Au rachat de LinkedIn par Microsoft, Bruxelles répond « oui, mais... »

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Crédits : Microsoft
Société
Kevin Hottot

La Commission européenne a rendu son verdict sur l'acquisition du réseau social LinkedIn par Microsoft. L'opération peut avoir lieu, mais le géant du logiciel devra se plier à quelques règles pour ne pas s'attirer l'ire des autorités. 

26,2 milliards de dollars, c'est le montant que Microsoft a mis sur la table en juin dernier pour tenter de s'offrir LinkedIn, un réseau social dédié au milieu professionnel. Une telle opération ne pouvait pas passer inaperçue devant les autorités de la concurrence du monde entier, qui doivent rendre, chacune à leur tour, leur avis sur cette transaction. 

Trois cailloux pour une chaussure

Hier c'était au tour de la Commission européenne de se prononcer à ce sujet. Elle craint notamment que Microsoft puisse « utiliser sa position de force sur le marché des systèmes d'exploitation pour PC, et des logiciels de productivité pour renforcer la position de LinkedIn sur le marché des réseaux sociaux professionnels », ce afin d'augmenter la visibilité de LinkedIn au détriment d'autres réseaux sociaux.

L'autorité a également cherché à déterminer s'il était possible pour Microsoft de se retrouver dans une position telle qu'il lui serait possible d'évincer certains de ses concurrents sur le marché des logiciels de gestion de la relation client. Dans ce secteur, Microsoft ne fait actuellement pas partie des favoris, loin derrière des entreprises comme Salesforce, Oracle ou SAP.

Enfin, la Commission s'est penchée sur le cas des services de publicité en ligne et a estimé qu'il ne devrait pas y avoir de problème en termes de parts de marché, les chevauchements entre Microsoft et LinkedIn sur cette activité étant qualifiés de « mineurs » par Bruxelles. Par contre, la question de la protection de la vie privée est prise très au sérieux par l'autorité, qui fait valoir qu'elle « constituait un paramètre important de la concurrence entre les réseaux sociaux professionnels existant sur le marché, et que l'opération aurait pu y porter atteinte ».

Un feu vert sous conditions

Pour obtenir le feu vert de Bruxelles, Microsoft a proposé une série d'engagements visant à maintenir une concurrence saine. L'éditeur promet ainsi dans un premier temps de « veiller à ce que les fabricants et les distributeurs de PC soient libres de ne pas installer LinkedIn sous Windows et de permettre aux utilisateurs de PC de désinstaller LinkedIn sous Windows si les fabricants et les distributeurs décident de l'installer d'office ».

Microsoft fait également vœu de permettre aux réseaux sociaux professionnels concurrents de « maintenir les niveaux actuels d'interopérabilité avec la gamme de produits de Microsoft Office », notamment en ce qui concerne les compléments et son interface de programmation.

L'éditeur s'engage enfin à accorder à ses concurrents l'accès à son outil Graph. Il est notamment utilisé pour « concevoir des applications et des services qui peuvent, sous réserve de l'accord de l'utilisateur, accéder aux données stockées dans le nuage de Microsoft, telles que contacts, informations relatives au calendrier, courriels, etc. ». Ces engagements, Microsoft devra les tenir pendant une période de cinq ans, après quoi, Bruxelles regardera dans une autre direction.


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