L’État recherche dix « entrepreneurs d’intérêt général »

Défifoo 60
image dediée
Crédits : mucahiddin/iStock/ThinkStock
Loi

Relever en dix mois un « défi d’intérêt général » à Bercy, à la Cour des comptes ou à la Bibliothèque nationale de France vous motive-t-il ? Les pouvoirs publics cherchent des spécialistes du numérique (développeurs, data-scientists...) pour des contrats censés débuter en janvier 2017.

Le gouvernement a officiellement lancé jeudi 3 novembre un programme intitulé « Entrepreneurs d’intérêt général ». Le principe : « Constituer une promotion de 10 personnes, recrutées pour 10 mois, pour résoudre, par leurs compétences numériques d'exception et grâce aux données, des défis d'intérêt général, au sein d'administrations pionnières », explique l’exécutif. L’initiative n’est pas sans rappeler les start-ups d’État de la DINSIC, qui ont notamment conduit à la création du simulateur « Mes-aides.gouv.fr ».

Aucun diplôme n’est formellement requis. Seules comptent les compétences (développement, data-mining, méthodes agiles, statistiques, géomatique, expérience utilisateur, etc.) et les éventuels projets initiés dans le passé par le candidat.

Les administrations lancent neuf défis aux « experts du numérique »

Au total, ce sont neuf défis qui sont censés mobiliser les « experts du numérique » à la recherche d'un emploi :

  • Ministère de l’Intérieur - Croiser les données d'accidentalité avec les données de verbalisation pour réaliser un « outil de cartographie décisionnelle » (et influencer ainsi l'implantation des moyens de contrôle automatisé ou de points de contrôle traditionnels).
  • Ministère de l’Économie et des finances - Développer des techniques d'analyse de données (modèles prédictifs et analyse des réseaux) afin de lutter contre la fraude.
  • Cour des comptes - Concevoir un « ChatBot » pour que le grand public puisse interroger simplement les données dans les rapports de l’institution (par exemple pouvoir extraire des informations sur une entreprise ou un thème).
  • Ministère de la Santé - Utiliser les données du Système national des données de santé (SNDS) pour modéliser les parcours de soin à l'ARS Occitanie et identifier ainsi « les parcours aberrants et les écarts par rapport aux recommandations de bonnes pratiques ».
  • Ministère de l’Intérieur - « Monter en qualité les données du système national du permis de conduire (SNPC) à l'aide des données du répertoire national d'identification des personnes physiques » afin d'évaluer le nombre de permis de conduire non invalidés après le décès du titulaire et de mesurer, sur ces permis, la part de ceux ayant subi un retrait de points pour une infraction ayant été commise après la date de décès.
  • Ministère de la Culture - Utiliser le crowdsourcing pour développer une base de données sur le patrimoine culturel national : information et signalement sur les monuments classés.
  • Agence française de développement - Utiliser des techniques de reconnaissance d'images satellites pour suivre l'avancement de projets financés par l'AFD et assurer la bonne utilisation des fonds.
  • Bibliothèque nationale de France - Préfigurer une plateforme de co-production de données entre acteurs publics culturels et scientifiques.
  • Ministère de la Recherche - Constituer une API d'aide à la mise en relation de données textuelles non normées avec des référentiels.

« Pour assurer la bonne réussite de sa mission, chaque lauréat sera accompagné par deux mentors au sein de l’administration d’accueil, dont un au niveau de la direction générale, et disposera d'un accès exclusif à des sources de données » indique le gouvernement. Les entrepreneurs d'intérêt général auront vocation à se réunir régulièrement « pour échanger, partager leurs expériences et s’entraider ».

Jusqu'à 4 000 euros net par mois

Les candidats peuvent postuler à partir du site du gouvernement (voir ici) jusqu’au 21 novembre, 17h. Ils sont à cette occation invités à préciser le ou les projets qui les intéressent plus particulièrement. Un jury, présidé par Frédéric Mazzella – fondateur de BlaBlaCar – et composé de fonctionnaires, d’experts du numérique et de start-ups, choisira début décembre les dix « entrepreneurs d’intérêt général » retenus.

Les lauréats seront recrutés sous CDD à temps plein pour une durée de 10 mois (en principe, de début janvier à fin octobre 2017) par les administrations porteuses des défis. Niveau salaire, l’exécutif promet une rémunération mensuelle de 2 500 euros net pour les « profils juniors » et jusqu’à 4 000 euros pour les « profils seniors ». Tous les postes seront basés à Paris – à l’exception du défi lancé par le ministère de la Santé, en lien avec l’ARS Occitanie, qui sera à Montpellier.

Fait intéressant : le règlement de cet appel à candidatures précise que les personnes sélectionnées devront « mettre à disposition le fruit de leurs travaux en logiciel libre, pour que tous puissent y contribuer et en bénéficier ».

Publiée le 07/11/2016 à 17:20
Xavier Berne

Journaliste, spécialisé dans les thématiques juridiques et politiques.

Soutenez nos journalistes

Le travail et l'indépendance de la rédaction dépendent avant tout du soutien de nos lecteurs.

Abonnez-vous
À partir de 0,99 €


chargement
Chargement des commentaires...