Le Quai d’Orsay incapable de dévoiler ses dépenses en logiciels, libres et propriétaires

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Crédits : alphaspirit/iStock
Loi

Pour la troisième fois consécutive, le ministère des Affaires étrangères vient de répondre à la députée Isabelle Attard qu’il lui était impossible de présenter ses dépenses logicielles en distinguant propriétaire et libre. Le Quai d’Orsay livre toutefois quelques détails sur son parc informatique.

« Dès 2005, le ministère des Affaires étrangères et du développement international a orienté la stratégie de développement de son système d'information à partir de logiciels libres. Il a ainsi mis au point une filière de développement, ACUBE, entièrement basée sur des solutions ouvertes. La dernière génération de cette filière, HORNET, répond aux exigences du référentiel général d'interopérabilité et d'accessibilité pour les administrations », vante Jean-Marc Ayrault au travers d’une réponse à une question écrite transmise il y a un peu plus d’un mois par Isabelle Attard (ex-EELV).

Le chef de la diplomatie française continue en expliquant que la suite bureautique LibreOffice « est installée systématiquement sur les postes de travail informatiques » du ministère, en complément toutefois de la suite Office, du géant Microsoft. Autrement dit, les agents ont en principe le choix entre la solution libre et les traditionnels logiciels propriétaires que sont Word, Excel, etc.

« Une solution de PC portable sécurisé a été élaborée avec un socle système Linux Ubuntu » poursuit l’ancien Premier ministre, reprenant fidèlement les éléments distillés lors de précédentes réponses aux questions écrites d’Isabelle Attard (voir ici pour 2014, là pour 2013). Aucun autre détail supplémentaire n’est cependant livré à ce sujet.

Pas de séparation budgétaire possible entre libre et propriétaire

Sur un plan budgétaire, on apprend simplement que 4 727 euros ont été dépensés en 2013 afin de commander « des unités de support (notamment pour Linux Debian ou Ubuntu) ». Pour le reste, les grilles du Quai d’Orsay demeurent verrouillées à double tour. Le ministère affirme ne pas avoir de comptabilité analytique séparant ses investissements logiciels, propriétaires ou libres : « La plupart des systèmes d'information mixent les composants propriétaires et libres dans leur architecture technique. Le décompte comparé entre les deux familles de logiciels sur la période 2008-2015 n'est donc pas possible. » Les récents débats autour de la vente liée PC/OS ont à cet égard permis de rappeler qu'il n'était pas toujours simple d'obtenir le prix de chaque élément d'un ordinateur : machine, système d'exploitation pré-installé, etc.

Restera maintenant à voir dans quelle mesure la future loi Numérique (qui devrait être définitivement adoptée après un ultime vote du Sénat, le 28 septembre prochain) conduira les pouvoirs publics à abandonner certaines solutions propriétaires, au profit d’alternatives libres – et bien souvent gratuites. Le texte porté par Axelle Lemaire oblige en effet les administrations à « encourag[er] l’utilisation des logiciels libres et des formats ouverts lors du développement, de l’achat ou de l’utilisation, de tout ou partie, de [leurs] systèmes d’information ». Des dispositions dont la portée normative risque d’être limitée.

Publiée le 12/09/2016 à 17:00
Xavier Berne

Journaliste, spécialisé dans les thématiques juridiques et politiques.

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