Revue de presse : Final Fantasy XV méritait-il dix ans d'attente ?

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Kevin Hottot

Le lancement d'un nouveau volet de la saga Final Fantasy est toujours un évènement, d'autant plus quand l'attente s'est étendue sur dix longues années. Nos confrères ont pu mettre la main sur Final Fantasy XV, et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il fait couler beaucoup d'encre.

Il y a dix ans, le meilleur smartphone sur le marché était signé Nokia et fonctionnait sous Symbian, la PlayStation 2 n'avait pas encore pris sa retraite, la Wii arrivait tout juste sur le marché et Ubisoft n'avait pas encore commencé à essorer Assassin's Creed. Next INpact s'appellait encore PC INpact, une petite partie de l'équipe n'avait pas encore fini ses études et les gens croyaient encore à ce que les éditeurs montrent en vidéo à l'E3. Bref, en dix ans, énormément d'eau a coulé sous les ponts et ça ne nous rajeunit pas.

Dix ans, c'est aussi le temps qui s'est écoulé entre la première annonce de Final Fantasy Versus XIII en mai 2006 (qui changera de nom pour Final Fantasy XV quelques années plus tard) et son lancement mondial, initialement prévu pour aujourd'hui, même si à peu près toutes les boutiques de la planète ont mis en vente leurs copies en avance.

Décadente décennie

Jadis prévu sur PlayStation 3, le dernier bébé de Square Enix débarque finalement sur PlayStation 4 et Xbox One, laissant de côté une génération de console qui aura pourtant vu passer une grande partie de l'arc Fabula Nova Crystallis (Final Fantasy XIII, Type-0, Agito...). Que les fans se rassurent, on y retrouve tout ce qui fait l'essence d'un Final Fantasy : un personnage secondaire nommé Cid, des cristaux, de la magie et des chocobos. 

Final Fantasy XV

On aurait pu imaginer que tout ce temps de développement supplémentaire aurait pu servir à peaufiner le scénario jusqu'au dernier détail, à peupler le monde d'une foule de quêtes annexes distrayantes et intéressantes. Mais de l'avis d'une partie de nos confrères... ce n'est malheureusement pas le cas. 

Nombre d'entre eux pointent en effet une série d'incohérences. « On ne peut rien révéler de précis, sans quoi la police du spoil viendra plastiquer le XIème arrondissement, mais on reste encore sous le choc de tous ces personnages majeurs éjectés sans raison », peut-on par exemple lire chez Gamekult. Chez Gameblog, où la notation est pourtant généreuse, on évoque également ces « arcs de personnages expédiés » et une « narration parfois heurtée ».

Certains passages de l'histoire, pourtant présentés entre 2006 et 2013 lors de divers salons, sont également passés à la trappe, ce qui peut expliquer ce sentiment d'être face à un jeu « raturé, recouvert de Tipp-Ex et recollé avec du Scotch », comme on peut le lire chez Le Monde.

Un délice pour les oreilles, mais pas forcément pour les rétines

S'il est « difficile de faire plus incohérent que le scénario de FFXV, sans parler de la fumeuse motivation du grand méchant » (toujours selon Le Monde), Final Fantasy XV réserve tout de même de bonnes surprises, à commencer par le doublage des voix en français. En plus d'être une première pour la série, il est, de l'avis général, tout simplement réalisé à la perfection. 

La direction artistique est elle aussi une franche réussite. S'il n'y a évidemment rien à redire du côté de la bande-son, qui a toujours été un point fort de la série, sur le plan visuel, les zones urbaines tout comme les coins les plus reculés de la carte parviennent à séduire par leurs décors, plus que soignés. Par contre, les étendues (aussi belles que vides) proposées pendant la première moitié du jeu, laissent rapidement place à des couloirs dirigistes façon Final Fantasy XIII, un point que certains regretteront certainement.

Final Fantasy XV

Par ailleurs, les aspects techniques du jeu ne rendent pas vraiment hommage aux efforts faits sur le plan artistique. Les temps de chargement sont très longs, si bien qu'il n'est parfois pas « rentable » de faire appel au voyage rapide. La gestion de la caméra nécessite quant à elle de longues sessions d'apprentissage pour parvenir à la dompter.

Quant au framerate, même sur PlayStation 4 les 30 images par seconde ne sont pas atteintes en permanence. Les possesseurs de PS4 Pro eux, pourront par contre compter sur un mode « fluidité » qui améliore un peu la situation, quitte à devoir se contenter de 1080p sans upscale. 

Un gameplay en demi-teinte

Manette en main, certains aspects de ce Final Fantasy XV s'avèreront frustrants, notamment si vous comptiez botter le train de vos ennemis a grand renfort de magie. Le système de visée n'est pas simple à prendre en main, si bien qu'on a vite fait d'infliger des dégâts à son équipe plutôt qu'aux monstres d'en face, peut-on ainsi lire chez Gamekult. Néanmoins, le système permettant de créer des sorts à partir d'éléments unitaires ramassés au fil de l'aventure mérite qu'on s'y attarde, ne serait-ce que pour offrir un peu de variété lors des combats. 

Si les invocations sont toujours de la partie, et toujours aussi impressionnantes, vous ne pourrez pas les utiliser comme bon vous semble. Leur arrivée est en effet soumise au remplissage de certaines conditions (environnement, statut des héros etc.), mais qu'on se rassure, « leur arrivée signifiera  la fin immédiate du combat tant leur puissance est phénoménale », souligne Gameblog. 

Enfin, le système de quêtes annexes est quant à lui tout simplement archaïque et nécessite que le joueur fasse d'innombrables aller-retours entre les commanditaires et les objectifs. Un point d'autant plus frustrant que pour certains types de quêtes, notamment celles de chasse, il n'est pas possible d'en garder plusieurs actives en même temps. De là à dire qu'il s'agit d'un subterfuge pour rallonger la durée de la quête principale (de 20 à 60 heures, les avis divergent beaucoup), il n'y a qu'un pas que l'on ne franchira pas. 

« Si tu reviens on pardonne tout »

Faut-il craquer et se ruer dans une boutique pour acheter Final Fantasy XV ? Au bout du compte, tout dépendra de votre historique avec la saga. FF XV n'est pas un mauvais jeu, il est même loin de l'être, ce malgré sa gestation chaotique, dont on retrouve les stigmates un peu partout.

Si vous faites partie de ceux qui ont connus leurs premiers émois vidéoludiques avec cette série, vous parviendrez très certainement à faire abstraction de quelques défauts que vous n'auriez peut-être pas laissé passer dans un autre contexte, surtout après dix ans d'attente. Dans le cas contraire, on ne peut que vous inviter à prendre connaissance des critiques de nos confrères. 

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