François Fillon veut généraliser le vote par Internet

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Loi PRIMAIRE
Xavier Berne

En dépit des risques d’atteintes au secret et à la sincérité du scrutin, François Fillon, l’ancien Premier ministre candidat à la primaire de la droite, propose de généraliser le vote par Internet.

« Il est paradoxal qu’en 2015, le vote se fasse encore par dépouillement manuel » s’explique brièvement le député Les Républicains. Le volet « numérique » de son programme indique ainsi qu’en cas d’arrivée à l’Élysée, le nouvel élu « généraliser[ait] le vote électronique pour chaque consultation ».

Aujourd’hui, seuls les Français de l’étranger peuvent – pour certains scrutins uniquement – voter par Internet. L’équipe de campagne de François Fillon n’a pas répondu à nos demandes de précision sur cette proposition, mais tout laisse à penser qu’il s’agirait de permettre aux citoyens d’opter pour un tel mode d’expression, quelles que soient les élections : départementales, européennes, législatives, présidentielles...

Cette prise de position est plutôt surprenante dans la mesure où la droite s’est déjà prononcée en faveur d’une extension des possibilités de vote par Internet pour les Français de l’étranger, mais pas pour ceux résidant sur le territoire national (voir les débats autour d’une de ses propositions de loi datant de 2014). Certains élus Les Républicains demeurent néanmoins de fervents partisans du vote électronique, à l’image du député Frédéric Lefebvre – qui s’était initialement lancé dans la primaire. « Simplicité du vote », « facilité d’accès au scrutin », par exemple pour les personnes à mobilité réduite, « instantanéité de la prise en compte du suffrage »... L’élu expliquait en janvier dernier qu’il pourrait s’agir d’une véritable piste pour lutter contre l’abstention.

Risques de piratage, effets limités sur la participation...

La majorité s’est toutefois opposée à ce que l’on rouvre ce dossier (de même que celui, sensiblement différent, des machines à voter). Lors de l’examen du projet de loi Numérique, Axelle Lemaire s'était justifiée en déclarant que le gouvernement avait saisi l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) sur ce dossier. « Elle a confirmé l’existence d’un risque d’atteinte au secret et à la sincérité du vote, garanti par l’article 3 de la Constitution », avait alors affirmé la secrétaire d’État au Numérique – pour qui cette solution constitue pourtant une « piste d’avenir ».

« Les conditions de sécurité ne sont pas réunies pour élargir et généraliser ce type de vote » avait poursuivi la locataire de Bercy, sans parler du fait qu’un rapport sénatorial consacré au vote électronique concluait en 2014 que « l’introduction du « vote par Internet » n’a[vait] pas permis d’élever notablement le taux de participation aux élections organisées hors de France ».


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