Vivendi : Universal sourit, Canal+ recule encore au troisième trimestre

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Finances
Kevin Hottot

C'est au tour de Vivendi de présenter ses comptes pour les neuf premiers mois de son exercice 2016. Groupe Canal + poursuit sa chute en France mais continue de progresser en Afrique, tandis qu'Universal Music connait une croissance spectaculaire de ses bénéfices.

À la lumière de la présentation de ses derniers résultats financiers, Vivendi semble se porter de mieux en mieux dans son ensemble. Sur les neuf premiers mois de 2016, l'entreprise dirigée d'une main de fer par Vincent Bolloré affiche une croissance de ses revenus de 1,3 %, qui atteignent désormais 7,712 milliards d'euros.

Le bénéfice net atteint quant à lui 1,117 milliard d'euros, et a été multiplié par 2,1 par rapport à l'an dernier. De quoi faire gonfler la trésorerie de l'entreprise, qui atteint désormais 2,5 milliards d'euros, contre 2,1 milliards trois mois plus tôt. Un épais matelas qui laisse de la latitude pour certaines opérations, comme l'OPA sur Ubisoft, pressentie par les marchés depuis de longs mois.

La musique, une activité très rentable

Si les jours chantent pour Vivendi, c'est notamment grâce aux bonnes performances enregistrées par sa filiale Universal Music. Ses revenus ont progressé de 3 % en l'espace d'un an et atteignent 3,623 milliards d'euros sur les neuf premiers mois de 2016. La hausse la plus notable se trouve du côté de l'EBITA (Earnings Before Interest Taxes and Amortization) qui a atteint 353 millions d'euros, contre 259 millions un an plus tôt sur la même période, soit une envolée de 36,1 % en l'espace d'un an.

Universal Q3 16

Ces bons chiffres, Universal Music les doit à l'ensemble de ses branches. Les ventes de musique enregistrée ont progressé de 2,9 %, « grâce à la croissance des revenus liés aux abonnements et au streaming (+64,3 %), qui compense largement la baisse des ventes de téléchargements numériques et physiques ». Les plus gros vendeurs d'albums pour l'entreprise s'appellent Drake, Rihanna ou encore Ariana Grande, avec Justin Bieber et The Weeknd à quelques longueurs.

Du côté de l'édition musicale, le chiffre d'affaires augmente de 4,1 %, là encore grâce à la croissance des revenus des abonnements aux services de streaming, mais aussi aux droits de représentation sur les concerts. Les revenus tirés du merchandising ont eux aussi progressé de 8,9 % sur un an, et même de près de 11 % à taux de change et périmètres constants.

Canal+ continue de reculer en France

Du côté de Groupe Canal+, qui rassemble les activités des chaînes Canal+ et de Canalsat, le paysage est un peu moins rose. Les revenus ont baissé de 3,3 % et atteignent 3,902 milliards d'euros, contre 4,034 milliards un an plus tôt.

Ce recul, l'entreprise le doit principalement à une chute de 5,6 % des ventes de bouquets de chaînes payantes en France, un taux identique aussi bien pour les offres de Canalsat que pour les chaînes Canal +. Le nombre d'abonnés individuels dans l'Hexagone aux offres de Groupe Canal+ est lui aussi en baisse et s'établit au 30 septembre à 5,384 millions, soit un départ de 71 000 clients en trois mois et de 542 000 clients en un an.

Bonne nouvelle pour les chaînes cryptées, le revenu moyen par abonné français connait une légère croissance. Début 2015 il s'établissait à 44,2 euros par abonné, il est aujourd'hui de 45,4 euros. L'évolution de ce chiffre sera à surveiller de près lors des prochains mois, puisque Vivendi ne tient compte que des clients engagés pour calculer son ARPU. Ainsi, une migration des clients vers l'offre sans engagement de Canal+, la moins chère de toutes celles proposées, pourrait se traduire par une hausse du revenu moyen par abonné dans les tableaux présentés aux investisseurs.

Groupe Canal Q3 16

Autre point positif, le nombre moyen d'abonnements souscrits par chaque client connait une légère hausse depuis quelques trimestres. Il est ainsi passé de 1,56 abonnement par foyer à 1,62, signe que les offres regroupant les chaînes Canal+ et les bouquets Canalsat connaissent un certain succès. Du côté de CanalPlay par contre, il est question d'une perte de 154 000 abonnés en un an, sur un total de 620 000.

Les FAI à la rescousse ?

Un élément pourrait inverser la tendance pour Groupe Canal+ : ses liens fraîchement noués avec les opérateurs télécoms français, notamment Free et Orange.  Les deux FAI proposent depuis quelques semaines des offres ajoutant un bouquet de chaînes « By Canal » à un tarif préférentiel.

Si chez Orange, l'offre n'est proposée qu'en option et uniquement aux clients fibre – ce qui restreint fortement le public concerné – du côté de Free, ce bouquet a été ajouté par défaut à l'ensemble des clients équipés d'une Freebox Revolution. Une manœuvre qui pourrait bien se traduire par un très fort rebond du nombre d'abonnés individuels. Réponse dans trois mois, lors de la présentation des résultats annuels de Vivendi.

Gameloft, le petit poucet

Au milieu des milliards générés par Universal et Canal, Vivendi a pris le temps de s'attarder sur le cas de Gameloft. Au troisième trimestre, l'éditeur de jeux mobiles a enregistré un chiffre d'affaires de 63 millions d'euros, en légère croissance.

90 % de ces revenus proviennent du fond de catalogue de l'éditeur, qui n'a lancé que deux nouveaux jeux depuis le début de l'année. La régie publicitaire, dont la fratrie Guillemot vantait la croissance à trois chiffres avant le rachat, n'a quant à elle accumulé que 4 millions d'euros de chiffre d'affaires sur trois mois. L'EBITA de l'éditeur s'établit à 2 millions d'euros, et n'influe donc que marginalement sur la rentabilité du géant des médias. 


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