Partisan d'Hadopi, Calogero condamné pour plagiat

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Hadopi
Marc Rees

Calogero a été définitivement condamné par la justice dans une affaire de plagiat. Vilaine tache sur la partition de ce chanteur qui s’était aussi égosillé à soutenir le projet de loi Hadopi.

Dans son arrêt du 3 novembre 2016,  signalé notamment par Le Figaro, la Cour de cassation a confirmé une décision d’appel rendue en juin dernier. Dans cette affaire, Laurent Feriol avait considéré que le joli titre « Si je pouvais lui manquer », écrit notamment par le chanteur Calogero, constituait une contrefaçon partielle d'une de ses œuvres, « Les chansons d’artistes » du groupe Les années Boum.

Face aux nombreuses similitudes, les mis en cause avaient plaidé la rencontre fortuite voire des « réminiscences issues d'une source d'inspiration commune », sans justifier plus solidement leurs affirmations. Feriol avait au contraire démontré que son titre avait fait l’objet de représentations publiques, soumises aux milieux professionnels notamment à Universal Music, société qui distribue le morceau litigieux.

L’appréciation souveraine de la cour d’appel de Paris a été bétonnée par la Cour de cassation qui a donc validé son analyse. En juin 2016, Calogero et les autres parties avaient été condamnés à près de 70 000 euros en réparation du préjudice patrimonial.

Face à l'amer

En 2008, Calogero a été l’un des 52 artistes à avoir soutenu bruyamment le projet de loi Hadopi, dans une lettre commune publiée par le Journal du Dimanche. Ces artistes se disaient alors « inquiets, très inquiets ». Et pour cause, « aujourd'hui, de bonnes âmes essaient de faire croire que la liberté de tout faire, donc de faire tout et n'importe quoi sur Internet est un droit de l'homme que rien ne saurait contrarier sauf à tomber dans une forme de dictature préhistorique. Eh bien non ! ».

Pour Calogero et les 51 autres mousquetaires de l'exception culturelle, « il est normal de sensibiliser et d'avertir les internautes qu'on ne peut pas impunément piller nos œuvres. Notre bonheur est de chanter ou de jouer et nous voulons que demain d'autres que nous aient la chance que nous avons eue hier »

Deux ans plus tard, sur l’antenne de RMC, à un auditeur qui reprochait à cette loi de ne rémunérer que « les artistes millionnaires », le chanteur avait eu cette réponse enchantée : « Le côté tout le monde pareil, le côté communiste, non ! Moi je ne suis pas d’accord, cela a toujours été comme cela. Moi, quand mes chansons n’étaient pas diffusées, je me suis battu, j’ai fait des petits concerts, j’ai eu mon chemin (…) si aujourd’hui je gagne ma vie, j’en suis fier et je ne l’ai pas volé. » 


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