Spotify : un bug provoquait l'écriture de dizaines de gigaoctets

Souffrance des SSD 31
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Applications
Vincent Hermann

Spotify déploie depuis ce week-end une importante mise à jour pour l’ensemble de ses clients sur ordinateurs. Elle corrige un sérieux bug qui provoquait l’écriture de dizaines de gigaoctets sur l’unité de stockage sans action particulière de l’utilisateur. Linux, macOS et Windows sont concernés.

Depuis juin, un nombre croissant de commentaires dans les forums officiels de Spotify faisaient état d’un comportement problématique de l’application sur les trois principaux systèmes d’exploitation sur les ordinateurs. Des utilisateurs ont en effet remarqué que le logiciel se mettait parfois à écrire une énorme quantité de données sur le disque dur ou le SSD, même quand il était simplement ouvert, sans lire de musique.

Jusqu'à 700 Go en une seule journée

Plus précisément, un utilisateur signalait par exemple que Spotify avait écrit 2,8 Go en deux jours et demi. Après une désinstallation puis une réinstallation de l’application, le problème était toujours là, écrivant 1 Go sur le disque en 17 minutes seulement. Un autre s’est aperçu que Spotify avait écrit 100 Go de données en une seule journée. Un autre qu’après l’écoute d’une trentaine de titres, 50 Go avaient été écrits.

Ars Technica, qui s’est penché sur le problème, indique que trois de ses rédacteurs ont cherché à reproduire le problème, et qu’ils y sont parvenus à chaque fois. Le rythme moyen constaté était de 5 à 10 Go par heure. Nos confrères indiquent même que lancer l’application sans rien faire avait abouti dans l’un des cas à l’écriture de 700 Go de données pendant la journée. Notez que ces dernières prennent place dans le dossier temporaire défini par l’application. S’il a été déplacé sur un disque dur secondaire pour ne pas empiéter sur le SSD, ce dernier n’est pas concerné.

Soucis de performances et d'usure des SSD

Les témoignages se sont ainsi succédés et rapidement le sujet des conséquences est tombé sur le tapis. Sur un disque dur classique, il y avait surtout le souci des performances : quand l’unité de stockage est prise dans de gros travaux d’écriture, les performances générales s’en trouvent affectées, pour peu que l’utilisateur ait besoin de lancer d’autres logiciels, ou un jeu.

Pour les SSD, la situation était plus sérieuse. Les disques possèdent en effet un nombre limité de cycles d’écriture. Un travail intensif de ce type peut donc raccourcir nettement la durée de vie du composant, au grand dam de son utilisateur. Plusieurs ont d’ailleurs fini par indiquer qu’ils avaient désinstallé Spotify et s’étaient rabattus sur la version web qui dispose à peu près des mêmes fonctionnalités, à l’exception notable de la synchronisation hors-ligne pour les abonnés Premium.

Une mise à jour en cours de déploiement

Depuis vendredi cependant, une mise à jour est déployée à l’ensemble des utilisateurs, qu’ils soient sous Windows, macOS ou Linux. Cette version 1.0.42 corrige bien le problème, mais le déploiement étant progressif, il n’a pas réglé la situation tout de suite pour tout le monde.

La correction du problème a été confirmée par Spotify, qui a indiqué qu’il faudrait plusieurs jours avant que la mise à jour touche l’ensemble des utilisateurs. Dans le cas où vous n’auriez pas encore reçu cette nouvelle version, il est recommandé de fermer le logiciel et de passer par la version web. Les mises à jour se font en effet au redémarrage de Spotify.


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