2G : Bercy reconnaît que tous les centres-bourgs ne seront pas couverts fin 2016

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Crédits : Dario Lo Presti/iStock
Téléphonie
Guénaël Pépin

Les pylônes qui doivent accueillir les antennes 2G en zone blanche sont en retard. Aujourd'hui, l'Agence du numérique a expliqué que l'objectif de 100 % des centres-bourgs couverts en 2G à la fin 2016 ne sera pas tenu. D'autres projets avancent tout de même, comme la plateforme de signalement de problèmes de réseaux.

Lors du colloque TRIP AVICCA, qui se tient en ce moment à Paris, le directeur de l'Agence du numérique, Antoine Darodes, nous a confirmé que l'objectif de couverture de l'ensemble des centres-bourgs en 2G ne sera pas tenu. Selon le dernier observatoire des zones peu denses de l'ARCEP, 316 centres-bourgs identifiés par l'État étaient encore à couvrir en juillet dernier (voir notre analyse). Sur cet ensemble, 297 attendaient les pylônes publics (qui doivent accueillir les antennes 2G), pour lesquels l'État a décidé de débourser 80 millions d'euros. Un retard important, qui bloque les opérateurs.

Des pylônes parfois difficiles à installer

Cet été, le régulateur des télécoms demandait collectivement aux opérateurs et à l'État de mettre un coup de collier sur les déploiements. Fin septembre, l'autorité avait d'ailleurs prononcé deux sanctions financières à l'encontre d'Orange et SFR, de respectivement 27 000 et 380 000 euros. Au 1er janvier 2016, l'un n'avait pas couvert 5 centres-bourgs dont il avait la charge, contre 47 pour l'autre ; mais ils l'ont été dans les mois suivants. Bouygues Telecom, lui, avait bien rempli ses obligations, alors que Free Mobile ne dispose tout simplement pas de licence 2G.

Désormais, ce sont les pylônes de l'État qui bloquent. « Nous n'aurons pas fini les centres-bourgs en 2016. Maintenant, nous suivons commune par commune, pour savoir où on en est. Il faut trouver les terrains. Nous avons aussi eu quelques soucis de montage... L'objectif est que tout soit engagé » nous a affirmé Antoine Darodes, lors d'une conférence de presse ce midi.

Sur l'ensemble des plus de 3 500 centres-bourgs en zone blanche, 98 % sont couverts. Les derniers sont, eux, traités au compte-goutte chaque trimestre.

Un point du gouvernement est attendu pour « la première quinzaine de décembre ». Dans tous les cas, les opérateurs qui s'étaient engagés à couvrir tous les centres-bourgs français en 2G pour la fin 2016 ne sont pas mis en cause. Car l'objectif concret est d'installer des antennes dans les six mois après la construction du pylône ; un objectif qu'ils rempliraient largement.

Couverture 2G ARCEP T2 2016

Une bêta de la plateforme de signalement d'ici la fin de l'année

Le plan d'urgence, mis en place depuis l'an dernier, pour combler les zones blanches mobiles est une véritable épopée. Les centres-bourgs à couvrir en 2G à la fin 2016, et en 3G à la mi-2017, ont vu leur nombre augmenter suite à deux vagues d'identification, avec une concurrence forte entre territoires pour couvrir des communes isolées. Une fois cette opération menée à bien, 1 300 sites externes (comme une zone commerciale ou touristique) doivent aussi être traités par les opérateurs, avec un objectif de 650 par semestre. Ils étaient 800 au départ.

Les installations passives (comme les pylônes) sont financées par l'État et les collectivités. Par la voix de sa directrice des investissements, Gabrielle Gauthey, la Caisse des dépôts a annoncé que des prêts de long terme seront proposés auxdites collectivités. Une solution clé-en-main qui doit faciliter la vie de ces dernières. 

Autre chantier : la plateforme France Mobile, annoncée à la mi-octobre par le gouvernement, qui doit notamment permettre de signaler les problèmes de couverture. Dans un discours ce matin à l'AVICCA, Axelle Lemaire a d'ailleurs promis une première bêta de la plateforme d'ici la fin de l'année. Elle sera bien réservée aux collectivités, les habitants ne pouvant donc pas contribuer directement aux remontées des problèmes. C'est déjà le cas de l'application de signalement d'incidents sur le réseau cuivre, mise en place par Orange dans le cadre du service universel, sous pression de l'ARCEP.

Des efforts encore à fournir

Le sujet de la couverture mobile est une patate chaude pour l'État, en retard sur le sujet. L'électrochoc est notamment venu de l'insistance d'élus sur la question. Pour la ministre en charge du numérique, « le plan France THD est un paquebot qui doit changer de cap pour intégrer le mobile ». Il faut donc aller plus loin que le traitement des urgences.

Il faudra aussi sûrement mieux communiquer sur les initiatives. Antoine Darodes, à la tête de l'Agence du numérique a d'ailleurs évoqué une clarification à venir des différents plans mis en place pour couvrir les zones blanches, qui seraient devenus « un enchevêtrement dans lequel nous-mêmes [l'Agence du numérique] avons parfois du mal à nous retrouver ».

Il reste tout de même certaines questions, comme l'implication des habitants dans la remontée des problèmes qui est la prochaine étape. Car au-delà des zones blanches, le problème est aussi celui des zones grises et de la prise en compte du ressenti des utilisateurs, encore peu écouté aujourd'hui.

Il faudra aussi voir combien de communes remonteront dans les prochains mois comme non-couvertes en 2G. Car il n'est pas encore dit que le plan de couverture dressé par l'État concerne l'ensemble des centres-bourgs réellement sans réseau.


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