Vivendi maintient la pression sur Ubisoft en montant à 24 % du capital

Le quatre quarts c'est bien breton ? 23
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Société
Kevin Hottot

Vivendi poursuit son offensive sur Ubisoft. Le géant des médias présidé par Vincent Bolloré a en effet annoncé hier soir avoir sensiblement augmenté sa participation au capital de l'éditeur français.

Hier soir, Ubisoft célébrait son trentième anniversaire au palais de Iéna à Paris. Vivendi s'est invité à sa manière à cette petite fête en apportant un cadeau dont la famille Guillemot se serait bien passée : une nouvelle montée du géant des médias au sein du capital de l'éditeur breton.  

Opération déstabilisation

Il a suffi à Vivendi d'un communiqué de quatre lignes pour gâcher la soirée : « Vivendi annonce avoir franchi le 4 novembre dernier le seuil statutaire de 24 % du capital d’Ubisoft ». Une communication qui n'avait rien d'obligatoire sur le plan légal, les seuils de déclaration légaux les plus proches étant situés à 20 et 25 % du capital. L'opération vise donc uniquement à déstabiliser l'éditeur. 

Après ce nouveau rachat d'actions, Vivendi détient précisément 24,059 % du capital et 21,296 % des droits de vote d’Ubisoft, contre respectivement 22,8 % et 20,2 % quelques semaines plus tôt, lors de l'assemblée générale des actionnaires de l'éditeur. Un score suffisant pour jouer les trouble-fête lors de la prochaine édition, où certaines des actions détenues par le géant des médias compteront double, grâce à l'article 7 de la loi Florange. Celui-ci instaure pour rappel des droits de votes doubles pour toute action d'une société française détenue depuis au moins deux ans, sauf disposition contraire dans les statuts de l'entreprise.

Une OPA est-elle possible à court terme ?

L'annonce de Vivendi n'a pas eu d'effet remarquable sur le cours de l'action d'Ubisoft, qui n'a progressé que d'environ 0,3 % ce matin à la bourse de Paris. L'éditeur est ainsi valorisé à près de 3,5 milliards d'euros, une somme bien moindre que pour une entreprise telle qu'Activision Blizzard ou EA, qui planent respectivement autour de 31 et 25 milliards de dollars, mais encore un peu trop élevée pour que Vivendi tente de porter l'estocade tout de suite.

En supposant qu'une tentative d'OPA sur Ubisoft suive le même cheminement que celle déjà opérée sur Gameloft, Vivendi devrait proposer une prime importante pour parvenir à obtenir l'adhésion des actionnaires et cela ferait très certainement gonfler la note d'un à deux milliards d'euros. Or, pour l'heure, Vivendi ne dispose pas d'autant de liquidités dans ses caisses, et cela l'obligerait à faire de nouveau appel à des emprunts, ce qui compliquerait quelque peu l'affaire. 

Ubisoft attend que la tempête passe

Pendant ce temps, Ubisoft continue de vivre sa vie (presque) normalement. L'éditeur a ainsi annoncé en grande pompe lors de sa soirée d'anniversaire, le lancement d'un plan de 500 à 1 000 recrutements sur le sol français, étalé sur cinq à dix ans. Une annonce que l'on doit certainement à la nouvelle formule du crédit d'impôt jeu vidéo (CIJV) dont les conditions sont désormais plus favorables aux entreprises. Pour rappel, une large partie de la main d'œuvre de l'éditeur est localisée au Canada où le climat fiscal est très favorable à l'industrie vidéoludique.

Lors de cette soirée, Yves Guillemot à également fait savoir qu'Ubisoft était « intéressé par des sociétés qui veulent se vendre, en Asie ou aux États-Unis, pour des montants entre 50 et 100 millions d'euros », notent nos confrères de L'Express. L'entreprise tient en effet à se renforcer sur le secteur des jeux pour mobiles, un secteur que la famille Guillemot a dû abandonner malgré elle en même temps que Gameloft.


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