Electronic Arts limite ses pertes et lorgne sur les jeux remastérisés

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Finances
Kevin Hottot

Après avoir terminé son année fiscale 2016 sur un bénéfice record, Electronic Arts ambitionnait de faire encore mieux sur l'exercice en cours. Pour l'instant, le plan de l'éditeur semble se dérouler quasiment sans accroc, comme en témoignent ses résultats du deuxième trimestre.

Il s'en est fallu de peu pour qu'Electronic Arts remplisse tous ses objectifs pour le deuxième trimestre. En réalisant un chiffre d'affaires de 898 millions de dollars, l'éditeur ne tombe qu'à un cheveu des 915 millions qu'il espérait collecter.

Close enough ?

La situation reste loin d'être dramatique, puisqu'il est malgré tout question d'une croissance de 10 % par rapport à l'an passé. Sur 12 mois glissants le chiffre d'affaires du groupe américain s'établit à 4,508 milliards de dollars, une valeur en hausse de 8 % sur un an.

Du côté du résultat net, le contrat a été rempli. EA affiche des pertes de 38 millions de dollars, moindres que les 51 millions attendus ou que les 140 millions enregistrés il y a un an. Aucune raison de s'alarmer cependant, le deuxième trimestre est régulièrement déficitaire chez EA qui en règle générale ne lance aucun titre majeur à cette période.

On notera également que sur les six premiers mois de son exercice en cours, l'éditeur a accumulé 402 millions de dollars de bénéfices, soit 100 millions de mieux que l'an dernier.

Un seul jeu vous manque et tout s'écroule

Pour justifier ce léger décalage par rapport aux prévisions, Electronic Arts a une réponse toute prête. En raison de son lancement le 29 septembre, l'ensemble des revenus générés par FIFA 17 lors de sa première semaine de commercialisation n'ont pas pu être comptabilisés, alors que cela avait pu être le cas avec l'opus précédent. 

Blake Jorgensen, le directeur financier de l'éditeur, précisera un peu plus tard aux analystes que « si l'on compare les quatre premières semaines de vente de FIFA 16 et FIFA 17, les ventes sont en hausse de 13 % ». Un chiffre qui pour EA reflète l'attrait des joueurs pour le nouveau mode « Aventure ».

EA Electronic Arts Q2 17

L'absence de la simulation de ballon rond se fait également sentir du côté de la vente de DLC et de produits « freemium ». Sans la première semaine FIFA Ultimate Team (FUT), les ventes sont en baisse de 12 % par rapport à l'an dernier, à 172 millions de dollars. Là encore, le directeur financier d'EA tente de rassurer les investisseurs en affirmant que sur le premier mois d'exploitation, FUT a généré 23 % de ventes supplémentaires par rapport à l'épisode précédent « malgré des taux de change défavorables ». Les effets du Brexit sont en effet importants pour l'éditeur, puisque le Royaume-Uni est l'un des marchés les plus importants pour FIFA.

Des prévisions ambitieuses

Estimant que FIFA 17 fera bien mieux que l'épisode précédent et qu'à la fois Titanfall 2 et Battlefield 1 trouveront leur public sans (trop) se cannibaliser – faute de concurrence côté Ubisoft cette année – EA a revu à la hausse ses objectifs pour l'année.

EA Electronic Arts Q2 17EA Electronic Arts Q2 17

Côté chiffre d'affaires, la cible passe de 4,75 milliards de dollars à 4,775 milliards de dollars. Le bénéfice avant action gonfle un peu plus, et 1,06 milliard de dollars sont attendus au lieu de 1,024 milliard. Dans tous les cas, le record de l'an passé (1,24 milliard avant impôts) ne devrait normalement pas être battu cette fois-ci.

Toujours pas de date pour Mass Effect

Les analystes ont profité de la traditionnelle séance de questions-réponses pour interroger l'éditeur sur un sujet brûlant : la date de sortie de Mass Effect : Andromeda. EA a tardé à montrer les premières images de gameplay du titre et alors que son lancement est prévu au premier trimestre 2017, aucun créneau plus précis n'a encore été dévoilé. 

Blake Jorgensen, le directeur financier de l'éditeur, a botté en touche, rappelant qu'Electronic Arts « n'hésite pas à décaler les dates de lancement si l'on estime que c'est nécessaire pour offrir une expérience de jeu correcte », avant d'ajouter que la date prévue « nous donne une certaine flexibilité si l'on souhaite la décaler d'une semaine, ou trois, ou même de quatre ou cinq mois ». Néanmoins, les prévisions citées plus haut tablent sur un lancement avant fin mars 2017.

Consoles aux hormones et jeux remastérisés

Autre sujet tendance pour les investisseurs, le positionnement d'EA vis-à-vis des PlayStation 4 Pro et autres Project Scorpio. Pour l'heure, l'éditeur affirme « qu'il est encore un peu trop tôt pour que nous sachions quel impact elles auront, mais nous sommes très enthousiastes ».

Pas de quoi affoler les compteurs de l'entreprise, dont les estimations internes tablent toujours sur 80 millions d'appareils (PS4 et Xbox One confondues) en circulation d'ici la fin 2016 et sur 100 millions fin 2017. Pas un mot par contre sur la Nintendo Switch, ce alors qu'Electronic Arts fait partie des partenaires évoqués par le fabricant nippon. 

Un dernier point important concerne l'éventualité de voir des jeux remasterisés apparaître au catalogue d'EA. Une éventualité à laquelle l'éditeur se refusait il y a encore un an. Peter Moore, le directeur de l'exploitation d'EA, expliquait alors que « ce serait comme se contenter de pousser du vieux contenu parce que l'on est tombé à court d'idées », ou encore que « pour un tas d'entreprises, les remakes sont un moyen de générer des revenus et ça ne coûte pas cher ». 

Finalement, l'idée de faire beaucoup de cash avec peu d'investissement commence à faire son chemin chez l'éditeur américain. Patrick Soderlund, le vice-président d'EA Studios, assurait en août dernier : « Honnêtement, c'est une direction dans laquelle nous regardons activement ». Désormais, c'est Andrew Wilson, le PDG d'EA, qui apporte son soutien à cette idée.

Le dirigeant répète que c'est une piste que son entreprise cherche à suivre et qu'elle « tente de trouver quelle formule serait bonne pour les joueurs ». « S'il existe un monde où les joueurs veulent vraiment rejouer à des titres de notre catalogue en version remastérisée, et que l'on pense que l'on peut apporter les améliorations nécessaires pour que cela vaille le coup, alors nous le ferons », affirme Andrew Wilson avant d'ajouter « avec un catalogue aussi épais et une base de joueurs aussi engagée que les notres, on reçoit des tas de demandes ». La question n'est donc plus de savoir si cela se produira, mais quand et avec quelle franchise.


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