SFR condamné à dévoiler aux syndicats les détails de sa future restructuration

Les syndicats ne veulent pas se l'SFR 112
En bref
image dediée
Crédits : DanielVilleneuve/iStock/Thinkstock
Justice
Kevin Hottot

Le tribunal de grande instance de Paris a tranché hier en faveur du comité central d'entreprise (CCE) de SFR dans une affaire portant sur le plan de restructuration « New Deal » mis en place par l'opérateur. La cour a en effet condamné l'opérateur a donner toutes les informations nécessaires aux syndicats, ce à quoi il se refusait jusqu'ici.

En août dernier, SFR annonçait la mise en place d'un nouveau plan de restructuration. Baptisé « New Deal », il ambitionne de réduire les effectifs du groupe à un minimum de 10 000 salariés, soit environ 5 000 de moins qu'aujourd'hui, en passant par plusieurs vagues de départs volontaires. 

Seulement, lors des discussions avec les syndicats (qui ont débuté en août) la marque au carré rouge n'avait pas donné tous les détails de ce plan de restructuration. Il avait notamment omis de préciser quels corps de métiers sont concernés, dans quelles proportions et se refusait à donner le moindre détail. En novembre, le groupe a fini par lâcher quelques chiffres mais il s'agissait « de tendances parcellaires », selon un représentant CFDT interrogé par l'AFP

Un passage au tribunal s'impose

Le comité central d'entreprise du groupe décide entre temps de porter l'affaire devant la justice, afin d'obtenir les données manquantes, que l'opérateur se refusait de communiquer. Le tribunal de grande instance de Paris a donné raison hier aux employés et ordonne à SFR de « communiquer dans les meilleurs délais l'ensemble des informations qualitatives et quantitatives utiles concernant les conséquences » sur l'emploi de son nouveau plan stratégique.

En outre, la consultation engagée fin septembre entre l'entreprise et les syndicats a été prolongée de deux mois par le tribunal, jusqu'au 27 janvier. Une situation qui satisfait la CFE-CGC qui se déclare « ravie que la justice reconnaisse les torts de SFR sur le manque de respect des instances ».

Des tensions de plus en plus vives avec les syndicats

Ce plan de restructuration pour l'heure ne satisfait pas les syndicats, et est même source de fortes tensions au sein de l'entreprise. Lors de sa présentation, la CFE-CGC tirait à boulet rouges sur la direction indiquant ne plus accorder « aucun crédit aux déclarations grandiloquentes de la direction générale qui se réjouit de la signature d’un accord présenté comme le fruit d’un dialogue social particulièrement constructif avec les partenaires sociaux (alors qu’il n’a été signé que par deux organisations syndicales (CFDT et UNSA)) ».

La CGT, elle, dénonçait l'absence de négociations « sur la stratégie de l’entreprise, qui a pour but de favoriser les marchés financiers au détriment des salariés, des conditions de travail et de l’ensemble des investissements qui pourrait être fait sur les réseaux et la fibre optique ».  La CFDT, pourtant signataire de l'accord New Deal, affirmait de son côté qu'elle « ne cautionne ni le volume, ni les choix de suppressions de postes qui seront faits d’autant que les orientations stratégiques et sociales de l’entreprise ne sont pas connues ». Bref, les prochaines semaines promettent donc d'être très mouvementées entre les syndicats et la direction de l'opérateur.


chargement
Chargement des commentaires...