Triple play : Michel Combes (SFR) regarde « avec intérêt » les offres à 150 dollars aux États-Unis

Soit 685 pains au chocolat 302
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Crédits : Marc Rees licence CC-BY-SA 3.0
Société
Marc Rees

Samedi, lors de l’édition annuelle des Rencontres cinématographiques de Dijon, Michel Combes, numéro un de SFR, a vanté les mérites des abonnements à 150 dollars en vigueur aux États-Unis. Bientôt en France ? 

« On regarde ces abonnements avec intérêt » nous a confié le directeur général de l’opérateur en marge d’un débat sur la question de la distribution. « Il faudrait qu’en France, on arrête le consumérisme fou qui nous pénalise et donc que les services soient payés à leur juste valeur ».

« Je suis prêt à financer le développement des œuvres. En échange, discutons des modalités de distribution. (...) J’ai besoin de monétiser du contenu pour pouvoir vous rémunérer » avait dit quelques minutes plus tôt Michel Combes sur la scène des Rencontres de Dijon. Il lorgnait avec jalousie les tarifs pratiqués outre-Atlantique, 150 dollars d’abonnement chaque mois contre une trentaine d’euros en France pour le triple play. « Travaillons ensemble pour que le client soit satisfait de payer ! » plaidait le patron de SFR devant les organisations du cinéma. « Aux États-Unis, on augmente la valeur de l’abonnement. Personne ne se plaint »  plaide-t-il, oubliant peut-être le positionnement d'acteurs comme Google Fiber qui tentent de casser les prix du marché.

Renchérir le montant des abonnements pour financer la création

Interrogé après cet échange, Michel Combes sort sa calculette : « pour 30 euros par mois, c’est à dire pour 1 euro par jour, le prix d’un café, on a accès à la téléphonie illimitée, Internet illimité et 200 chaînes de télévision. Avec ça, on ne rémunèrera jamais la création ! Il faut appeler un chat, un chat : si on ne peut pas renchérir le montant des abonnements payés en France, il y aura un problème majeur sur la création ». Il est à craindre cependant que l'autel de la création ne soit instrumentalisé par des opérateurs pour justifier une hausse drastique du prix des abonnements.

Certes, mais comment inciter les consommateurs à payer davantage ? D’un, « quand à un moment, il y a eu des propositions de consolidation de l’industrie, ce n’était pas forcément une mauvaise chose, cela permet de dégager de l’argent pour investir à la fois dans les réseaux et le contenu ». De deux, « cela veut dire un tout petit peu de jugeote de la part de l’ensemble des acteurs et d’essayer progressivement, par la qualité des services qu’ils proposent, de renchérir les prix. SFR est, je pense, la seule entreprise en France qui a essayé d’augmenter un peu ses prix pour refléter à la fois la qualité du vecteur de distribution – la fibre optique – et celle des contenus ». Rappelons au besoin que la fibre optique de SFR est pour, une bonne part, le réseau câble modernisé de Numericable.

Seulement, outre la résistance des foyers, la politique commerciale d’acteurs comme Free risque de casser ce plan rêvé, d'autant que les opérateurs payent déjà différentes taxes et autres contributions pour abonder cet univers...

Opposé à une hausse de la TOCE

D’ailleurs, dans les débats autour du projet de loi de finances pour 2017, les députés militent pour une hausse de la TOCE ou taxe sur les opérateurs de communication électronique. Ce mouvement est jugé par la tête de SFR comme une « mauvaise chose » : « Autant je suis prêt à contribuer, mais pourquoi diable irais-je, au travers d’une taxe, financer France Télévisions pour venir concurrencer les acteurs privés sur des services qui sont déjà largement concurrentiels ? On me prélève une taxe pour que FTV puisse lancer une chaîne d’information. Est-ce bien raisonnable ? Il y a déjà trois chaînes d’information en France [dont BFM TV du groupe SFR]. Je préfèrerais que cet argent soit redistribué à la création de contenus originaux plutôt que pour financer une chaîne de télévision additionnelle ».


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