Au ministère de la Culture, deux millions d’euros pour Microsoft Office ?

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Crédits : Nicolas McComber/iStock
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Xavier Berne

Afin que les agents du ministère de la Culture travaillent « avec les mêmes logiciels », la Rue de Valois s’apprête à signer un contrat avec le géant américain Microsoft. Près de deux millions d’euros pourraient ainsi servir à l’installation d’Office, la célèbre suite bureautique.

Voilà une décision qui risque de faire du bruit, alors que la loi Numérique impose depuis le mois dernier aux administrations d’encourager l’utilisation des logiciels libres... Dans un courrier adressé aux fonctionnaires de son ministère le 28 septembre, Audrey Azoulay se dit « sensible » aux conditions dans lesquelles ceux-ci travaillent. Avant d’annoncer : « 2 millions d'euros seront engagés en 2017 pour améliorer la bureautique et les systèmes d’information relatifs aux ressources humaines pour qu’enfin tout le monde travaille avec les mêmes logiciels. »

Selon BFM Business, qui révèle aujourd’hui cette lettre, cette somme servira au moins en partie au déploiement de Microsoft Office sur les postes des agents relevant de l'administration centrale. « Actuellement, deux systèmes coexistent : la grande majorité des personnels utilise Open Office et une minorité Microsoft Office, ce qui complique la communication » a expliqué une source interne de la Rue de Valois à notre confrère Jamal Henni (même si une de nos sources nous indiquait en 2014 que c'était LibreOffice, et non Open Office, qui était installée sur tous les postes du ministère).

Sollicité par nos soins, le ministère de la Culture n’avait pas réagi à ces révélations à l’heure où nous publions cet article.

Après les contrats Open Bar et le « partenariat » avec l'Éducation nationale

Si la nouvelle se confirmait, elle pourrait faire grincer des dents, quelques semaines après les remous provoqués par l’émission de Cash Investigation consacrée au contrat dit « Open Bar » conclu entre le ministère de la Défense et Microsoft – pour 82 millions d’euros lors de ses quatre premières années de fonctionnement, 120 millions d’euros sur les quatre années suivantes. Les ministères sociaux (Santé, Travail, Jeunesse et sports) ont eux aussi passé un marché de ce type fin 2013, pour un montant de 11 millions d’euros.

La Direction interministérielle du numérique (DINSIC, ex-DISIC) édite pourtant depuis quelques années un socle interministériel de logiciels libres, sorte de guide de solutions gratuites recommandées pour les administrations. En matière de bureautique, c'est la suite LibreOffice qui est ainsi mise en avant. Rien n'oblige cependant les pouvoirs publics à opter pour les programmes proposés. En pratique, de nombreux ministères installent donc à la fois LibreOffice et Microsoft Office.


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