Au Journal officiel, Yann Jounot consacré Coordinateur national du renseignement

Pour la dernière ligne droite de François Hollande 16
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Crédits : Thomas Faivre-Duboz (CC BY-SA 2.0)
Loi
Marc Rees

Ce matin, Yann Jounot a été désigné Coordinateur national du renseignement. Il prendra ses fonctions à partir du 1er septembre 2016.

Jusqu’alors préfet des Hauts-de-Seine, cet ancien responsable au Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale remplace Didier Le Bret, qui vient de démissionner pour être candidat aux élections législatives dans l’une des circonscriptions des Français de l’étranger (Afrique du Nord et de l’Ouest) (voir sa fiche notamment sur le blog Secret Défense).

Mais qu’est-ce que le Coordinateur national du renseignement ou CNR ? Derrière l’acronyme se cache un personnage clef dans l’architecture du renseignement en France. Comme l’expliquait un rapport parlementaire de 2013, « il est le conseiller du Président de la République dans le domaine du renseignement. Il tient également informé le Premier ministre. Il est rattaché au Président de la République par une chaîne courte, puisqu’il n’en est séparé que par l’échelon du secrétaire général ».

À l’aide des informations collectées par les services, c’est lui qui réalise des notes quotidiennes pour le Président pour l’informer de la situation dans le monde. De même, il est garant du fonctionnement de la communauté du renseignement. Enfin, il l’est aussi « des moyens et des capacités consacrés à la fonction de renseignement ». Ainsi, « il défend les moyens des services auprès des ministres, qu’il s’agisse des besoins de fonctionnement les plus quotidiens ou des équipements majeurs comme les satellites ».

La communauté du renseignement et son second cercle

Sacralisée par un décret d’application de septembre 2015, la communauté des services spécialisés du renseignement comprend :

  • La direction générale de la sécurité extérieure (DGSE),
  • La direction de la protection et de la sécurité de la défense (DPSD),
  • La direction du renseignement militaire (DRM),
  • La direction générale de la sécurité intérieure (issue du rapprochement entre les Renseignements généraux et la Direction de la sûreté du territoire),
  • La direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED)
  • Le service « traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins » (ou Tracfin)

Ce sont ces directions, et plus exactement ses agents habilités, qui ont la possibilité de mettre en musique toute la gamme d’outils de la loi Renseignement. S’ajoutent à ces institutions, une ribambelle d’autres services « relevant des ministres de la Défense et de l'Intérieur ainsi que des ministres chargés de l'économie, du budget ou des douanes, qui peuvent être autorisés à recourir aux techniques ».

La liste est cette fois plus impressionnante puisqu’on compte pas moins de 24 services, dont les capacités intrusives varient en fonction des missions, piochant dans la géolocalisation L851-4, les sondes L851-1 les balises L851-5, l'IMSI catcher et assimilés L.851-6, les interceptions de sécurité L. 852-1 (I), les interceptions de sécurité via IMSI catcher L. 852-1 (II), les micro et caméra espions L853-1 ou encore les mouchards informatiques L853-2.


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