Shopping : Google gagne trois semaines pour répondre à la Commission européenne

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Crédits : PeskyMonkey/iStock
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Guénaël Pépin

La Commission européenne a accordé trois semaines de répit à Google pour répondre aux accusations de pratiques anti-concurrentielles sur la partie Shopping de son moteur de recherche. La société doit tout de même encore répondre d'ici la fin du mois dans deux autres affaires, dont l'une concerne ses services sur Android.

Les dossiers s'accumulent pour Google, qui doit rendre des comptes à la Commission européenne. Celle-ci a accordé un second délai de trois semaines au groupe américain pour répondre aux accusations liées à l'affichage de son service Shopping dans son moteur de recherche, selon un porte-parole de la Commission cité par Reuters.

Une affaire qui dure depuis plusieurs années

Alors qu'il devait répondre hier, le groupe a donc jusqu'au 7 novembre pour préparer sa réponse. Depuis six ans, la Commission enquête sur la mise en avant de la plateforme de comparaison de prix de Google sur son moteur, au détriment des concurrents. En mai, il était déjà révélé que l'institution s'approche doucement d'une décision de sanction sur le sujet. En juillet, elle annonçait avoir trouvé de nouveaux indices d'éviction de concurrents sur la comparaison de prix.

De quoi rassurer les services de comparaison de prix concurrents, qui militent depuis plusieurs années contre les pratiques présumées de Google. Ceux-ci, à l'image de LeGuide en France (voir notre entretien), alimentent le dossier depuis plusieurs années. Dans nos colonnes, l'Open Internet Projet s'était vanté de l'activisme de Margrethe Vestager sur les dossiers numériques, notamment ceux concernant Google. Une attitude que le lobby estime en large contraste avec celle de son prédécesseur, Joaquín Almunia.

Deux autres réponses attendues pour la fin du mois

Il faut dire que Vestager est devenue le symbole de la lutte contre les pratiques abusives des grands groupes, là où Almunia était qualifié de « lent ». Google a d'ailleurs quelques semaines pour répondre à deux autres dossiers : l'éviction de concurrents sur la publicité en ligne et les conditions d'obtention des services Google Play sur Android par les constructeurs. Dans les trois affaires, des amendes peuvent être prononcées après une phase contradictoire.

Sur la publicité, Google est accusé d'abuser de sa position dominante sur la publicité web via sa plateforme AdSense for Search, qui permet d'afficher des réclames sur les pages de recherche de sites tiers. Selon la Commission, Google impose à ses partenaires d'obtenir son accord pour afficher des publicités venant d'autres plateformes sur leurs propres résultats de recherche. L'entreprise a jusqu'au 26 octobre pour y répondre.

Enfin, l'institution s'est attaquée aux contrats entre le groupe et ses partenaires, notamment constructeurs, pour obtenir ses services Play, qui sont devenus une brique essentielle d'Android... Et via lesquels sont imposés le Play Store ou encore Chrome.

Selon le gendarme européen de la concurrence, Google incite très fortement les constructeurs à n'intégrer que son moteur de recherche, et interdit à ces partenaires de créer des produits fondés sur des forks d'Android, ce qu'Acer avait déjà eu le malheur de tenter. Selon Vestager, ces conditions « extrêmement restrictives » ont empêché une réelle concurrence de se former sur ces segments. La réponse de Google est attendue pour le 31 octobre.


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