Tinder s'invite dans les primaires françaises, en aidant à choisir un candidat

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Services PRIMAIRES
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le mardi 08 novembre 2016 à 16:00
Guénaël Pépin

Tinder annonce la mise en place d'un questionnaire pour vous aider à déterminer le candidat le plus proche de vos idées. Un format que la société a déjà utilisé à de nombreuses reprises, qui pose une nouvelle fois la question de la neutralité des plateformes.

L'élection présidentielle française attire les réseaux sociaux, mais pas que. Le service de rencontre Tinder annonce de son côté le lancement en France de l'opération « Swipe les primaires », une série de douze questions d'actualité qui doivent permettre de déterminer le candidat le plus proche de ses propres idées.

S'il s'agit là d'une manière de tenter d'intéresser une population plus jeune aux questions politiques et de se donner l'image d'un acteur « citoyen », le service en profitera pour assurer sa promotion au passage. Pour le moment, cette opération concerne les sept candidats à la primaire de la droite et du centre. L'entreprise américaine annonce qu'elle sera renouvelée pour la primaire de la gauche qui se tiendra en janvier.

Un format de questionnaire décliné à l'envi

Elle justifie sa pertinence sur la question du fait de son audience, plus jeune que la moyenne, pour laquelle elle deviendrait un lien (temporaire) vers le monde politique. Pour la caution française, Tinder a noué un partenariat avec Voxe.org.

Ainsi, après avoir vu quel candidat doit lui correspondre, l'internaute est dirigé vers une vidéo pédagogique de l'association sur le déroulement de l'élection présidentielle.

Interrogé sur la méthodologie du choix des questions, Tinder nous a d'ailleurs indiqué que c'était Voxe qui en avait la charge : « Ce sont eux qui ont rédigé les questions, avec leur méthodologie. Ils ont un comparateur de programmes et sur cette cette base, ils ont comparé les propositions les plus marquantes des sept candidats à la primaire pour en extraire les questions les plus pertinentes ».

Ce dispositif est explicitement la déclinaison française de « Swipe the vote », lancé aux Etats-Unis en mars dernier, qui permettait d'en apprendre plus sur les candidats aux primaires via dix questions sur des enjeux du moment. Elle avait été renouvelée en juin au Royaume-Uni, à l'occasion du référendum sur le Brexit. Le format est donc bien ancré dans l'application, qui peut la décliner à l'infini, en fonction des pays.

Entre le 26 octobre et le 1er novembre, Tinder a proposé à ses membres dans quinze pays de répondre à quelques questions politiques et de choisir entre Hillary Clinton ou Donald Trump. Résultats : 80 % des votants avaient choisi Clinton, dont 82 % en France.

Le verdict jugé le plus étonnant vient de Russie, où le système avait déterminé qu'Hillary Clinton correspondait aux idées de 76 % des internautes interrogés, quand 71 % d'entre eux ont volontairement choisi Donald Trump.

La neutralité des plateformes en point d'interrogation

Cette invasion des plateformes, majoritairement américaines, dans les élections française va néanmoins commencer à poser question. Alors que Facebook et Twitter tentent de s'afficher comme les lieux privilégiés des débats autour de la présidentielle, en s'associant avec des médias ou des écoles de journalisme, le fait de recommander tel ou tel candidat devrait pousser à une forte transparence sur la méthodologie.

Car les élections à venir seront résoluments tournées vers le numérique, notamment lorsqu'il s'agira de communiquer, de fédérer ses soutiens, mais aussi de les afficher. Or, comment s'assurer d'une égalité de traitement de la part de ces sociétés privées ?

Snapchat vient par exemple d'intégrer deux filtres permettant d'afficher son soutien à Hilary Clinton dans la dernière ligne droite de l'élection. Le premier a été financé par le compte de campagne de Clinton, le second par le comité d'action politique Priorities USA Action. On s'imagine mal un tel dispositif débarquer en France.

Mais les pratiques évoluent vite dans le domaine du numérique. Espérons néanmoins que, dans les mois à venir, cela se fera dans un sens qui renforce l'information des citoyens, plutôt qu'à tenter de les faire pencher dans un sens ou dans l'autre à l'aide de quizz, de vidéos et autres filtres sponsorisés.


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