pour nous permettre de financer le démarrage » détaille encore Joël Ronez, cela avant l'arrivée d'investisseurs classiques. Il faut notamment financer les équipes de production, les intervenants et le matériel.

Le modèle économique prévu par l'entreprise est toujours diversifié. Il s'agit à la fois de publicité sur les émissions, de production de contenus de marques et de co-production (voire de co-diffusion) de programmes pour des tiers et de financement direct par les internautes.

« Aujourd'hui, nous envisageons 4 recettes principales : la billetterie de nos enregistrements en public, l'abonnement à une formule Premium via notre future application, la souscription à des produits dérivés (compilations, livres), et le crowdfunding sur des projets ambitieux, s'adressant à nos communautés » explique l'équipe pour cette dernière partie. L'application en question, qui devrait proposer des contenus taillés pour les « fans » des émissions, est prévue pour le second semestre 2017.

Un investissement qui attend de premiers résultats

L'arrivée d'investisseurs, qui devait initialement intervenir en septembre sur la base du modèle économique prévu, attendra une taille critique, tout comme le financement de certains « projets ambitieux » par les internautes. « Nous escomptons une levée de fonds auprès d'investisseurs dans un second temps, sur la base de nos premiers résultats » nous affirme encore le cofondateur de Binge Audio.

Le soutien des auditeurs est aujourd'hui crucial pour l'entreprise, dans un domaine où la fidélité est l'une des principales clés de réussite. Pourtant, même en étant présents depuis longtemps, les podcasteurs déjà en place peinent à vivre de leurs émissions, et encore plus à embaucher d'autres personnes, comme nous l'expliquait Patrick Beja. Il faudra aussi voir si Binge Audio pourra justifier plusieurs campagnes de financement à l'avenir, ce qui est un pari encore loin d'être gagné.


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