wallabag propose désormais une solution hébergée, à 12 euros par an

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Guénaël Pépin

Le principal développeur logiciel de sauvegarde d'articles wallabag vient de lancer wallabag.it, un service d'hébergement à 12 euros par an. À l'instar d'un Framabag, le nouveau site doit faciliter l'accès à cette alternative open source à Pocket, en plus de contribuer à son développement. Des fonctions spécifiques aux entreprises doivent aussi être ajoutées.

Le logiciel de sauvegarde d'articles wallabag dispose désormais de son propre service payant. Nicolas Lœuillet, à la tête du développement depuis 2013, a lancé wallabag.it, qui propose d'héberger une instance de l'outil pour 12 euros par an. Comme il nous l'affirmait en septembre (voir notre entretien), l'un des principaux freins à l'usage de wallabag est sa difficulté à être installé.

Libre et vie privée comme arguments face à Pocket

Il s'agit d'un problème, surtout quand wallabag tente de se poser en alternative libre à Pocket, reconnu pour sa simplicité d'utilisation. Ce dernier propose lui-même une offre Premium à 39,99 euros par an, qui permet de se passer de la publicité, sauvegarde le contenu des articles et améliore la recherche. Dans le même temps, la société tente de connecter ses utilisateurs entre eux et avec les entreprises, via les données dont elle dispose sur eux.

Une démarche à l'opposé de celle de wallabag.it, qui mise sur la vie privée.  « À la manière de Framasoft, je m’engage à ne pas consulter les données des utilisateurs. Chacun est libre de me croire ou non, bien évidemment » nous affirme Nicolas Lœuillet. Il s'appuie sur des acteurs européens (Web4all pour l'hébergement, Mailjet pour les courriels et PayPlug pour les paiements), même si tout n'est pas encore migré chez eux. Le support est encore chez l'américain Freshdesk et une newsletter fournie via Mailchimp.

À terme, wallabag.it doit permettre à Lœuillet de consacrer plus de temps à son logiciel. Il est ainsi passé à 80 % de temps de travail chez son employeur, et a monté une autoentreprise pour gérer le service. « Le choix du payant est dans ma tête depuis un bout de temps : essayer de vivre un peu de mon projet qui va bientôt avoir quatre ans en avril prochain » nous explique-t-il.

Pour Nicolas Lœuillet, il n'était pas question de facturer le service moins d'un euro par mois ; les ressources techniques lui coûtant quelques centaines d'euros par an, en plus de son temps. Les entreprises doivent contribuer au financement, par exemple un média qui voudrait centraliser via wallabag la veille de ses journalistes.

Des fonctions de base toujours complexes

wallabag.it reprend certaines des qualités de wallabag, dont ses options nombreuses et son interface basée sur le Material Design de Google. Il propose également l'authentification à deux étapes (par email) et l'import des articles sauvegardés dans de nombreux services (dont Instapaper, Pocket et Readability).

Mais il a également les défauts de wallabag, qui peuvent rendre l'usage complexe face aux autres solutions commerciales. L'import est, par exemple, une difficulté. Après la tentative de migration de 150 000 articles par les premiers utilisateurs, l'outil a été désactivé pour la journée. Des soucis avec certains articles compliquaient également l'import hier. La fonction n'est pas, non plus, évidente à utiliser.

Par exemple, l'import des articles depuis Pocket demande de créer une application dans les options pour développeurs du service américain, puis de coller la « Consumer key » dans les options de wallabag, de sauvegarder et enfin de lancer l'import. Une démarche peu évidente, pour laquelle il manque une documentation utilisateur dédiée sur wallabag.it lui-même, comme pour d'autres choses.

Les applications mobiles, conçues par des développeurs tiers, posent aussi leur lot de soucis. Le client Android, par exemple, est incompatible avec l'authentification à deux étapes. Il faut donc choisir entre cette couche de sécurité et l'usage via l'application. Globalement, ces logiciels ne sont pas (encore) aussi pratiques que ceux de Pocket, qui restent des références en termes d'ergonomie sur mobile.

Framabag reste, wallabag.it à 9 euros pour un an jusqu'à mars

S'ils sont des soucis aujourd'hui, ces points pourraient tout de même évoluer à l'avenir. Pour le moment, Nicolas Lœuillet est occupé à concevoir des fonctions demandées par une entreprise cliente. Elles seront reversées au logiciel open source, comme les précédentes. « Des évolutions spécifiques demandées par des entreprises pourraient faire accélérer certains chantiers, comme le partage entre membres d’un groupe, l’authentification LDAP, etc. » complète-t-il.

L'arrivée de wallabag.it ne devrait rien changer à Framabag, qui propose déjà une plateforme d'hébergement d'instances wallabag, sous l'égide de Framasoft. En dehors d'une garantie de qualité de service et le support, la principale différence entre les deux sites est que l'un propose wallabag v2, quand l'autre est pour le moment sur la première branche. Il est maintenu par Thomas Citharel, l'un des deux autres développeurs du « noyau » du projet. 

Les 11 000 comptes ouverts sur Framabag inspirent d'ailleurs Nicolas Lœuillet. « Si je peux arriver à cela dans les prochains mois [avec wallabag.it], ça serait beau !  » nous affirme-t-il encore. Il reste encore du travail, dont la mise en open source de quelques briques conçues spécifiquement pour wallabag.it.

Pour débuter, le service est proposé 9 euros pour un an, au lieu des 12 euros habituels. L'offre se termine le 1er mars. Les entreprises, elles, doivent contacter l'équipe pour obtenir un devis sur mesure et accéder aux fonctions dédiées.


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