Netflix ferme ses bureaux français après seulement 2 ans de présence

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Société
Kevin Hottot

Trois petits tours et puis s'en va. Ouvert depuis deux ans, le bureau de Netflix en France va définitivement fermer ses portes. Les locaux seront transférés aux Pays-Bas, où le climat fiscal est parait-il un peu plus clément.

Lors de son arrivée dans l'Hexagone, Netflix avait vu les choses en grand. Une stratégie sur-mesure avait été mise en place pour attirer la clientèle locale, avec en point d'orgue la création d'une série tricolore, Marseille, avec Gérard Depardieu et Benoît Magimel en guise de tête d'affiche. Le géant américain s'était également offert de grands locaux au cœur de Paris pour accueillir ses équipes, toujours en vue de s'assurer de prendre un bon départ sur ce nouveau marché. 

Deux ans plus tard, Netflix s'en va. Le service reste bien évidemment accessible depuis la France, mais les bureaux de l'entreprise prennent le large, en direction des Pays-Bas, affirment nos confrères de L'Express à qui le spécialiste de la SVOD a confirmé l'information.

Trop de régulation ?

Plusieurs raisons peuvent expliquer ce choix, mais la principale concerne les exigences du gouvernement français, et plus particulièrement du ministère de la Culture vis-à-vis de la plateforme. Aurelie Filippetti, alors locataire de la rue de Valois, expliquait que « s'il veut s'installer ici, Netflix doit se plier aux régulations qui font le succès de nos industries, notamment en matière de financement de la création ». 

Le décret n° 2010-1379, plus souvent appelé décret SMAD, prévoit quant à lui que les services par abonnement reversent une partie de leurs revenus pour contribuer au développement de productions d'œuvres cinématographiques et audiovisuelles européennes et françaises. Un cumul de contraintes qui, il y a quelques années, faisaient dire à Ted Sarandos, le responsable de l'acquisition de contenus de Netflix, qu'« en France, pour l’instant, le marché est un peu trop régulé ». Un accord avait par ailleurs été signé avec la SACEM, la SACD et l'ADAGP, trois sociétés d'auteurs auxquelles le géant de la SVOD doit reverser une partie de son chiffre d'affaires. 

Partir aux Pays-Bas ne serait néanmoins qu'une solution temporaire pour échapper à ces textes. La Commission européenne planche actuellement sur la réglementation des plateformes en ligne et aimerait faire en sorte qu'elles soient soumises aux lois locales du pays où l'activité est exercée, plutôt qu'uniquement à celles du territoire où elles sont domiciliées. Il faudra encore néanmoins vraisemblablement attendre plusieurs années avant que cette loi soit votée et prenne effet, de quoi laisser le temps aux équipes de Netflix de profiter du côté légal d'Amsterdam.

Netflix s'en va après avoir versé peu de taxes

Avec un siège européen situé dans un premier temps au Luxembourg, puis relocalisé en 2015 au Pays-Bas, Netflix échappait à l'impôt sur les sociétés ainsi qu'à plusieurs autres contraintes imposées aux plateformes françaises. Parmi elles, l'obligation d'avoir 60 % de contenus européens et 40 % de contenus français dans son catalogue. 

Depuis le premier janvier dernier, Netflix était également redevable de la TVA française. Selon les informations de L'Express, le géant de la SVOD n'aurait versé que 600 000 euros de taxes à l'État depuis l'arrivée du service dans l'Hexagone. Une paille diront certains, au vu des résultats attendus par la firme dans le pays.


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