Android : accusé d'abus de position dominante par l'Europe, Google nie en bloc

Du choix, mais pas de chiffres 51
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Crédits : Lucas Zallio (licence CC BY-ND 2.0)
Smartphones
Sébastien Gavois

La Commission européenne accuse Google d'abus de position dominante sur le mobile. Le géant du Net s'en défend, affirmant que les fabricants ont toute latitude pour personnaliser Android, et que d'autres systèmes existent. Si Google donne des arguments sur le fond, il revient peu sur certains points avancés par la Commission.

Il y a sept mois, la Commission européenne tirait à boulets rouges sur Android, accusant Google d'abuser de sa position dominante pour imposer aux constructeurs et aux opérateurs certains de ses services, notamment son moteur de recherche.

Aujourd'hui, Kent Walker, vice-président et directeur juridique chez Google s'exprime sur le sujet au travers d'un billet de blog. Comme on pouvait s'y attendre, la posture est grosso modo la même que pour son service Shopping visé dans une autre affaire : « Android n’a pas nui à la concurrence, mais l’a au contraire favorisée ».  Il ajoute qu'Android « n’est pas une "route à sens unique”, c’est une autoroute à plusieurs voies ». 

Le géant du Net s'explique. Il affirme tout d'abord que, contrairement à ce que semble penser la Commission européenne, Apple est bel et bien un concurrent d'Android et qu'il n'est donc pas seul sur ce marché, même s'il occupe une place très importante. Android ne serait qu'un acteur parmi d'autres – sans pour autant donner de chiffres précis – du marché mobile, ouvert au choix, malgré le confort de s'associer aux services Google et ses incitations financières à l'exclusivité sur la recherche.

Applications pré-installées : Google affirme qu'il laisse le choix aux constructeurs

Mais surtout, la Commission reproche à Google d'imposer des règles « extrêmement restrictives » à ses partenaires. Elle affirme également détenir « des preuves que des opérateurs et fabricants se sont abstenus d'installer des moteurs tiers » pour obtenir une part des recettes, générées par le partage de revenus sur la recherche, uniquement activé si le moteur est le seul préinstallé. 

La société de Mountain View se contente de son côté de répondre qu'un fabricant « n’a pas l’obligation de pré-installer des applications Google sur un téléphone Android ». Elle en profite pour ajouter que ses concurrents comme Apple et Microsoft « laissent beaucoup moins de choix dans les applications qui sont proposés sur leurs téléphones ». 

Pour Google, sa suite d’applications représente « largement moins d’un tiers » de celles qui sont pré-installées en moyenne sur un terminal, et un utilisateur peut retirer n’importe laquelle de ses applications, même si ce qui n'est pas toujours aussi simple dans la pratique. De plus, les fabricants auraient la possibilité de pré-installer leurs propres applications « aux côtés » de celles de Google. Google insiste également sur la multitude d'applications disponibles (et téléchargées chaque jour) sur Android.

Bref, « il n’a pas de verrouillage de marché » affirme Kent Walker, qui s'abstient de dire sur quel pourcentage des smartphones Android les services Google Play sont effectivement préinstallés.

Le cas du moteur de recherche et de Google Play, des services « rémunérateurs »

Concernant les services « rémunérateurs » comme Search et Play, Google explique que cela lui « permet d’offrir l’ensemble gratuitement - et de continuer à investir de manière substantielle dans Android et Play ». Et concernant un éventuel partage des revenus afin d'inciter les fabricants à privilégier ses solutions ? Pas un mot...

Google défend encore ses accords anti-fragmentation passés avec ses partenaires, qui doivent éviter à Android de subir le destin d'un Symbian sur le sujet. Pour le groupe, ses services Google Play et les règles liées sont le meilleur moyen de garantir un écosystème cohérent pour les clients et les développeurs.

Dans sa conclusion, le géant du Net n'est pas tendre avec la Commission européenne. Il explique en effet que son approche « pourrait remettre en cause cet équilibre, et envoyer des signaux, involontaires, favorisant des écosystèmes fermés à des modèles ouverts. Cela signifierait moins d’innovation, mois de choix, moins de concurrence et des prix plus élevés ».

Globalement, l'éditeur réfute les principes même de l'analyse de la Commission européenne, semble-t-il pour éviter d'avoir à répondre publiquement au détail des accusations qui lui sont adressées. Google présente aujourd'hui ses arguments à la Commission européenne et espère « poursuivre ce dialogue ». Suite de cette affaire au prochain épisode.


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